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Le Monde, le 03/03/2026
Par Nicolas Bourcier (Van / Turquie, envoyé spécial)
Quelques milliers d’Iraniens résident dans cette ville de la Turquie orientale. Avant d’envisager de retourner dans leur pays, ils attendent, « circonspects », de voir sur quoi débouchera l’offensive israélo-américaine contre le régime de la République islamique.
Les passages se font au compte-gouttes, les mines sont fermées et les paroles rares. Au poste-frontière de Kapiköy, l’un des trois points de passage de la frontière turco-iranienne, surplombé de montagnes blanchies de neige, les files d’attente qui, autrefois, faisaient partie du décor semblent d’un autre temps, en ce lundi 2 mars. Dans les heures qui ont suivi les premiers bombardements américano-israéliens en Iran, samedi matin, les entrées en Turquie ont été strictement limitées, par les douanes iraniennes, aux seuls détenteurs de visas et de passeports étrangers. La même restriction avait été mise en place lors de la répression massive des manifestants en janvier.
Devant l’imposante grille des douanes turques, les Iraniens rentrant au pays se comptent également sur les doigts d’une main. Seuls sont autorisés les voyageurs à pied, pour une raison non précisée. On y croise trois ouvriers fumant leurs cigarettes à la chaîne et disant sans détour pleurer la mort du Guide suprême, Ali Khamenei. Un jeune étudiant qui, comme beaucoup ici, refuse de donner sa véritable identité, affirmant seulement vouloir rentrer chez lui, auprès de ses parents, à Ourmia, non loin de la frontière, un baluchon à la main et « la peur au ventre ». Et puis il y a cette dame âgée, accompagnée de sa fille, qui, après avoir vu quelques jours, à Istanbul (Turquie), son fils, opposant au régime et exilé depuis quatre ans, s’est décidée à retraverser la frontière, malgré les bombardements ininterrompus engagés depuis trois jours.
« Nous vivons en dehors de Téhéran, à la campagne, c’est plus sûr, dit-elle dans un sourire, avant de lâcher d’un trait : Je veux voir ce régime tomber de mes yeux, je le dois à tous ceux qui ont souffert ou qui ne peuvent pas encore rentrer en Iran. »
« Je meurs d’envie d’y aller »
Derrière elle, la ville de Van et sa bonne heure de route. Plus grande agglomération de l’Extrême-Est turc, cette cité carrefour a toujours été le premier point de chute des Iraniens, exemptés de visa en Turquie. En l’absence de statistiques détaillées, on estime, selon les sources, à quelques milliers, peut-être plus de 10 000, les Iraniens possédant un statut de réfugié temporaire et résidant à Van ; à plus de 750 000 les touristes venus d’Iran en 2025.
C’est ici, d’habitude, que l’on sent au plus près les soubresauts du voisin si proche. Ici que les jeunes Iraniens viennent prendre l’air, faire des courses quand ils en ont les moyens et trouver une connexion Internet. Or, comme la frontière, Van est morne et glaciale, ses avenues sont d’un calme presque total. A déambuler dans le centre, ses hôtels, ses petites discothèques et sa « rue des parapluies », connue pour être avec ses bars et ses restaurants aux menus en farsi l’épicentre de la vie nocturne des Iraniens, tout laisse penser que l’heure n’est pas encore à la mobilisation et au retour en masse au pays.
« Je meurs d’envie d’y aller, mais cela est impossible, il y a non seulement les risques liés aux bombardements, mais aussi le fait que le pouvoir et ses hommes sont toujours en place. Je serais exécuté dans l’instant s’ils m’arrêtaient », souffle un jeune exilé, sous le couvert de l’anonymat, condamné à mort par le régime pour son activisme au cours de manifestations.
« Le régime est toujours là »
« Docteur Ayaz », comme on l’appelle, est plus prolixe. Ce dentiste de 56 ans, réfugié depuis sept ans à Van, titulaire d’un permis de séjour renouvelable tous les ans, boit d’un geste lent son thé dans un grand café de l’avenue centrale Fevzi-Çakmak. Incarcéré pendant cinq ans dans la prison d’Evin, soumis à 160 coups de fouet pour avoir critiqué le pouvoir islamique sur un blog, en 2011, il a fui son pays un jour de juillet 2019 après avoir été poursuivi une seconde fois par les autorités pour participation à un rassemblement non autorisé.
Comme tous ici, il est sans nouvelles de ses proches en raison de la coupure du réseau : « Comment voulez-vous rentrer aujourd’hui en Iran ? Donald Trump appelle au soulèvement et nous demande de “saisir ce moment”, mais le régime est toujours là. D’ailleurs, le président américain dit lui-même qu’il compte désormais négocier avec ses représentants. Vont-ils laisser en place ceux qui n’ont pas succombé aux bombes ? Vont-ils s’accommoder avec eux comme ils l’ont fait avec le Venezuela ? »
Le docteur Ayaz ajoute : « J’ai toujours été persuadé que le seul moyen d’abattre ce régime était la force militaire brute, il n’y a pas d’autres options. Cela étant dit, est-ce que les Américains et les Israéliens le font pour les Iraniens ou pour leurs propres intérêts ? Vu le chaos et l’incertitude, permettez-moi d’être comme la majorité ici, c’est-à-dire circonspect. » De grands changements sont en cours, il dit en être persuadé. « Mais je ne rentre pas. Pas aujourd’hui en tout cas. »
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