En venant tenter sa chance à Montargis en novembre dernier, Okan Gündüz n’a visiblement pas fait le bon choix. L’homme de 54 ans était jugé ce mercredi 17 mars, en comparution immédiate, au tribunal de Montargis, pour usurpation de qualité, après s’être fait passer pour avocat.
Déjà condamné à de lourdes peines et à de multiples reprises depuis une dizaine d’années pour des faits similaires, mais aussi pour escroquerie, travail dissimulé ou emploi d’étrangers sans titre, ce ressortissant turc s’était installé dans des locaux de l’avenue du Général-de-Gaulle à l’automne dernier, posant à l’entrée une plaque mentionnant sa qualité d’avocat.
Très vite, un signalement sur « ce curieux confrère »
Celle-ci, comme la robe avec laquelle il recevait ses « clients » et ses cartes de visite, a été saisie.

Le faux avocat, totalement dans son rôle et dépeint comme très crédible, s’était très vite présenté à l’accueil du tribunal de Montargis, au commissariat et à la sous-préfecture. Au tribunal, son arrivée avait immédiatement posé question et des vérifications avaient été entreprises. Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Montargis, Me Charles-François Dubosc, avait lui aussi effectué un signalement sur ce curieux confrère incapable de produire les pièces nécessaires à son inscription au barreau.
Une expertise psychiatrique demandée
Selon le procureur de la République de Montargis, Loïc Abrial, l’homme est « un escroc de haut vol », dont il n’a pas pu être prouvé qu’il possède les diplômes dont il se targue et qui sous-traitait les affaires qui lui étaient confiées par ses « clients » à d’autres avocats, à Montargis mais aussi à Orléans.
Face à l’ampleur de l’escroquerie et au palmarès du quinquagénaire, qui a déclaré avoir agi par philanthropie et à titre gracieux, les investigations ont été confiées aux policiers de Montargis puis à la police judiciaire d’Orléans. Une expertise psychiatrique a également été demandée. Celle-ci conclut que l’homme souffre d’une mythomanie pathologique, qui le pousse à croire lui-même aux fables qu’il crée. Son avocat, Me Romuald Huet, a martelé que son client devait d’abord impérativement être soigné, sous peine de réitérer les faits à l’avenir.
Il devra verser 3.600 euros de dommages et intérêts au barreau de Montargis et 9.000 euros à deux victimes.
Il a été maintenu en détention.
Pascale Auditeau (avec correspondant)




