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France Culture / Radio France, le 19/03/2026
L’Invité(e) des Matins
Par Guillaume Erner
Ahmet Altan est journaliste mais il est aussi l’un des plus grands écrivains turcs contemporains. Après cinq ans dans une prison de haute sécurité, il vient de quitter la Turquie pour la première fois depuis 10 ans, et de publier deux romans, dont « Boléro », traduit en français chez Actes Sud.
Avec
Ahmet Altan, Ecrivain et journaliste turc
Il y a six jours à peine, le 13 mars 2026, un tribunal d’Istanbul condamnait Ahmet Altan à quatre ans et demi de prison. C’est sa quatrième condamnation dans la même affaire depuis 2016. Il est maintenant libre, mais sous conditions, dans un pays où la justice et le pouvoir politique semblent ne faire qu’un. Il s’est vu accorder le droit, en septembre 2025, pour la première fois depuis des années, de quitter la Turquie. C’est sa première venue en France – où ses livres circulent librement depuis longtemps, où Madame Hayat a reçu le Prix Femina en 2021, alors qu’il était encore assigné à résidence à Istanbul. Il vient présenter Boléro, son dernier roman traduit en français, paru chez Actes Sud en octobre 2025.
La prison plutôt que l’exil
Malgré de multiples condamnations en Turquie, Ahmet Altan se refuse à l’exil : »Tout d’abord, j’adore Istanbul. Istanbul est vraiment une très belle ville. Ensuite, être un exilé, vivre en exil, de mon point de vue, est pire qu’être en prison. C’est une question que l’on m’a souvent posée et j’ai toujours répondu que je préférais être en prison. Par ailleurs, je n’aime pas l’idée de fuir, car même en prison, je continue à pouvoir m’exprimer par l’intermédiaire de mes avocats, mais si j’étais en exil, j’aurais un contact beaucoup plus difficile avec les gens. »
Il poursuit : « La prison est faite pour réduire à néant les gens qu’on y enferme, mais la prison a changé ma vie d’une façon tout à fait positive. […] J’ai écrit des livres en prison. Et si je n’avais pas été incarcéré, je n’aurais probablement pas écrit ces livres. » Interrogé sur la manière dont il est parvenu à faire cela, Ahmet Altan explique : « Je faisais toujours deux exemplaires des parties de mon livre que j’écrivais au fur et à mesure, et pour éviter tout danger, j’apprenais chaque partie par cÅ“ur. L’une des copies était mise parmi les documents devant servir à ma défense. Par l’intermédiaire des gardiens, j’arrivais à les faire parvenir à mon avocat. Ensuite, les avocats s’occupaient de les imprimer correctement. Je les recevais à nouveau. Et pendant les entretiens que nous avions, il nous lisait ces parties-là , et j’arrivais à faire certaines corrections. »
Résister à la montée du fascisme
Ahmet Altan décrit son arrestation de 2016 comme probablement l’une « des plus étranges dans l’histoire du droit international ». Il raconte comment s’est déroulé l’interrogatoire qui a suivi son arrestation : « J’ai demandé au policier de quoi j’étais accusé. Le policier a regardé le papier qu’il avait devant les yeux et il m’a dit ‘vous avez envoyé des messages subliminaux’. Je lui ai demandé ce que cela voulait dire. Il n’avait jamais entendu parler d’une telle accusation. » L’écrivain a finalement compris qu’il était accusé d’envoyer « des messages subliminaux à ceux qui allaient organiser le coup d’Etat »- le putsch raté survenu en juillet 2016. Il constate : « Si quelqu’un est accusé de lancer des messages subliminaux et qu’il est ensuite mis en prison, cela veut dire que dans ce pays, tout, vraiment tout, est possible. »
Au sujet de l’arrestation, l’année dernière, du maire d’Istanbul, Ekrem İmamoÄŸlu, Ahmet Altan dit : »Je suis d’avis qu’ils l’ont mis en prison pour éviter qu’ils ne puisse se présenter aux élections présidentielles. Cela nous montre à tous une réalité, qui est que quand vous faites face à une injustice, si vous ne résistez pas, cette injustice, un jour ou l’autre, finira par vous rattraper vous aussi. Ce n’est pas uniquement valable pour la Turquie. Nous sommes à une époque où le fascisme progresse d’une manière très sérieuse. J’y inclus même les pays européens. A titre personnel, je pense qu’il ne faut plus classifier les gens en fonction de leur nationalité, car, aux Etats-Unis, il y a des Américains fascistes et des Américains démocrates. Chez vous, en France, il y a des Français fascistes, il y a des Français démocrates. Chez moi, il y a des Turcs fascistes, des Turcs démocrates. Les sociétés dans tous ces pays se divisent et les fascistes à travers le monde arrivent à s’organiser et à faire front beaucoup plus rapidement que les démocrates. Les démocrates n’ont pas réellement réussi, à ce jour, à créer une vraie solidarité internationale. »
Ecrire sur le génocide arménien
Ahmet Altan explique : »Un parti qui était au pouvoir du temps de l’Empire ottoman, peu de personnes, sans aucune raison logique, ont pris une décision terrible. Ils ont décidé d’exiler tous les Arméniens d’Anatolie à l’extérieur de l’Empire. Le génocide arménien ne ressemble pas au génocide des juifs, par exemple. Ce sont des milliers et des milliers de femmes d’enfants, qui sont obligés de prendre la route, entre les villes, entre les bourgs. Ces gens ne peuvent pas manger, ne peuvent pas boire non plus, ils subissent la pluie, la neige, la chaleur. Des milliers et des milliers de personnes vont mourir sur le chemin, sur la route, des milliers et des milliers d’enfants, de femmes, qui ne peuvent même pas être enterrés. Ce sont des chiens sauvages qui vont venir les déchiqueter. »
Pour lui, »la différence entre littérature et histoire est la suivante : l’histoire s’adresse à vos pensées. ‘Un million d’Arméniens ont trouvé la mort, le pouvoir ottoman les a tués’, c’est une pensée qui appartient à l’histoire, un fait qui appartient à l’histoire. Vous le recevez, cérébralement parlant, mais ensuite, en buvant votre café, vous aller oublier ce que vous avez entendu. La littérature est autre chose. Dans la littérature, dans ce million de personnes, on va prendre une personne, vous raconter tout ce qu’elle a vécu, et dans ce cas-là , ces douleurs-là , vous allez vraiment les ressentir en votre âme et ne jamais plus les oublier. »
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