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Liberation, le 06/10/2022
par Fabien Perrier
Alors que 44 pays européens sont réunis à Prague pour lancer la «Communauté politique européenne», les relations entre Athènes et Ankara se dégradent après les provocations turques à propos des îles grecques du nord de la mer Egée, des migrants et des gisements d’hydrocarbures en Méditerrannée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis au sommet du Conseil politique européen à Prague, le 6 octobre. (Ludovic Marin / Darko Bandic/AP / AFP / Photomontage Libération)
A Prague, ce jeudi, la photo de famille est inédite. 44 chefs d’Etat et de gouvernement européens sont regroupés autour de l’idée d’une «communauté politique européenne», instance censée offrir aux pays du continent un «ancrage européen». Mais, au-delà de la photo tout sourire, quelques ombres planent. Sur la photo, il y aura quelques «frères ennemis» qui ne se parlent plus. C’est le cas du côté de la mer Egée où, depuis plusieurs mois, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ne s’adressent plus la parole. Erdogan et son gouvernement ont même développé récemment une rhétorique particulièrement agressive qui donne des sueurs froides à Athènes.
Dernier exemple en date, ce mardi : le partenaire gouvernemental d’Erdogan, Devlet Bahçeli, a remis en cause la souveraineté de la Grèce sur ses îles du nord de la mer Egée et sur le Dodécanèse qui, a-t-il estimé, «appartiennent indubitablement et légalement à la Turquie». De son côté, Omer Celik, porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie, a qualifié le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, d’homme «belliqueux». Ce sont pourtant la Turquie et la Libye qui ont signé, lundi 3 octobre, un mémorandum d’entente pour la prospection d’hydrocarbures en Méditerranée, qui remet en question les eaux territoriales de la Grèce au sud de la Crète. Ce ne sont là que les deux premières étapes d’une stratégie qui pour l’heure mélange agressions verbales et provocations territoriales.
«Lebensraum» turc
Déjà , en juin, Erdogan expliquait que la Turquie n’aurait «plus de rencontres bilatérales avec [les Grecs]». En juillet, Mevlüt Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, évoquait le besoin pour la Turquie de disposer d’un «Lebensraum» (un «espace vital», expression utilisée par Hitler pour justifier les invasions nazies). En août, Erdogan suggérait une «occupation des îles de la mer Egée» et menaçait : «le moment venu, nous ferons le nécessaire. Nous pouvons arriver subitement la nuit». En septembre, il accusait la Grèce de «saboter les activités menées dans le cadre de l’Otan et d’ouvrir le feu sur les navires civils naviguant dans les eaux internationales». Bref, il n’y a pas un jour sans déclaration intempestive venue d’Ankara.
«C’est la première fois depuis 1923 [proclamation de la République le 29 octobre 1923 par Mustafa Kemal Atatürk, ndlr] que la Turquie a une rhétorique aussi agressive contre la Grèce sur une période aussi longue», explique à Libération Angelos Syrigos, ministre grec délégué à l’Enseignement supérieur, ex-professeur de droit international à l’université Panteion d’Athènes et spécialiste de la Turquie. «Je crains qu’Erdogan ne prépare quelque chose.» Aux yeux du chercheur, la Turquie a l’œil sur trois champs d’action : les migrations, les explorations en hydrocarbures et la souveraineté des îles grecques.
En mars 2016, contre six milliards d’euros promis et une ouverture des visas pour les Turcs, l’UE a confié à la Turquie la gestion de sa frontière orientale extérieure et celle du flux des migrants. Ankara affirme que les promesses européennes n’ont pas été respectées. Ensuite, la Turquie revendique une part du gâteau dans l’exploration des gisements d’hydrocarbure en mer Egée. Même si elle ne dispose pas d’une zone maritime lui permettant d’y participer. Qu’importe, elle a envoyé un navire exploratoire à l’été 2020 et annonce dépêcher une nouvelle mission à l’automne. Enfin, Ankara exige la démilitarisation des îles grecques. C’est une ligne rouge pour les Grecs, confortés en ce sens par les récentes déclarations turques. Syrigos prévient : «Il faut arrêter la Turquie. Nous ne pouvons pas attendre et risquer que se répète ce que nous avons vu entre l’Ukraine et la Russie.»
Contestation des frontières de l’UE
Pour beaucoup, les deux situations ont des points communs qu’il faut prendre au sérieux. La Turquie, qui dispose d’une des plus grandes armées au monde, conteste les délimitations des espaces maritimes et aériens grecs ; elle demande également une démilitarisation des îles grecques. Des sources diplomatiques turques affirment que la Turquie souhaite porter ses revendications «en paquet» à la Cour internationale de justice de la Haye. De son côté, «la Grèce a toujours affirmé qu’il n’y avait «qu’un seul différend» avec la Turquie, à savoir celui concernant la délimitation des zones maritimes des deux Etats», rappelle Antonis Tzanakopoulos, professeur associé de droit international à l’université d’Oxford. «Sur certaines questions comme celle de l’espace aérien, ou même de la souveraineté sur certaines îles, la Turquie pense que sa position en droit international est plus forte.» Mais, dans le fond, la Turquie se livre à une remise en cause des traités de 1923 et de 1947 qui ont donné son tracé actuel à la Grèce. En contestant les frontières grecques, elle conteste aussi celles de l’UE… Bref, un conflit larvé est en train de resurgir, ajoutant de l’instabilité à une région déjà en proie à des tensions.
Nikos Efstathiou, rédacteur en chef du magazine Lifo et spécialiste de la Turquie, tempère pourtant ce constat pessimiste. «Chez les Vingt-Sept, le mécontentement envers Erdogan gagne du terrain. Même du côté allemand, le changement de gouvernement a entraîné une évolution des positions envers la Turquie.» Pour lui, «Erdogan n’a pas intérêt à déclencher un incident en Grèce.» Le leader turc multiplie les provocations pour des raisons internes. «La situation économique et sociale du pays n’est pas bonne, il est en chute libre dans les sondages alors que les élections ont lieu l’an prochain. Il s’est aussi froissé avec les Etats-Unis. Il profite de la séquence de commémoration des 100 ans de la «Grande catastrophe» [un incendie dans la ville de Smyrne après l’arrivée des troupes turques qui s’est soldé par un massacre ou l’expulsion des populations grecques d’Asie Mineure] suivie de la création de l’Etat turc pour se positionner.»
Le rendez-vous de Prague permettra-t-il aux deux frères ennemis de se parler ? A l’heure où la Grèce et la Turquie renforcent leurs capacités militaires, aériennes et maritimes, chacun craint que le moindre incident dégénère.
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