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La stratégie gagnante d’Erdogan en Méditerranée orientale

L’Obs, le 06/12/2020

 

Céline Lussato (envoyée spéciale à Kas)

En ranimant le vieux conflit avec la Grèce, le président turc joue sur plusieurs tableaux. Il renforce sa coalition, et au-delà fédère une population nourrie de nationalisme. En poursuivant ses rêves de puissance régionale, il détourne l’attention de ses échecs économiques.

Reportage.

 
Longer la côte lycienne jusqu’à la petite ville turque de Kas offre un spectacle unique. A perte de vue, la mer d’un bleu céruléen est parsemée de tâches ocres, chapelets d’îlots aussi désertiques qu’innombrables. Comme si Gaïa, ayant achevé de sculpter le contour du monde, s’était délestée entre le Péloponnèse et l’Anatolie de ses derniers débris de roches inutiles. Un petit paradis sans cesse profané par de retentissants bruits de bottes.

Cela fait des mois que navires militaires turcs et grecs sillonnent la Méditerranée orientale au risque de provoquer un accrochage dont les conséquences seraient incontrôlables. Les deux nations revendiquent en effet la souveraineté sur le même bras de mer. Ankara refuse que l’octroi à la Grèce, par le traité de Lausanne en 1923, d’îles situées à quelques coups de rames de ses côtes réduise son espace maritime au profit d’Athènes dont le rivage continental se situe à plusieurs centaines de kilomètres. Un conflit renforcé par la récente découverte de gisements gaziers en Méditerranée orientale. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, toujours plus menaçant, assurait encore mi-octobre que la Turquie « donnerait à la Grèce la leçon qu’elle mérite ».

Dans la cité balnéaire de Kas, les habitants s’accrochent à l’illusion d’une entente cordiale avec leurs voisins grecs. Moins de 7 km séparent la petite ville, nichée au creux d’une baie verdoyante, de l’île de Kastellorizo (appelée Meis en turc). « Nous vivons très bien les uns aux côtés des autres. Loin d’Athènes, d’Ankara et de leur politique », affirme Lale, qui tient une échoppe de bijoux artisanaux près du port. A la terrasse d’un café, Erdal Hacivelioglu, entonne le même refrain : « Je vous ai amené des photos de nos matches de football amicaux », pose-t-il en préambule. « Avez-vous l’impression que ces sourires cachent de l’animosité ? » Passionné d’histoire, il rassemble depuis des années les récits locaux, tentant de dissocier les ouï-dire des faits avérés. Lui-même semble pourtant frappé d’une étrange amnésie. « Notre amitié est ancienne », affirme-t-il. « Durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque Meis a été bombardée, ses habitants ont trouvé refuge ici, à Kas. Nous avons toujours entretenu une grande solidarité. »

Démonstrations de force

Toujours ? Ce n’est pas la première fois qu’une guerre fratricide menace. Du passé grec de la région, il ne reste que des traces de la tragédie dont résultent les tensions d’aujourd’hui. Le village fantôme de Kayaköy, à quelques kilomètres de Kas, en est un témoin clé. Le traité de Lausanne, qui définit en 1923 les nouvelles frontières régionales, planifie un colossal échange de populations destiné à renforcer l’unité ethnique et religieuse des nouveaux Etats. Et aussi, à mettre un terme aux tueries. En quelques semaines, un million et demi de Grecs d’Anatolie plient bagage vers la nouvelle Grèce indépendante. 350 000 Turcs de Grèce prennent le chemin inverse. Les derniers habitants de Kayaköy quittent leur maison, à pied, vers le port de Fethiye. Est-ce le caractère isolé du village, situé en terrain escarpé, qui a dissuadé les Turcs arrivés de Grèce de s’y installer ? Ou bien, comme on le chuchote, la crainte d’une vengeance des fantômes de chrétiens massacrés dont les ossements ont été rassemblés près de l’église du village ? Aujourd’hui encore, Kayaköy est désert, amas de pierres rongées par le temps.

