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Le Figaro, le 23/12/2021
Par Delphine Minoui, Correspondante à Istanbul
REPORTAGE – Inflation galopante, cours de la livre turque… La gestion de Recep Tayyip Erdogan est de plus en plus critiquée.
La pluie a chassé les feuilles mortes, mais pas les Stambouliotes. Sur ce trottoir mouillé du quartier Kasimpasa, ils sont chaque jour plus nombreux à faire la queue devant le kiosque à pain. «Avant, je ne faisais jamais mes courses dans un halk ekmek (dépôt de pain à prix réduit subventionné par la municipalité). Avec les prix qui flambent, je n’ai plus le choix!», peste Nadire, mère de quatre enfants, en ouvrant son cabas, quasiment vide. L’inflation galopante qui asphyxie la Turquie a réduit sa liste de courses au strict minimum: des œufs, du sucre, du thé et de l’huile – «Et encore, ajoute-t-elle, j’ai appris à rationner l’huile. Le bidon me coûte 120 livres turques – contre 30 il y a deux mois!»
Garée sur une petite place, une camionnette frappée de la photo d’Erdogan relaie le nouveau slogan du président turc, «Confiance et stabilité. Objectif 2023», en écho aux élections législatives et présidentielles prévues dans un an et demi.
Des promesses difficiles à digérer pour Bahattin Akgül, qui gère la boulangerie d’en face. «Il y a vingt ans, notre pays était doté d’experts capables de planifier. Aujourd’hui, c’est du n’importe quoi. Vous imaginez: le prix de la farine a augmenté six fois depuis le mois de mai, et on ne voit pas le bout du tunnel!», dit-il. S’il se garde de s’en prendre au président – «Erdogan est un enfant du quartier!», rappellent les habitants de Kasimpasa, réputé traditionnel -, ses propos ont tout d’un ras-le-bol qui n’épargne plus ses fidèles partisans.
Une «guerre d’indépendance économique»
Selon un récent sondage de MetroPoll, la coalition du chef de l’État pourrait être battue lors du prochain scrutin si suffisamment de partis d’opposition parviennent à former une alliance. En cause: sa dérive autoritaire, mais surtout sa mauvaise gestion de l’économie, qui ne cesse de piquer du nez. Revirement d’autant plus flagrant pour celui qui, longtemps, fut perçu comme le champion du boom des années 2000. En un an, la devise locale a fondu de moitié face au dollar. Le taux d’inflation dépasse les 21% (58% selon l’opposition). Le chômage des jeunes frôle les 25%. Pire: contre l’avis des économistes, le leader turc s’obstine à baisser les taux d’intérêt, et préfère sacrifier son ministre des Finances (il en a licencié trois en deux ans) plutôt que de remettre en question sa politique monétaire, tout en faisant du colmatage.
Mardi, la livre turque s’est ainsi légèrement redressée après qu’Erdogan a décidé dans l’urgence de lier la valeur de certains dépôts bancaires en livres au cours du dollar (pour tenter de combler le fossé entre le taux de change et le taux d’intérêt). «Aujourd’hui, l’économie turque ressemble à un navire sans compas de navigation, qui erre dans des eaux troubles. Elle dépend d’un seul homme qui n’en fait qu’à sa tête, au point d’écarter de l’administration les experts les plus compétents», s’alarme l’économiste Erinc Yeldan, en déplorant le manque d’indépendance de la banque centrale.
Le chômage, le coût élevé de la vie, l’augmentation des prix et les factures nous brisent le dos
La Confédération des syndicats progressistes
Pas besoin d’aller bien loin pour constater la panique des Turcs. Sur l’avenue commerçante Istiklal, où les bureaux de change sont pris d’assaut, la devise joue au yoyo. Dans les rayons des pharmacies, les médicaments pour soigner l’asthme ou encore l’hypertension commencent à faire cruellement défaut. «Il paraît que de nombreux fournisseurs se sont retirés du marché, car ils perdaient trop d’argent», lâche Adnan, un jeune pharmacien. Plus loin, un épicier s’épuise à remplir à la main les étiquettes tarifaires de ses principaux produits. «Je les change chaque semaine!», râle-t-il.
Chaque jour, la colère enfle un peu plus face à un horizon bouché, malgré l’augmentation, jeudi 16 décembre, de près de 50% du salaire minimum, aussitôt jugée insuffisante. «Le chômage, le coût élevé de la vie, l’augmentation des prix et les factures nous brisent le dos», alerte la Confédération des syndicats progressistes, qui participait, dimanche 19 décembre, à une manifestation de 5000 ouvriers à Istanbul. Le président Erdogan s’obstine à parler de «guerre d’indépendance économique». Il affirme vouloir «résister aux pressions» en dénonçant un «complot».
Démultiplication des veillées de protestation
La répression, qui sévit depuis le coup d’État avorté de 2016, est devenue son ultime arme pour faire taire les voix critiques. Il y a deux semaines, trois youtubeurs d’Antalya (sud du pays) en ont fait les frais après avoir interviewé des Turcs qui accusaient le gouvernement d’avoir mené le pays à sa perte. Arrêtés chez eux au petit matin, ils ont été libérés sous conditionnel, avec interdiction de quitter leur domicile et d’exercer leur métier. À l’origine de cette rafle policière: une plainte déposée par un membre de l’AKP, le parti d’Erdogan, les accusant d’«insulte» et d’«incitation à la haine».
«Dès que vous ouvrez la bouche, on vous accuse de “terrorisme” ou de vouloir créer un “nouveau Gezi ” (allusion aux manifestations de 2013, NDLR)», déplore Ebru Sert, une étudiante en sociologie de 23 ans. Cheveux teints en rouge et bonnet de laine sur la tête, la jeune femme fait partie d’un nouveau mouvement #Nous ne pouvons pas nous loger, lancé fin septembre, pour dénoncer l’explosion des loyers et le manque de résidences universitaires. La démultiplication des veillées de protestation à Istanbul, Izmir ou encore Diyarbakir a poussé les autorités à annoncer l’ouverture de nouveaux foyers étudiants, qui tardent à se concrétiser.
Si je ne bouge pas, l’avenir qui m’attend sera bien pire que mes disputes avec ma mère
Ebru Sert, étudiante en sociologie
Impatients, Ebru Sert et ses camarades sont récemment passés à la vitesse supérieure en affrétant deux bus pour aller manifester à Ankara. Bloqués par un barrage de police à l’entrée de la capitale, ils ont été roués de coups, menottés et placés en garde à vue avant d’être renvoyés sur Istanbul. «Tout ça pour avoir exercé notre droit à revendiquer une vie plus décente! Je connais au moins une centaine d’étudiants qui ont gelé leur année universitaire par manque de moyens pour se loger. Sans compter l’achat de livres scolaires, devenus inabordables!», s’emporte Ebru, qui travaille comme serveuse pour financer ses études.
Mais la jeune femme, qui en est à sa cinquième garde à vue – dont une perquisition à son domicile le 8 mars dernier- n’entend rien lâcher: «Mes parents sont inquiets. Ils me font la guerre pour que j’arrête de manifester. Hors de question de me taire! Si je ne bouge pas, l’avenir qui m’attend sera
bien pire que mes disputes avec ma mère.»
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