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Le Monde, le 20/01/2026
Par Céline Pierre-Magnani (Ankara, correspondance)
LETTRE D’ANKARA
Le niveau des barrages affiche 1,12 % de taux de remplissage en raison des sécheresses. L’Etat de Recep Tayyip Erdogan nie toute responsabilité et accuse la mairie d’opposition d’incompétence.
Le 9 janvier, Irfan Aktan, un Ankariote de 44 ans, s’était rendu à son rendez-vous chez le dentiste en traînant les pieds. Le traitement d’une carie imposait un soin du canal dentaire potentiellement douloureux et les promesses d’anesthésie locale n’avaient pas suffi à dissiper son appréhension. Agrippé aux accoudoirs d’un fauteuil d’une polyclinique réputée du centre d’Ankara, le quadragénaire attendait avec impatience que le dentiste finisse l’intervention quand une coupure d’eau est survenue. « Le médecin a dû s’arrêter en plein milieu du soin. Il a fait un pansement provisoire et m’a dit de revenir le lendemain. Il n’y a pas eu de complications, tant mieux, mais il y avait un risque d’infection », raconte le malheureux patient. Située à quelques centaines de mètres du Parlement turc, l’établissement possède pourtant un réservoir d’eau mais, ces derniers jours, les pénuries dans la capitale ont épuisé les stocks.
Depuis le début de l’année, plusieurs arrondissements sont régulièrement privés d’eau courante. Les vêtements sales s’entassent dans les paniers à linge et des milliers d’habitants ont dû se résoudre à faire leur toilette avec de l’eau en bouteille. Certains commerces et foyers attestent de coupures pendant des journées entières. De longues files d’attente se forment régulièrement devant les fontaines publiques, comme dans le district de Sincan, à l’ouest de la ville.
« 200 jours de réserve »
« La sécheresse persistante et l’augmentation de la population ont affaibli nos réserves en eau. Certains quartiers sont susceptibles de connaître des pertes de pression au robinet ainsi que de courtes périodes de coupure d’eau », avait prévenu, dans un communiqué laconique, l’ASKI, l’entreprise municipale chargée de la gestion des eaux dans la capitale. L’analyse des données publiées sur le site de l’agence est alarmante : les cuves, alimentées par les sept barrages, ne sont plus remplies qu’à 1,12 % de leur capacité, et il ne resterait, d’après la municipalité, que « 200 jours de réserve ». L’administration n’a trouvé d’autre solution que de limiter le débit des robinets pour gérer les dernières ressources en or bleu.
La crise actuelle de l’eau résulte d’une combinaison de facteurs. La population de la ville a augmenté de 40 % en vingt ans, pour atteindre près de 6 millions d’habitants en 2025. Et les faibles précipitations de l’année n’ont pas permis de remplir les grands barrages. Leur volume a chuté de 500 millions de mètres cubes en moyenne les années précédentes à 182 millions de mètres cubes en 2025. La sécheresse, qui a touché tout le bassin méditerranéen en été, s’est traduite par des mégafeux dans une trentaine de provinces, et le phénomène des dolines (effondrement des sols sous l’effet de l’épuisement des ressources souterraines en eau) observé dans cette région d’Anatolie atteste un problème de longue date.
« Arrêter les palabres »
La situation attise les rivalités politiques. Lors d’un discours devant son groupe parlementaire, le 7 janvier, le président Recep Tayyip Erdogan a qualifié d’« incapable » le maire de la capitale, Mansur Yavas, membre de l’opposition au Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir. La presse progouvernementale a consciencieusement relayé les accusations. « Si vous voulez retirer le pouvoir à Tayyip Erdogan… il faudra arrêter les palabres et réussir à trouver une solution au problème de l’eau à Ankara », a ainsi mis au défi le journaliste Ahmet Hakan, proche du palais présidentiel.
Réélu avec plus de 60 % des voix aux élections municipales de 2024, Mansur Yavas bénéficie d’une sympathie dans les milieux nationalistes dont il est issu. Sa popularité pourrait convaincre le Parti républicain du peuple (CHP) d’en faire son futur candidat à la présidentielle face à Recep Tayyip Erdogan si ce dernier se représentait en 2028. Il pourrait en effet être appelé à remplacer Ekrem Imamoglu, le très populaire maire d’Istanbul, qui faisait figure de favori avant de se voir empêché par le pouvoir en place.
Emprisonné depuis mars 2025, visé par des accusations de corruption qu’il nie, il risque une peine d’inéligibilité qui rend sa candidature de plus en plus hypothétique. Attaqué sur sa gestion municipale, Mansur Yavas a répondu aux accusations le 14 janvier, invoquant notamment le bilan de son prédécesseur. Avant son élection, en 2019, la capitale turque a été gérée pendant plus de vingt ans par l’iconoclaste Melih Gökçek (membre de l’AKP, Parti de la justice et du développement, le parti islamo-conservateur au pouvoir), connu pour sa proximité avec les promoteurs immobiliers… et sa passion pour les dinosaures.
Alors, à qui imputer la faiblesse du débit ? L’approvisionnement en eau dans la capitale repose sur la collaboration entre l’entreprise municipale ASKI et la direction générale des travaux hydrauliques d’Etat, attachée au ministère de l’environnement et de la ville, et responsable de la planification et de la gestion des travaux hydrauliques dans tout le pays. Or la littérature universitaire alerte, depuis plusieurs années, sur les risques de pénurie liés à la sécheresse. « Le problème de pénurie d’eau est dû à 20 % à la sécheresse, à 60 % à la direction générale des travaux hydrauliques d’Etat [DSI] et à 20 % à l’ASKI », assurait le site d’information d’opposition Kisa Dalga, le 10 janvier.
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