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Le Figaro, le 08/03/2026
Par Anne Andlauer, Ankara
À l’automne 2022, les habitants de Silivri, un district rural aux confins d’Istanbul, ont enfin obtenu gain de cause: le centre pénitentiaire géant planté quatorze années plus tôt au milieu de leurs champs a officiellement changé de nom. La prison de Silivri est devenue prison de Marmara, comme la mer qu’on découvre du haut des miradors. Les habitants déploraient que sa mauvaise réputation de prison politique n’entache celle de leur district. C’était peine perdue. Dans l’esprit de nombreux Turcs, le nom de Silivri n’évoque qu’un pénitencier. Celui où, depuis presque un an, croupit Ekrem Imamoglu, le principal rival du président Erdogan, et où il est jugé à compter de ce lundi.
Depuis son interpellation le 19 mars 2025, le maire déchu d’Istanbul affronte ce que la presse progouvernementale se plaît à décrire comme « l’affaire de corruption du siècle ». L’acte d’accusation, épais de 3741 pages, dépeint Ekrem Imamoglu en fondateur et dirigeant d’une « organisation criminelle à but lucratif » coupable d’avoir détourné 160 milliards de livres (3,1 milliards d’euros). Il cite 142 chefs d’inculpation, dont « corruption active » et « passive », « extorsion », « fraude à l’appel d’offres », « escroquerie au détriment d’institutions et d’organismes publics » et « blanchiment d’argent ». Ekrem Imamoglu risque 2350 ans de prison. Plus de 400 personnes comparaissent avec lui, pour la plupart d’anciens cadres et employés de la mairie.
Selon le parquet d’Istanbul, l’élu aurait élaboré un système qualifié de « pieuvre » dans le but de « prendre le contrôle du Parti républicain du peuple » (CHP, dont il est membre) et de « récolter des fonds pour présenter sa candidature à la prochaine présidentielle ». Mais pour l’intéressé, son parti et ses millions de soutiens, l’accusation ne tient pas et repose, pour l’essentiel, sur des témoignages anonymes. Depuis les geôles de Silivri, Ekrem Imamoglu répète qu’il n’a commis qu’un crime: « celui de ne perdre aucune des élections auxquelles je me suis présenté, celui d’être le prochain président ».
L’homme qui, en 2019, a conquis Istanbul après un quart de siècle sous la domination de Recep Tayyip Erdogan, venait d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle quand il a été arrêté. La date du scrutin n’est pas encore certaine (au plus tard en mai 2028), pas plus que la candidature de l’actuel chef d’État : il faut changer la Constitution ou que le Parlement convoque des élections anticipées pour que Recep Tayyip Erdogan ait le droit de se représenter.
L’ambition d’Ekrem Imamoglu, elle, est plus que compromise. Non seulement l’opposant le plus populaire de Turquie est en prison et accablé par les enquêtes et les procès (une quinzaine pour l’instant), mais son diplôme universitaire a été annulé la veille de son arrestation au prétexte d’irrégularités, ce qui l’empêche légalement de briguer la fonction suprême. Celui qui l’a fait arrêter, l’ancien procureur général d’Istanbul, Akin Gürlek, a été promu le mois dernier ministre de la Justice.
Quel que soit le candidat qui permettra de sauver la démocratie turque, je soutiendrai ce candidat
Ekrem Imamoglu
Ce lundi, Ekrem Imamoglu sait qu’il entame un marathon dont l’objectif probable est de le maintenir en détention aussi longtemps que nécessaire. Au vu du nombre d’accusés et de chefs d’inculpation, le tribunal prévoit un procès de 4600 jours, soit douze ans et demi. La justice a le temps, elle a aussi la place: à côté de la prison, une nouvelle salle d’audience prévue pour 3000 personnes est en cours de construction. Un record dont, une fois encore, se seraient bien passés les habitants du coin. Le procès s’ouvre ce lundi dans un tribunal plus petit, lui aussi attenant à la prison de Marmara, mais y sera transféré dès la fin des travaux.
Le CHP promet de faire le siège des abords du tribunal pour continuer à mobiliser autour de son champion. Dans les jours qui ont suivi l’arrestation d’Ekrem Imamoglu, le premier parti d’opposition était parvenu à canaliser la colère d’une large partie des Turcs, notamment de la jeunesse, organisant soir après soir des manifestations massives. Depuis, le CHP et son dirigeant, Özgür Özel, ont maintenu le rythme de deux rassemblements par semaine à travers Istanbul et toute l’Anatolie.
Une quinzaine de maires CHP incarcérés
L’enjeu est non seulement de ne pas « laisser enterrer Ekrem Imamoglu sous le béton de Silivri » – expression dont il use souvent. Il est aussi de défendre le CHP lui-même, dont une quinzaine de maires ont été enfermés depuis l’année dernière et dont la direction actuelle est menacée par un procès. Le parquet d’Ankara cherche ainsi à faire annuler le congrès du parti qui, en 2023, avait porté Özgür Özel à la tête du CHP, et à désigner à sa place un administrateur. Plus grave encore : sur la base des accusations portées contre son candidat à la présidentielle, le parquet d’Istanbul a recommandé la tenue d’un procès en fermeture du CHP.
« Depuis les dernières municipales, le CHP est le premier parti de Turquie. L’alliance dirigeante, sentant le pouvoir lui échapper, maintient le CHP sous pression en utilisant la justice », expliquait récemment au Figaro l’avocate Gülsah Deniz Atalar, une cadre du parti et proche d’Özgür Özel. Aux élections locales de mars 2024, le CHP avait en effet infligé au Parti de la justice et du développement (AKP) une défaite cuisante à l’échelle nationale, du jamais-vu depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2002. « Tous ces procès font partie d’un plan pour tenter de détruire le CHP, de le mettre hors d’état de nuire. Mais ils n’y arriveront pas », ajoute Gülsah Deniz Atalar.
Reste que le CHP doit être pragmatique et regarder l’avenir, qui pour l’instant se dessine sans Ekrem Imamoglu. Selon plusieurs figures proches du pouvoir, la prochaine présidentielle pourrait être avancée à l’automne 2027. « Quel que soit le candidat qui permettra de sauver la démocratie turque, je soutiendrai ce candidat », a déclaré la semaine dernière Ekrem Imamoglu, prenant acte pour la première fois de l’improbabilité de sa candidature. Özgür Özel, chef du CHP, pourrait endosser ce rôle. Parmi ses très nombreuses promesses, celle de fermer définitivement la prison de Silivri.
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