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Turquie : le jour sans fin des « purgés » d’Erdogan

Charlie Hebdo, le 11/02/2022

Ava Roussel

Le bras de fer entre la Turquie et l’Occident au sujet d’Osman Kavala se durcit encore un peu plus. Mais au-delà de son simple cas, le prisonnier politique est le symbole des 150 000 « purgés » depuis la tentative de putsch, en 2016. Près de six ans après, ils en sont toujours à tenter de survivre.

 
 
 

L’ambiance n’est pas près de se réchauffer entre ­Recep Tayyip Erdogan et les dirigeants européens. Le 2 ­février dernier, le comité des ministres du Conseil de l’Europe (organisation intergouvernementale regroupant 47 États – dont la Turquie – visant à promouvoir la démocratie et les droits humains) est – enfin -passé à l’action.

Depuis plus de quatre ans, Erdogan s’entête à maintenir en prison Osman Kavala, homme d’affaires et philanthrope, accusé d’espionnage et de tentative de déstabilisation de l’État, lors du coup d’État raté de juillet 2016. En réalité, il paie surtout le fait d’avoir osé s’intéresser publiquement aux droits des minorités kurde et arménienne. Arrêté en octobre 2017, il croupit depuis dans les geôles stambouliotes sans jamais avoir été officiellement condamné. Et ce malgré l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), en décembre 2019, exigeant la « libération immédiate » du prisonnier politique.

Après une mise en demeure restée sans effet depuis deux mois, le Conseil de l’Europe vient de décider de lancer une procédure d’infraction pour « non-respect d’un arrêt de la CEDH ». Procédure extrêmement rare, utilisée une seule fois en plus de soixante-douze ans d’existence (contre l’Azerbaïdjan), qui peut mener jusqu’à l’exclusion. Mais derrière le médiatique cas Kava­la se dissimule une multitude de drames silencieux… Depuis la tentative de putsch avortée dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, le pouvoir turc a entrepris de « purger » sa population des « traîtres à la nation » : « Erdogan a immédiatement proclamé l’état d’urgence, qu’il a renouvelé pendant deux ans, s’octroyant des pouvoirs extra­ordinaires, explique Ahmet Insel, politologue turc. Ce n’est pas la première fois que ça arrive dans l’histoire de la Turquie… Mais clairement, au-delà de rechercher d’éventuels complices, c’était le prétexte parfait pour museler l’opposition. »

Et Erdogan n’a pas fait dans la dentelle : selon le décompte de l’ONG Turkey Purge, depuis 2016, près de 95 000 personnes ont été arrêtées dans le cadre de la répression « post-coup ». Et plus de 150 000 (parmi lesquelles des professeurs, des juges, des policiers, des militaires…), renvoyées. Des chiffres qui devraient encore grossir : « Même si l’état d’urgence a été levé par Ankara depuis près de quatre ans, régulièrement, toutes les quatre à six semaines, de nouvelles listes tombent », explique Samim Akgönül, historien et politologue franco-turc.

Officiellement, le pouvoir traque les partisans de Fethullah Gülen – prédicateur-gourou d’une confrérie musulmane, réfugié aux États-Unis, et longtemps allié d’Erdogan – qui aurait fomenté le putsch. Dans les faits, il frappe tous azimuts. « On a désigné les gülenistes comme commanditaires parce que ça arrangeait le pouvoir, résume Ahmet Insel. Et il y en a bien eu parmi les militaires putschistes. Mais pas que. Beaucoup de participants n’avaient rien à voir avec la confrérie. » « Et puis, quelle est la définition de « güleniste » ? renchérit Samim Akgönül. Pour beaucoup, les liens sont très ténus… voire totalement imaginaires. Et quand bien même une personne serait effectivement güleniste, cela ne signifie pas qu’elle a participé au coup d’État. Ni même qu’elle l’a souhaité. Quel est l’acte criminel reproché ? »

Selim* vit dans l’ouest du pays, dans une ville dont il préfère taire le nom. Car il a déjà payé cher le choix de ses parents de l’inscrire dans un des « lycées Gülen », établissements privés de haut niveau, très prisés à travers le monde à l’époque. Plus de vingt ans après, alors qu’il est un entrepreneur bien installé et un jeune papa, il a vu débarquer chez lui les policiers au petit matin. « Je n’ai absolument rien compris, j’avais l’impression d’être dans un mauvais film, raconte-t-il aujourd’hui. Jusqu’à ce que, lors de mon interrogatoire, on me parle de ma scolarité, je ne voyais absolument pas le lien que je pouvais avoir avec tout ça. Tout le monde sait qu’on ne s’inscrit pas dans ces écoles pour avoir une éducation religieuse, mais pour avoir la meilleure formation possible. Je n’ai rien à voir avec cet homme ! » Malgré ses dénégations, et l’absence de preuves, assure-t-il, il passera plus d’un an et demi en prison.

Pour Ömer Çatkiç, ancien gardien de but de l’équipe nationale de football, c’est une simple application de messagerie, ByLock, réputée être utilisée par les gülenistes, qui a fait ­office de « preuve irréfutable ». Considéré aujourd’hui par Erdogan comme « le bras footballistique » du prédicateur, il a été condamné à deux ans et trois mois de prison.

