Les médias sont aussi victimes de cette “chasse aux sorcières” homophobe. Le principal média LGBTQI du pays, KaosGL, a ainsi vu son site Internet et son compte sur le réseau social X être interdits d’accès par la justice turque. Accusé d’appartenance à une organisation armée – une qualification de terrorisme de plus en plus utilisée contre les opposants –, son rédacteur en chef, Yildiz Tar, a été arrêté le 25 juin et placé en détention. “Pendant l’interrogatoire, ils m’ont d’abord demandé ‘Comment tu définis le Djihad ?’ puis ils se sont rendu compte qu’ils s’étaient trompés de dossier”, s’amuse le journaliste, qui témoigne dans une lettre envoyée au média en ligne Muzir.org. “Je n’ai jamais entendu le nom de l’organisation à laquelle je suis accusé d’appartenir [le TKP/ML, une des nombreuses organisations armées d’extrême gauche]”, confie le journaliste. Il explique mettre à profit son enfermement pour relire le célèbre écrivain américain James Baldwin, discriminé en tant que noir et homosexuel, qui avait trouvé refuge à Istanbul dans les années 1960. “J’espère qu’il donnera de la force à ceux qui le lisent”, conclut-il.