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La Croix, le 30/03/2025
Thomas Guichard (correspondant à Istanbul)
Reportage
À la suite de l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, le 19 mars, au moins 2 000 personnes ont été arrêtées en Turquie. Le président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis vingt-deux ans, a bâti un système judiciaire qui peut mener n’importe qui en prison. Y compris pour une simple pancarte.

Pour dire qu’on préfère ne pas s’exprimer, la richesse des tournures imagées que compte la langue turque dispose de cette blague : « Silivri est froide. » La prison éponyme, l’un des plus grands complexes pénitentiaires d’Europe, situé près d’Istanbul, est connue pour héberger des détenus de haut niveau, prisonniers politiques ou terroristes. À la suite de l’arrestation, le 19 mars, du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu pour «corruption » et « terrorisme », des centaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays contre ce «coup d’État ». Les représailles n’ont pas tardé : en dix jours, au moins 2 000 personnes ont été arrêtées.
Berkay Gezgin se doutait-il qu’il finirait, à 22 ans, par aller expérimenter lui-même la température de Silivri ? L’étudiant a encore le même visage juvénile qu’il arborait en 2019, lorsqu’il a dit à Ekrem Imamoglu, rival désigné du président Recep Tayyip Erdogan : «Frère Ekrem, tout ira bien. » Devenue le slogan de l’opposition, cette phrase serait, selon son avocat Cemil Çiçek, la raison de son arrestation le 24 mars pour «insulte au président ». Le jeune homme attend désormais son procès, d’ici trois à six mois, d’après sa famille. En Turquie, il ne fait pas bon s’opposer au régime. Une constante valable qu’on soit une personnalité politique de premier plan ou un garçon au verbe inspiré.
« Il veut juste pouvoir parler le kurde »
À 16 ans, Çelek (1) a été pris dans cet engrenage, condamné pour «appartenance à un groupe terroriste » en 2023. Son tort ? Une simple pancarte appelant à «briser l’isolement d’Imrali », l’île-prison où est retenu depuis 1999 Abdullah Öcalan, fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). De ce groupe armé qui a tué 40 000 personnes en quarante ans, considéré comme terroriste par Ankara et l’Union européenne, Çelek connaît si peu. Son dossier raconte surtout l’emballement d’un jeune un peu paumé et la réponse implacable de l’industrie carcérale turque.
Avant d’être un « terroriste », Çelek a été un enfant heureux. L’adolescence est arrivée au pire moment, lorsque son père, employé d’une fabrique d’emballages, a été contraint de déménager la famille au pied des tours grises du quartier d’Esenyurt, en banlieue d’Istanbul. Sans ami, l’ennui pousse Çelek à lire. Dans le carton où sa mère a rangé ses livres, il y a Le Joueur de Dostoïevski. Et aussi En un combat douteux de l’Américain John Steinbeck, sur la politisation des ouvriers, une nouvelle de Selahattin Demirtas, populaire leader kurde, emprisonné depuis 2016 pour 47 chefs d’accusation. Autant de preuves pour les enquêteurs…
« Çelek n’est pas hostile. Il veut juste pouvoir parler le kurde », assure sa sœur, 22 ans, depuis son canapé. Son frère lui confiait ses réflexions et ses poèmes. Employée d’une plateforme de livraisons de repas, celle-ci répond en turc et n’a jamais songé à apprendre sa langue d’origine.
« Je suis un prisonnier condamné à la liberté »
Que sa peine soit méritée ou non importe peu : Çelek a fait son temps, 107 jours dans la prison pour mineurs de Maltepe. Il est libéré en janvier 2024. Chez lui, le jeune homme reste dans le noir. « Il avait l’impression que le soleil lui passait à travers les paupières », se souvient sa mère. On ne sort jamais vraiment de prison avec un dossier si lourd. Un an après, le 26 février dernier, Çelek est assis au café avec des amis quand il est de nouveau arrêté. Les enquêteurs l’accusent cette fois d’avoir participé à une manifestation prokurde, ce qu’il nie. Renvoyé à Maltepe, il n’a pu avoir sa famille au téléphone qu’une fois en un mois.
S’être perdu dans des livres prêtés par des voisins lui coûtera cher. Son avocat, spécialiste en droit des mineurs, l’assure : «Sa pancarte le suivra toute sa vie. Dès qu’ils chercheront quelqu’un pour “terrorisme”, ils iront chercher Çelek. » La Turquie détient le record du monde d’inculpations pour ce motif. Dans l’un de ses poèmes d’ado cafardeux, Çelek écrivait : «Je suis un prisonnier condamné à la liberté. » Il aura 18 ans dans quelques mois.
Avant même la case prison, la justice peut prendre la forme d’une épée de Damoclès. Kemal (1) abreuvait ses amis sur Facebook de remarques salées à l’égard de Recep Tayyip Erdogan. Dans l’une d’elles, en 2013, ce retraité lui reprochait d’avoir «baisé le pays ». Six ans plus tard, il apprend lors d’une descente de police chez lui, dans un quartier central d’Istanbul, qu’il risque la prison pour «insulte au président ». Relâché, Kemal a arrêté d’insulter le président. Quand c’en est trop, il confie son désarroi à sa fille sur la messagerie WhatsApp. «Ils ne vont quand même pas venir me chercher pour ça… Si ? »
(1) Le prénom a été modifié.
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Un taux d’incarcération inédit
La Turquie est très loin devant les 45 autres pays du Conseil de l’Europe en matière de taux d’incarcération depuis le coup d’État manqué du 15 juillet 2016, et les purges qui ont suivi. En 2022, on comptait 403 prisonniers pour 100 000 habitants, soit le double de la Hongrie, pourtant 2e de ce classement. En 2023, 7,6 % des détenus condamnés en Turquie l’étaient pour « terrorisme ». La moyenne européenne se situait, la même année, à 0,4 %, et aucun autre pays ne dépassait 1,6 %. Amnesty International note qu’en Turquie, « les lois relatives à la lutte
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