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Le Monde, le 22/04/2026
Par Nicolas Bourcier (Istanbul, correspondant)
Deux policiers sont plantés devant les grilles fermées de cet établissement scolaire aux hauts murs vert pâle surplombés par un ciel gris, insensible à la désolation alentour. C’est ici, dans la ville de Siverek, près d’Urfa, dans ce Sud profond et conservateur turc, qu’Ömer Ket, 19 ans, ancien du lycée, a surgi dans la cour, mardi 14 avril, avec un fusil de chasse, blessant 16 personnes avant de retourner l’arme contre lui. Le lendemain, à Kahramanmaras, un peu plus à l’ouest, c’est un adolescent scolarisé en 4ᵉ qui a tiré à bout portant dans deux classes de son collège, tuant un enseignant et huit élèves. Décédé dans des circonstances encore mal élucidées, le garçon de 13 ans était le fils du chef de la police de l’agglomération.
Coup sur coup, ces deux événements dramatiques ont suscité l’indignation dans tout le pays, peu habitué à des tueries de telle ampleur en milieu scolaire. La colère vise le gouvernement, accusé de ne pas avoir su anticiper ces actes de violence. Elle a même pris de l’ampleur lorsqu’il a été rapporté que l’adolescent de Kahramanmaras portait cinq armes sur lui et que le jeune Ömer Ket avait été interpellé puis relâché, la veille de la fusillade, par la police de Siverek, après un signalement du directeur du lycée.
Depuis lors, les débats n’ont cessé de se multiplier sur les violences à l’école et en dehors, au grand dam du pouvoir central. Dépêchés sur les lieux, trois ministres ont tenté de rassurer et de diminuer les tensions. La direction de la communication de l’exécutif turc a exhorté les médias à faire preuve de « responsabilité maximale », les mettant en garde contre les descriptions détaillées de la violence et la dramatisation des événements. L’avertissement a entraîné l’interruption des programmes diffusés en direct par les chaînes d’information. Comme après chaque événement grave ou sensible, le Haut Conseil turc de l’audiovisuel a, pour sa part, interdit de diffuser des images ou des témoignages s’y référant.
Contrôle du récit
Dans les heures qui ont suivi le massacre de Kahramanmaras, le père du jeune tueur de 13 ans a été interpellé. Tout comme le journaliste Lütfü Yalgi, auteur d’un reportage sur le lycée de Siverek dans lequel il évoque les messages menaçants qu’Ömer Ket avait publiés sur le compte Internet de l’école. Arrêté chez lui au petit matin, il a été relâché quelques heures plus tard. Un autre journaliste, Mehmet Yetim, de Kulis TV, a, lui, été arrêté le 18 avril.
Assurant que toute « la lumière sera faite sur cet incident dans toute sa complexité », le président turc, Recep Tayyip Erdogan a tenu à préciser qu’il est « de notre devoir moral de ne pas instrumentaliser une telle attaque, (…) le deuil n’a rien à voir avec la politique ». Une volonté de circonscrire le débat. Un plan d’« action global » sera mis en œuvre, a promis l’exécutif, pour prévenir la répétition de tels drames.
Au total, les autorités ont annoncé l’arrestation de 411 personnes soupçonnées d’avoir diffusé des contenus incendiaires en ligne. Selon la direction générale de la sécurité, ces « individus ont publié des messages trompeurs, proférés des appels à l’action et incité à la haine au sein de la population ». Quelque 1 866 adresses URL ont été bloquées, comme plusieurs centaines de comptes en ligne et de chaînes Telegram. Ce même réflexe de contrôle du récit avait été activé après le meurtre d’une jeune fille de 8 ans, Narin Güran, près de Diyarbakir, en 2024, après que sa famille avait été mise en cause, ou encore après l’arrestation, en 2025, du maire d’Istanbul et opposant à M. Erdogan, Ekrem Imamoglu.
Des millions d’armes à feu non déclarées
Sur le papier, la Turquie possède une législation relativement stricte en matière d’armes à feu, exigeant un permis, ainsi que des vérifications d’antécédents pour la possession d’armes par des civils. Il n’empêche, leur prolifération dans le pays est de plus en plus pointée du doigt par les observateurs et les journalistes. Le rapport « Carte de la violence en Turquie 2025 », établi par le Laboratoire de justice et de psychologie criminelle de l’université Kültür d’Istanbul, révèle que les actes de violence ont atteint des niveaux record, en hausse de 75 % par rapport à 2024. L’utilisation d’armes à feu dans les homicides atteint 62 %. Après les fusillades de Kahramanmaras et de Siverek, Sezai Temelli, député du parti pro-kurde DEM, a déclaré au Parlement qu’il y aurait plus de 32 millions d’armes à feu non déclarées dans le pays, tout en précisant que ce chiffre n’était « qu’une estimation officielle ».
Lors de rassemblements à Ankara et Istanbul, en avril, des étudiants et des enseignants ont appelé à la démission du ministre de l’éducation, Yusuf Tekin. Des voix se sont élevées pour dénoncer l’augmentation constante des violences en milieu scolaire, observée tant entre élèves qu’à l’encontre des enseignants. Dans un rapport publié la veille de la première fusillade par Egitim Sen, un syndicat proche de l’opposition, un enseignant sur quatre dit avoir subi des violences verbales ou physiques. En mars, Fatma Nur Celik, professeure de biologie, avait été mortellement poignardée par un élève de 17 ans, à Istanbul.
Plusieurs journaux indépendants ont rappelé que le pays ne comptait qu’un seul conseiller d’orientation pour 1 000 élèves. Et que 45 % des étudiants âgés de 15 ans ont subi des violences de la part de leurs camarades, tandis qu’un quart des adolescents ne se sentiraient pas en sécurité à l’école. Au point de faire dire au sociologue Osman Özarslan, interrogé après l’attaque de Siverek par le média en ligne Bianet, qu’il ne s’agissait pas seulement d’un problème de sécurité, mais d’« un indicateur frappant d’une période où la violence sociale est devenue courante et généralisée, prenant des formes nouvelles ».
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