Presque cent ans plus tard, la nouvelle crise entre Ankara et Athènes vient de mettre un point final aux derniers liens entre les habitants de Kas et Kastelorizo. Plus aucun bateau ne transite entre les deux ports. Après les premières restrictions de circulation liées au Covid en mars, les tensions diplomatiques ont eu raison des liaisons maritimes. « Si on dépasse une certaine limite, les gardes-côtes grecs nous font des problèmes », témoigne un jeune matelot turc. Depuis son rafiot, il nous montre ce qui, à cette distance, ne semble qu’une coquille de noix amarrée au port grec. « C’est un navire de guerre, il est presque tout le temps à Meis désormais. » Ce jour-là pourtant, au jeu des démonstrations de force, ce sont les Turcs qui gagnent. Le temps orageux et la houle de plus en plus forte ont poussé deux frégates turques qui naviguaient au large à venir s’abriter dans la baie, lui donnant des allures de champ de bataille navale.

La Turquie a renforcé sa présence militaire depuis la relance de son programme de prospection gazière. Le navire en charge des relevés sismiques, Oruç Reis, qui navigue dans des eaux revendiquées à la fois par la Turquie et la Grèce, est en permanence escorté de plusieurs bâtiments lourdement armés. Depuis deux ans environ, Recep Tayyip Erdogan a fait sienne une doctrine définie en 2006 par le contre-amiral Cem Gürdeniz : « Mavi Vatan », la « patrie bleue », qui revendique la souveraineté sur 462 000 km² en mer Noire, mer Egée et Méditerranée, faisant fi de la présence des îles grecques. « La Grèce doit changer son regard sur la situation, car Ankara ne se soumettra pas aux menaces », affirme Cem Gürdeniz rencontré à Istanbul. L’officier en retraite, sourire bonhomme mais ton doctoral, explique : « La patrie bleue est un manifeste. Il s’agit non seulement de décrire l’espace maritime turc, de définir la puissance navale nationale, mais par-dessus tout, de s’opposer à la “carte grecque” », autrement dit la carte actuelle des eaux territoriales. A la terrasse d’un magnifique café surplombant le Bosphore où il reçoit la presse internationale, il insiste : « On ne présente pas les choses convenablement en Europe. Il ne s’agit pas d’irrédentisme ni de position néo-ottomane, mais d’une autodéfense réaliste. »

 

Consensus sur la politique extérieure ?

Le président Erdogan, qui ne rate aucune occasion de réaliser ses conférences de presse devant la carte des eaux revendiquées par la Turquie, ne dissimule pas la rhétorique guerrière associée à la doctrine de la « patrie bleue ». En 2019, un vaste exercice militaire impliquant 103 navires sur les trois mers bordant le pays avait été désigné sous le nom de « Mavi Vatan ». En septembre, à l’occasion de la journée de la marine, il affirmait : « Nous continuons à renforcer nos forces navales pour protéger notre patrie bleue. Nous assurons notre soutien à nos alliés et mettons en gardent ceux qui veulent attenter à nos droits. »

Un discours martial destiné tout particulièrement à ses alliés ultranationalistes du MHP dont les voix lui sont indispensables pour réunir une majorité au Parlement. « Comme l’affirme le président Erdogan, nous sommes pour la paix », explique Tevfik Taner, membre MHP du conseil municipal de Kas. « Mais s’ils essayent de réduire notre territoire maritime au prétexte de quelques îles grecques, alors nous reprendrons ces îles », promet-il menaçant.

Ce soutien à la politique étrangère du président s’étend d’ailleurs bien au-delà des rangs de son parti et de ses alliés d’extrême droite. Même le professeur Enis Tulca, de l’université Galatasaray d’Istanbul, qui préfère voir dans la patrie bleue une « vision maximaliste » destinée à servir de « point de départ à une négociation », défend l’idée d’une nouvelle répartition des eaux territoriales. L’ancien conseiller diplomatique du Premier ministre Mesut Yilmaz, qui œuvra dans les années 1990 à une normalisation des relations avec Athènes, regrette que « les Grecs campent eux-mêmes sur des positions extrêmes et accusent à tort Ankara de visées expansionnistes ».

