La Méditerranée est en ébullition. De la Grèce à Israël, de Chypre à la Libye, de la Turquie à l’Égypte, les puissances régionales se disputent la répartition de zones économiques exclusives (ZEE) riches en hydrocarbures. Des zones maritimes convoitées qui font l’objet de négociations, d’accords et de controverses.
Mardi 20 octobre, la ratification d’un accord de délimitation maritime avec la Turquie par le Parlement libyen, à Benghazi, dans l’est du pays, a déclenché l’ire d’Athènes. De New York, le Premier ministre grec a dénoncé, carte à l’appui, un accord “illégal” et “arbitraire”.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis montre une carte de la mer Méditerranée lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, à New York (États-Unis), le 29 octobre 2026. Photo Jeenah Moon/REUTERS
“L’étape la plus significative dans la confrontation diplomatique en cours avec Ankara a été franchie par Athènes, Kyriakos Mitsotakis internationalisant le révisionnisme turc au siège du Conseil de sécurité des Nations unies”, note To Vima.
“Le Premier ministre, démontrant une volonté manifeste de relever le défi lancé par la Turquie et la Libye, a présenté une carte sur laquelle sont représentées à la fois la série de violations de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer et leurs revendications absurdes concernant la géographie de la Méditerranée orientale”, poursuit le grand hebdomadaire dominical. La tribune des Nations unies a permis au Premier ministre grec de chercher, et d’obtenir, des soutiens sur la scène internationale.
“L’intervention diplomatique conjointe à l’ONU avec l’Égypte, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Israël et l’Union européenne a démontré que nous disposons encore d’une marge de manœuvre et que nous ne sommes pas seuls dans ce jeu de pouvoir régional”, veut croire Lifo.
La fin des illusions
Ankara a de son côté proposé un accord au Caire, que l’Égypte a pour l’heure refusé. Mais alors que les recherches d’hydrocarbures s’apparentent à un enjeu énergétique et financier de taille, et que le projet pharaonique d’interconnexion électrique (GSI) entre Israel, Chypre et la Grèce reprend, les tensions s’exacerbent en Méditerranée orientale.
Dans le cadre du projet Great Sea Interconnector, où plusieurs entreprises françaises sont impliquées, un bateau d’exploration français attend, dans un port de Crète, de pouvoir reprendre ses relevés.
“Il est désormais évident qu’il n’y a ni le temps ni l’espace pour continuer à cultiver des illusions sous l’influence de l’apaisement, car si on laisse se consolider sur le terrain les faits accomplis des ‘pirates’ de la Méditerranée, il sera trop tard”, juge Efsyn.
La délimitation des eaux territoriales constitue l’un des points de dispute récurrent entre Athènes et Ankara. “Pour la Grèce, la diplomatie demeure toujours la voie privilégiée, mais la conjoncture actuelle est marquée par une grande incertitude”, avertit I Kathimerini.




