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Le Monde, le 27/11/2025
Par Nicolas Bourcier (Istanbul, correspondant)
La communauté chrétienne turque, sur le déclin, accueille, jeudi, le pape Léon XIV. Cette visite intervient alors que Recep Tayyip Erdogan a mis en place une relation plus libérale avec les minorités non musulmanes, en dépit de quelques accès de tensions, comme lors de la conversion en mosquée de Sainte-Sophie.
Deux banderoles blanches pavoisées à l’effigie du pape Léon XIV ont été accrochées aux entrées de l’église Saint-Antoine, sise au milieu de l’immense artère piétonne d’Istiklal, cœur battant d’Istanbul. Plus loin, en face de la nonciature apostolique, ils sont une petite trentaine à assister à la messe du soir de la cathédrale du Saint-Esprit, à peine un peu plus que d’habitude. A quelques heures de l’arrivée du chef de l’Eglise catholique en Turquie, le pays n’a pas l’air de s’émouvoir outre mesure. Seuls les alentours des ruines de la basilique Saint-Néophyte de Nicée, aujourd’hui Iznik, à 90 kilomètres au sud-est de la mégapole du Bosphore, siège du premier concile œcuménique chrétien il y a 1 700 ans et où Léon XIV se rendra vendredi, témoignent d’une certaine animation.
Prévu au départ par le pape François pour le printemps, le voyage en Turquie destiné à marquer l’anniversaire de ce concile fondateur, en 325, a été suspendu en raison de sa maladie, puis de sa mort, avant d’être reprogrammé par le Vatican. Ce choix a été vivement encouragé par Ankara. Le pouvoir islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan et de sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP), a, depuis son accession au sommet de l’Etat en 2003, mis en place une relation particulière avec les minorités non musulmanes de Turquie.
« Ces vingt dernières années se sont traduites par plus de flexibilité et un réel apaisement avec les communautés, souligne Emre Öktem, professeur de droit international à Istanbul et spécialiste du droit religieux. Les dirigeants de l’AKP ont appris à faire davantage de concessions envers les minorités et mesuré l’énorme atout que représentait l’usage de la liberté religieuse comme gage auprès des puissances occidentales et le monde chrétien, notamment dans le contexte des ambitions de la Turquie de jouer un rôle plus important sur la scène internationale. »
« Approche pragmatique »
Après des décennies marquées, du point de vue des minorités chrétiennes, par des épisodes tragiques mêlant violences, spoliations et déchristianisation, les années 2000 ont, de fait, connu une relative embellie. Sous pression des réformes européennes, les premiers gouvernements AKP ont assoupli quelques règles encadrant les fondations des minorités. Des fondations arméniennes, grecques et juives ont ainsi obtenu le droit de récupérer des biens confisqués et d’enregistrer quelques propriétés. En 2008, la révision de la loi sur les fondations (Vakiflar Kanunu) est même alors perçue comme une des plus importantes avancées depuis le traité de Lausanne (1923).
L’époque est aussi à la reconnaissance par Ankara du caractère œcuménique du patriarcat de Constantinople. Traditionnellement, les gouvernements turcs s’opposaient à toute autorité religieuse transnationale, le terme « œcuménique », employé par le patriarcat depuis des siècles, étant perçu comme une atteinte à la souveraineté de l’Etat national. « Bien que le gouvernement AKP soit ancré dans l’idéologie islamique, précise Emre Öktem, ce qui pourrait laisser supposer un alignement plus marqué avec le nationalisme turc traditionnel et une réticence à reconnaître le caractère œcuménique du patriarcat, l’inverse s’est produit en raison de l’approche pragmatique de l’AKP, qui privilégie souvent les intérêts particuliers à la cohérence idéologique. »
Après le coup d’Etat raté de 2016, la question des minorités religieuse passe au second plan. Le dialogue interreligieux est maintenu, mais aucune réforme législative majeure ni reconnaissance juridique n’est engagée. Ces dernières années sont marquées par quelques gestes, mais aussi des tensions. La double conversion en mosquées de Sainte-Sophie et de l’église Chora, en 2020, est accueillie froidement par les minorités. D’un autre côté, en 2023, le président Erdogan inaugure l’église syriaque à Istanbul, une première depuis la création de la République.
« Bien sûr qu’il y a des hauts et des bas, dit Laki Vingas, ancien représentant des fondations minoritaires non musulmanes en Turquie entre 2008 et 2014. Mais le fait est que nous parlons aujourd’hui bien plus tranquillement, de façon autonome et décisive avec les autorités. On nous écoute et même si, évidemment, cela n’aboutit pas systématiquement, nous sommes bien davantage considérés. Cela n’était pas le cas avant Erdogan. »
« Déclin démographique »
C’est dans ce cadre que cette première visite de Léon XIV a été préparée. Aucun lieu qui fâche n’a été retenu. Contrairement à Paul VI, en 1967, Benoît XVI, en 2006, François en 2014, aucun déplacement à Sainte-Sophie n’a été prévu. Pas plus qu’à l’église italienne Santa-Maria, du quartier de Sariyer, attaquée en janvier 2024 par deux hommes se revendiquant de l’organisation Etat islamique. Ni même un crochet par l’île de Heybeliada, au large d’Istanbul, où se trouve l’Institut de théologie orthodoxe de Halki, fermé en 1971. En septembre, Donald Trump avait demandé à son hôte turc de se pencher sur la réouverture du séminaire autrefois célèbre dans l’orthodoxie. Ce à quoi M. Erdogan avait répondu que la Turquie « ferait sa part ».
« Ce qui nous inquiète le plus est le déclin démographique des communautés chrétiennes », conclut Laki Vingas. D’après les dernières estimations de la World Christian Database, 98,3 % de la population turque est musulmane, dont un tiers est alévi ou chiite. Selon les sources, les chrétiens seraient entre 100 000 et 160 000 sur près de 90 millions d’habitants, contre 25 % de la population il y a un siècle.
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