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RTBF (Belgique), le 31/10/2022
par Sara Dumont sur base d’un reportage de Marie Tihon et Timour Öztürk
Transversales
Cela fait maintenant 11 ans que la guerre a débuté en Syrie. Et jusqu’à présent, la Turquie a accueilli 4 millions de réfugiés syriens. Mais depuis un moment, ces derniers craignent d’être bientôt expulsés et pour cause… Le parti principal de l‘opposition turque promet d’expulser tous les réfugiés syriens en deux ans, si le parti arrive au pouvoir lors des prochaines élections de 2023. Les réfugiés syriens sont pris pour cible. S’ajoute à cela la crise économique qui n’arrange rien à la situation car l’inflation, là aussi, atteint des records et crée un sentiment de rejet à l’égard des réfugiés. En tout cas, une chose est certaine : ces réfugiés syriens travaillent et vivent en Turquie depuis longtemps et ne sont pas prêts à quitter le pays.
Il y a 11 ans, les dessous de la politique migratoire d’Erdogan

2022 Anadolu Agency / Getty Image
Les premiers réfugiés syriens sont arrivés en Turquie en avril 2011. Ces arrivées se font principalement dans des camps, sous la responsabilité d’AFAD, une organisation qui s’occupe de la gestion des crises et des tremblements de terre. « L’arrivée des Syriens a été considérée et traitée comme un tremblement de terre, une catastrophe naturelle » relate Solène Poyraze, chercheuse. A l’époque, pour le président Recep Tayyip ErdoÄŸan, c’est la politique de la porte ouverte et pour de nombreuses raisons :
Tout d’abord, c’est une frontière particulièrement difficile à surveiller puisque celle-ci mesure plus de 800 km de long. Et la politique de l’AKP, le parti de la justice et du développement, consistait à « ouvrir nos portes à nos frères syriens ». Dans un de ses discours d’accueil, il y avait même ajouté une empreinte très religieuse.
Ensuite, il y a une hospitalité sélective d’accueil de frères syriens, sous-entendu sunnites. C’est la configuration des révolutions arabes dont un courant mettait en avant le modèle turc, d’islam politique, donc une source de fierté pour le peuple, pour le gouvernement AKP et pour son électorat.
Enfin, cela mettait en évidence une certaine supériorité morale par rapport à l’Occident qui n’était pas prêt à accueillir cette population et également par rapport à une opposition qui, dès le début, s’est montrée hostile à cet accueil. Pour l’électorat d’AKP, on insistait donc sur un ‘nous’ solidaire, prêt à aider, recevoir, accueillir un invité qui ne va être là que de manière provisoire, explique Solène Poyraze.
Un statut provisoire pour les réfugiés
Les réfugiés syriens ont reçu un statut de protection temporaire et cela influence le ressenti de la population : ces personnes qu’on a accueillies au départ se sont habituées à leur nouveau milieu, ils restent et il faut dorénavant vivre avec leur présence. Le temps passe, la donne change, le contexte se modifie, les politiques se succèdent.
Najim est un réfugié syrien. Il ne se sent pas réfugié car lorsqu’on obtient le statut de réfugié, on est censé recevoir de l’aide d’une organisation ou du gouvernement. Lui, depuis le premier jour où il est arrivé en Turquie, il n’a absolument rien reçu de personne. Depuis que la guerre a éclaté en Syrie, il est venu y reconstruire sa vie et est marié depuis deux ans avec Aïché, une jeune femme turque. « Légalement, Najim n’a pas le statut de réfugié puisque d’après la loi turque, il n’y a pas de réfugié en Turquie. Donc techniquement, il n’est pas réfugié. Par contre, selon le droit international, il l’est ! Il est là depuis 2015 et pour lui il se sent comme chez lui en Turquie, même plus que dans son pays d’origine », explique-t-elle.
Un renvoi rapide des Syriens chez eux si le parti de l’opposition gagne les élections de 2023
Kemal Kiliçdaroğlu, président du Parti républicain du peuple, dévoile un fameux point de son programme s’il arrive au pouvoir lors des prochaines élections : il promet de renvoyer tous les Syriens dans leur pays en 2 ans. Selon plusieurs sondages, 80 % des Turcs voudraient que ces réfugiés rentrent chez eux.