A Kas, la porte-parole locale du CHP (kémaliste, centre gauche) reconnaît sans détour : « Nous ne sommes pas dupes de l’instrumentalisation que fait Erdogan des conflits internationaux. Mais ces dossiers représentent une réelle cause nationale. Le CHP est obligé de s’y rallier. » Impossible, dès lors, d’émettre la moindre critique à l’égard du président sans apparaître comme un ennemi de la nation. Grâce à sa politique étrangère offensive, Erdogan muselle l’opposition tout en détournant, au moins pour l’instant, l’attention de la population du fiasco de sa politique économique. La situation est de fait alarmante : l’inflation (11,89 % en octobre, selon l’Autorité turque des statistiques) semble hors de contrôle. Les prix s’envolent, y compris ceux des denrées alimentaires de base. Le chômage est au plus haut (12,9 % selon l’Office international du travail), en particulier chez les jeunes.

« Le gouvernement utilise les enjeux de politique étrangère pour unifier une population habituellement plus polarisée », analyse Evren Balta, professeur de relations internationales à l’Université d’Ozyegin. « Deux visions de la politique étrangère s’affrontent en Turquie. L’une – celle d’Erdogan – s’articule autour de l’unité musulmane, promeut les réseaux transnationaux avec le Qatar ou les Frères musulmans. La seconde est une vision séculaire, kémaliste. Mais les deux se retrouvent sur au moins un objectif : la Turquie doit gagner en puissance. »

 

« Devenir un acteur-clé de la gouvernance mondiale »

Ankara s’affirme comme une puissance régionale au Moyen-Orient, une région clé pour les équilibres géopolitiques mondiaux. « Elle entend accroître son poids sur la scène internationale pour devenir un Etat-pivot et un acteur-clé de la gouvernance mondiale », analyse la politologue et professeure à Sciences-Po Paris Jana Jabbour. Autre visée stratégique d’Erdogan : « devenir un carrefour énergétique en Méditerranée », poursuit-elle. « Cette ambition explique la politique turque en Méditerranée orientale et en particulier l’engagement militaire d’Ankara auprès du gouvernement Sarraj en Libye. » Le risque d’un affrontement direct avec un pays de l’Union européenne ne serait en revanche pas une hypothèse vraisemblable. « Au-delà de ce que laisse entendre le discours d’Ankara, l’objectif stratégique à long terme de la Turquie demeure d’intégrer l’UE. En devenant un Etat membre, la Turquie réaliserait son rêve de devenir une puissance majeure du système international. »

Ankara a pourtant un agenda militaire chargé. Non seulement, elle multiplie l’envoi de troupes à l’étranger − Syrie, Irak, Libye, Azerbaïdjan… − mais elle a considérablement développé son industrie militaire depuis dix ans. Le premier porte-avions de fabrication nationale, futur navire amiral « destiné à faire de la Turquie une puissance mondiale dans les mers », devrait être livré en 2021. « La volonté de l’AKP [parti d’Erdogan] de faire de la Turquie une puissance régionale s’explique non seulement par ses ambitions néo-ottomanes, mais également par des raisons économiques », affirme le politologue Ismet Akça. L’industrie militaire est un moyen d’accéder à de nouvelles ressources notamment par l’exportation, de satisfaire les marchés financiers, et surtout les acteurs économiques proches du parti d’Erdogan. « Dans ce domaine, l’enrichissement de certains industriels est bien plus déterminant que les retombées macroéconomiques », estime ce spécialiste des questions de défense. Comme il l’avait fait dans le passé avec ses gigantesques projets de travaux publics, « le régime turc favorise dans le domaine militaire les armateurs qui lui sont proches ».

Ne faut-il pas en effet, pour se maintenir au pouvoir, savoir ménager son électorat, ses alliés politiques et ses financeurs ? La prochaine élection présidentielle se tiendra en 2023. Cent ans exactement après le traité de Lausanne et la fondation de la République de Turquie. « Tout comme Mustapha Kemal, qui s’était présenté en 1923 comme Atatürk, le “père de la Turquie”, rappelle Jana Jabbour, Erdogan rêve d’incarner en 2023 la figure de père d’une “nouvelle” Turquie qu’il aurait remodelée. »

 

 

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