 

La prison ou une mort civile, sociale et culturelle

Mehmet*, fonctionnaire révoqué qui ne veut surtout pas donner plus de détails, doit, lui, son malheur à sa nouvelle voiture et à un malencontreux prêt contracté, sur les conseils de son concessionnaire, auprès de Bank Asya, banque dite proche de la confrérie (ce qu’il assure avoir ignoré). « Je ne suis même pas croyant, quel lien voulez-vous que j’aie avec cette confrérie ? Une simple signature sur un papier que j’ai vaguement lu m’a volé ma vie. »

Deniz Kimyon, alors universitaire à Ankara, a eu la chance d’éviter de goûter aux charmantes prisons turques. Mais fémi­niste, de gauche, et signataire de la pétition « Nous ne serons pas complices de ce crime » appelant à la résolution pacifique de la question kurde, lancée par le collectif Universitaires pour la paix (elle cumule, quand même…), elle pouvait difficilement passer au travers. Son cauchemar à elle (et à plus de 100 000 autres personnes) tient en trois lettres : KHK, kanun hükmünde karar­name (« décret-loi », en français), ces fameuses décisions uni­latérales du président, révoquant sans aucun motif toutes sortes de fonctionnaires. Des couperets tombant généralement en pleine nuit, que les employés de l’État ont appris à guetter avec angoisse. « J’ai été destituée par le KHK 679, le 6 janvier 2017, explique Deniz Kimyon. Il devait être à peu près 23 heures quand le Journal officiel a été publié. Sans aucune explication. » « J’ai reçu un appel d’un collègue qui m’a juste dit : « Nous sommes tous ­virés » », se souvient Savas Dede, son homologue de la région de Van, lui aussi du collectif Universitaires pour la paix, et kurde, par-dessus le marché. « Dès le soir du 15 juillet, alors même qu’on ne savait pas encore si le putsch allait réussir ou non, je me doutais que, quoi qu’il arrive, nous, les Kurdes, allions être des victimes collatérales. « Intelligence avec une organisation illégale », c’est la justification passe-partout qu’ils ont trouvée. »

Si eux sont en liberté, leur sanction est presque plus perverse. « À cause de ce KHK, nous ne pouvons retrouver un quelconque emploi dans la fonction publique, rapporte Savas Dede. Mais on ne peut pas se faire embaucher dans le secteur privé non plus, parce que les employeurs ont trop peur du gouvernement de l’AKP. » « Ils ne veulent pas défier l’exécutif et être considérés comme « affiliés à des terroristes » en nous employant, ­complète Deniz Kimyon. Dans le système de Sécurité sociale, les personnes licenciées par décret-loi se voient accoler un code spécial, pour pouvoir être repérés. Nous sommes blacklistés. »

Les KHK sont radioactifs en Turquie. S’en approcher, c’est risquer de voir la foudre s’abattre sur vous. Une mort civile, sociale, culturelle… Une lente agonie sans travail ni droit à la protection sociale ou à la retraite. « C’est un vrai drame du quotidien aujourd’hui en Turquie, se désole Samim Akgönül. On fait en sorte qu’ils ne puissent plus subvenir à leurs besoins de base. Et c’est un grand tabou. Parler de leur souffrance, c’est risquer d’être soi-même accusé d’être güleniste. Faire son métier d’avocat et les défendre, c’est perdre quasi à coup sûr tout le reste de sa clientèle. Il n’y a pratiquement pas d’issue. »

Seule planche de salut, la fuite à l’étranger. À la condition de ne pas avoir vu son passeport annulé par l’administration. Après trois années de bataille acharnée, en 2020, Deniz ­Kimyon a finalement pu récupérer le sien. Depuis mars 2020, elle fait désormais partie, avec son époux, lui aussi universitaire « purgé », des quelques chanceux qui ont pu s’échapper, grâce au Programme d’aide à l’accueil des scientifiques en urgence (Pause), et elle est chercheuse à l’université de Paris-Dauphine-PSL. « Je suis en sécurité ici, j’ai pu continuer mes recherches sans subir de menaces, se réjouit-elle. Mais être exilée, isolée, pas encore adaptée à mon nouveau pays, ce n’est pas évident… Je suis en train d’apprendre le français et d’essayer de m’intégrer. C’est un nouveau défi. »

Savas Dede, lui, s’est vu proposer une place en Écosse, à Édimbourg, il y a deux ans. Mais faute de passeport, il n’a pas pu en profiter. En attendant, il survit comme il peut, de traductions ou de ponctuelles et peu rémunératrices collaborations avec des ONG. Et s’accroche, en espérant des jours meilleurs pour lui et sa communauté.

Le jeune Bahadir Odabasi, 16 ans, n’a pas eu cette force. ­Vivant dans la région kurde de Diyarbakir, ses parents font partie des nombreux « purgés », et son père est emprisonné depuis plus de quatre ans. Selon son oncle, le jeune homme n’a pas supporté la honte et l’ostracisme dont il a été victime de la part de ses amis et de ses voisins. À la mi-janvier, il s’est jeté du 10e étage.

* Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés.

 

 

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