« Je pense que les fuyards qui arrivent en Turquie devraient être renvoyés dans leur pays, en particulier les Afghans et les demandeurs d’asile syriens. Si les politiques qui nous dirigent n’arrivent pas à protéger nos frontières, ils ne peuvent pas diriger notre état. Ils nous ont imposé la présence de 8 millions d’étrangers et rien n’est organisé ! Notre pays ne peut plus supporter ce fardeau socialement, politiquement, culturellement et économiquement, nous ne pouvons plus le supporter. C’est pourquoi ils doivent partir et vont partir. Nous renverrons nos frères et sœurs dans leur pays avec tambour et trompette ! », explique Kemal Kiliçdaroğlu dans l’un de ses discours.
Du racisme et de l’hostilité dont sont victimes les Syriens et Syriennes
Najim explique qu’il ne se sent plus étranger car il parle le turc, comprend la mentalité turque. Malgré tout, certains habitants le considèrent toujours comme un étranger.
Par exemple, lorsqu’il essaie de louer une maison, les propriétaires lui demandent directement d’où il vient car on entend son accent. Lorsqu’il signal qu’il est étranger, on lui ferme littéralement la porte… Pourtant, il parle le turc, il a un travail et des revenus réguliers. Mais ce n’est pas suffisant.
Beaucoup de réfugiés syriens et syriennes vivent depuis un long moment en Turquie. Et pour la plupart, ils sont mariés avec un conjoint turc. Ils ont donc une vie stable depuis un temps certain et ne se sentent plus étrangers.
« Dès qu’un méfait a été commis par un étranger, les médias s’emparent de l’affaire et cela fait directement la une des journaux, ce qui engendre un climat de peur vis-à -vis des Syriens », explique Marie Tihon, reporter. À cela, on doit ajouter l’inflation qui dure maintenant depuis 20 ans en Turquie et les salaires qui n’augmentent pas. Il y a un climat hostile envers les réfugiés syriens. Un homme au chômage accuse directement les réfugiés en expliquant que ces derniers prennent le travail des Turcs alors que la Turquie est en pleine crise économique : « Ils n’emploient que des étrangers, nous devenons des étrangers dans notre propre pays, mais nous finirons par retrouver nos droits ».
En début d’année, dans un quartier périphérique d’Istanbul, une grave émeute a éclaté près d’une grande zone industrielle. De nombreux jeunes se sont rassemblés dans un quartier que les Turcs appellent « les rues de Damas » car la plupart des magasins y sont tenus par des Syriens. Les manifestants ont crié : « Ici, c’est la Turquie, pas la Syrie ». Plusieurs magasins ont été détruits. Des vitrines n’ont pas résisté aux coups de pierres. Un des commerçants syriens raconte : « […] Ils provoquent des incidents pour nous attaquer, ils nous observent, ils s’imaginent que nous, nous avons créé un petit centre commercial avec une cinquantaine de boutiques. Ils se disent qu’ils n’arrivent pas à trouver du travail et que nous, nous sommes propriétaires de magasins, que l’on est commerçant et que nous avons des voitures, une maison. Mais ce n’est pas vrai ! Je ne gagne pas 100.000 dollars avec ma boutique. Nous ne sommes même pas propriétaires, nous louons nos magasins, nos appartements aussi, on essaie juste de s’en sortir pour vivre ».
Les plus jeunes sont également victimes de racisme à l’école. Il y a 450.000 enfants syriens qui sont nés en Turquie depuis 2011. Beaucoup de réfugiés syriens décident de changer le nom de famille pour leur enfant, afin qu’ils ne soient pas victimes de racisme au quotidien… C’est le cas de Nourai, une jeune architecte originaire de Damas. Elle a eu un garçon il y a un an et pour elle, il est inconcevable de retourner vivre en Syrie. « Je suis venue vivre à Istanbul il y a 4 ans pour une meilleure éducation et un meilleur avenir pour mon fils. C’est pourquoi j’ai choisi un nom turc pour lui, son nom est Kerem. C’est un nom turc et arabe. De cette manière, ses amis à l’école ne remarqueront pas qu’il a des parents étrangers. Je veux qu’il parle comme eux, qu’il s’habille comme eux, qu’il mange comme eux, qu’il connaisse la culture et qu’il se comporte comme eux. Je veux qu’il vive comme tout le monde, pour qu’il ne soit la cible d’aucun commentaire raciste ».
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