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Le Monde, le 29/03/2025
Tribune
Ahmet Insel
Economiste, politiste et éditeur turc
En s’en prenant à son principal opposant, Ekrem Imamoglu, le président turc engage son pays sur la voie de la guerre civile alors qu’il fait face à une contestation dans les bastions historiques de l’AKP, observe, dans une tribune au « Monde », le politiste Ahmet Insel.
L’incarcération du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, avec des dizaines d’élus et de responsables municipaux, constitue sans aucun doute un coup d’Etat. Mais un coup d’Etat à l’envers. Le coup n’est pas porté cette fois par les militaires contre le gouvernement, mais il est ourdi par le pouvoir contre le dernier espace qui reste de la démocratie : les élections à compétition ouverte. En décidant de faire éliminer son principal rival de la compétition électorale par le moyen de la justice, [Recep] Tayyip Erdogan a franchi le Rubicon.
A la tête d’un régime hyperprésidentiel taillé sur mesure, il a pris la décision d’aller au bout de l’autocratie, quoi qu’il en coûte pour le pays et probablement pour lui-même. Il a révélé par cet engagement qu’il n’avait plus l’espoir de gagner les élections par les moyens un tant soit peu démocratiques. C’est le destin de la plupart des autocrates qui sont restés trop longtemps au pouvoir.
Les procureurs préparaient une action pénale contre le maire d’Istanbul depuis plus de deux ans. Les médias aux ordres du pouvoir révélaient régulièrement les chefs d’accusation envisagés. Ils avaient aussi lancé une campagne de suspicion sur la validité du diplôme universitaire de l’édile, qui avait conduit à l’ouverture d’une autre enquête judiciaire. En octobre 2024, deux maires d’arrondissement d’Istanbul, membres, comme Imamoglu, du Parti républicain du peuple (CHP), ont été arrêtés. L’arrestation d’une dizaine d’élus municipaux issus de la même formation a suivi.
C’est pour contrer ces attaques que le président du CHP, Özgür Özel, a décidé d’organiser, le 23 mars, pour la première fois dans l’histoire de la Turquie, une primaire de son parti en vue de la présidentielle avec comme seul candidat le maire d’Istanbul. Le but était de renforcer sa légitimité en lui donnant le statut de candidat officiel pour l’élection présidentielle, qui aura probablement lieu avant 2028. L’annonce de cette primaire a mobilisé la base du CHP, qui récupérait ainsi l’initiative politique face à Erdogan. C’est ce qui a fait accélérer – dans la précipitation, voire une certaine panique face aux résultats des sondages d’opinion très défavorables – la mise en œuvre du plan d’élimination d’Imamoglu.
Manifestations d’ampleur
La descente massive dans la rue des étudiants à Istanbul et dans les principales villes du pays le soir même de cette arrestation n’était pas si prévisible. Elle a amené le CHP à élargir sa contre-offensive en appelant tous les citoyens à aller voter à la primaire dans des « urnes de solidarité » et en organisant des manifestations quotidiennes avec une participation jamais enregistrée depuis plus de dix ans. Un tel engouement du public pour participer à la primaire et aux manifestations quotidiennes n’avait probablement pas été anticipé par les stratèges d’Erdogan.
Les interdictions de rassemblement, l’arrestation de plus d’un millier de manifestants – des jeunes pour la plupart –, de journalistes ou d’avocats semble ne pas dissuader, pour le moment, de larges couches de la population de descendre dans la rue, de participer aux meetings organisés par le CHP ni de manifester leur colère en tapant sur des casseroles à la nuit tombée. Bien plus que dans les grandes métropoles de la Turquie, ce sont les manifestations dans les villes moyennes de l’Anatolie, notamment dans les bastions électoraux de l’AKP, qui révèlent l’ampleur de la chute de popularité de ce parti et de son chef. Dans la plupart des universités de premier rang, des appels au boycott se multiplient. Si la majorité des confédérations syndicales des travailleurs, inféodées au pouvoir, restent silencieuses, les syndicats des enseignants, les barreaux, beaucoup d’organisations professionnelles manifestent leur soutien à Imamoglu. Le CHP appelle désormais à des manifestations tournantes d’une ville à l’autre, en commençant par Istanbul samedi 29 mars.
Grand bras de fer
Il est trop tôt pour dire qu’Erdogan est désormais à genoux. Il a certes trébuché, mais, en bon autocrate, il garde encore des flèches en réserve. D’abord, il peut attendre que la fatigue, la lassitude voire le découragement gagne une grande partie des manifestants pour ensuite réprimer plus facilement ceux qui s’entêtent à le défier. De plus, les effets du chaos sur l’économie et la vie quotidienne peuvent être manipulés par le pouvoir. Enfin, l’autorité de l’audiovisuel distribue des sanctions contre les chaînes de télévision et de YouTube relayant les manifestations.
Dans un second temps, Erdogan peut s’engager dans une action visant directement le CHP, en faisant annuler l’élection de son président et en nommant un administrateur à sa tête. Özgür Özel, voyant venir ce coup, a convoqué un congrès extraordinaire pour faire renouveler le mandat de la direction du parti. Une course contre la montre est ainsi engagée entre lui et les procureurs téléguidés par le palais présidentiel.
La mise sous tutelle du CHP peut faire basculer le pays dans un affrontement bien plus violent et une dictature ouverte. Enfin, le nationalisme religieux continue de garder sa force de frappe et sa capacité à appeler à la rescousse une partie de la jeunesse et certains membres des classes populaires conservatrices devant le « péril des athées, des blasphémateurs, des traîtres, des suppôts [du milliardaire américain d’origine hongroise George] Soros… » Dans ce cas, c’est la porte d’une guerre civile larvée qui s’ouvrira.
Le grand bras de fer est désormais ouvert entre, d’un côté, Ekrem Imamoglu, l’appareil du CHP et tous ceux qui aspirent à une Turquie un tant soit peu démocratique et, de l’autre, [Recep] Tayyip Erdogan et ses juges, ses procureurs, sa police, ses médias et ses fervents supporteurs. L’issue de cette confrontation reste pour le moment indéterminée. Elle peut faire plonger le pays dans les profondeurs d’une dictature des plus sombres pour un bon moment. Elle peut aussi faire accoucher, dans la douleur, d’une Turquie se libérant de son penchant pour l’autoritarisme.
Ahmet Inselest économiste et politiste, professeur émérite à l’université de Galatasaray, à Istanbul
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