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Le Monde, le 02/03/2022
LETTRE D’ISTANBUL
Par Marie Jégo (Istanbul, correspondante)
Le conflit déclenché par le président russe Vladimir Poutine a choqué la communauté ukrainienne de Turquie – 10 000 personnes installées à Istanbul, Ankara, Antalya, Bursa et dans d’autres villes du pays.
Arrivée à Istanbul quelques jours avant l’invasion russe, Snejana, une jeune architecte de Kharkiv, comptait visiter les palais ottomans, renouveler sa garde-robe, rendre visite aux copains installés de longue date dans la ville sur le Bosphore. L’entrée des chars russes en Ukraine, jeudi 24 février, a bouleversé son programme.
Depuis, elle passe le plus clair de son temps à essayer de joindre sa mère restée sous les Grad (lance-roquettes multiple) à Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine, que les troupes du Kremlin tentent de conquérir, sans succès pour le moment.
« Au téléphone, on entend les explosions. La pauvre femme est terrorisée. Elle dit avoir vu en plein centre de Kharkiv un missile russe qui s’est planté dans l’asphalte sans avoir explosé. J’ai très peur pour elle. Que faire ? Je me sens tellement impuissante ! », explique la jeune femme aux cheveux blonds, les yeux rougis par les pleurs.
Installée à Istanbul depuis des années, sa compatriote Oksana, la cinquantaine, se ronge les sangs au sujet des siens restés à Kherson, une ville du sud de l’Ukraine, « à la merci de Poutine, ce semeur de mort ».
Pour leur défense, « les Ukrainiens ne peuvent compter que sur eux-mêmes », répète-t-elle. A l’évocation de son père et de son frère, engagés comme volontaires pour la défense territoriale de Kherson, actuellement sous le feu russe, son visage se crispe.
Rivée du matin au soir à son téléphone, la mère de famille suit en direct les bombardements sur son pays, grâce aux images retransmises par les chaînes russes de télévision en ligne, désignées comme des « agents de l’étranger » par le Kremlin.
« Meduza, Dojd, Nastoiachtchee Vremia rendent vraiment compte de la situation sur le terrain en temps réel. Les images diffusées me rappellent comment l’armée russe s’est cassé les dents à Grozny en 1996 [lors de la première guerre de Tchétchénie, entre 1994 et 1999] : colonnes de chars calcinés, soldats russes démotivés, perdus, affamés, faits prisonniers… La résistance acharnée des nôtres me remonte le moral », se console Oksana, plus à l’aise en russe qu’en ukrainien.
Le conflit déclenché par le président russe Vladimir Poutine a choqué la communauté ukrainienne de Turquie – 10 000 personnes installées à Istanbul, Ankara, Antalya, Bursa et dans d’autres villes du pays. D’où l’appel à manifester, jeudi 24 février, face au consulat de la Fédération de Russie, situé sur l’avenue piétonne Istiklal, dans la partie européenne d’Istanbul. Une centaine de personnes seulement étaient présentes. Les policiers déployés étaient plus nombreux que les manifestants. Visiblement, consigne leur avait été donnée d’empêcher le petit groupe d’approcher du consulat russe, protégé par un cordon de forces antiémeutes. Après avoir chanté l’hymne national ukrainien, crié quelques slogans, les protestataires ont été invités à quitter les lieux.
Position inconfortable du président Erdogan
La scène illustre la position inconfortable du président turc, Recep Tayyip Erdogan, écartelé entre la Russie et l’Ukraine, ses deux voisines du pourtour de la mer Noire, avec lesquelles il entretient des relations cordiales, achetant du gaz et des missiles antiaériens à Moscou, vendant des drones Bayraktar TB2 à Kiev.
Rangé aux côtés de l’Ukraine depuis l’annexion de la Crimée par le Kremlin en 2014, qu’il n’a jamais reconnue, M. Erdogan est constant. Lors d’une récente réunion du Conseil de sécurité, il a condamné l’attaque russe, jugée « inacceptable ». Il l’a dit à son ami Vladimir Poutine, avec lequel il s’est entretenu par téléphone mercredi, lui déclarant que la Turquie « ne reconnaîtrait aucune mesure dirigée contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».
Le président turc marche sur des œufs car il doit aussi ménager sa bonne relation avec son homologue russe. Dans cette crise, la Turquie risque gros. Son exposition économique et sécuritaire à la Russie la rend particulièrement vulnérable, surtout au moment où les ménages turcs, appauvris par l’inflation (plus de 50 %), sont moins enclins à soutenir les islamo-conservateurs au pouvoir, en baisse dans les sondages.
Trois secteurs sont concernés, le tourisme, avec près de 4 millions de vacanciers russes reçus en 2021, l’énergie, avec 34 % du gaz consommé venu de Russie, et enfin la sécurité, en vertu des accords conclus avec Moscou sur la Syrie et de l’acquisition par Ankara des missiles russes antiaériens S-400 livrés à Ankara en 2019.
La position des autorités turques est devenue plus inconfortable encore depuis que Kiev réclame la fermeture des détroits du Bosphore et des Dardanelles aux navires de guerre russes. D’après la convention de Montreux de 1936, Ankara peut, en cas de guerre, limiter l’accès des belligérants aux détroits.
Bien qu’alliée de Kiev et membre de l’OTAN, la Turquie n’avait pas immédiatement répondu à cette demande. Jusqu’ici, le gouvernement turc évitait d’employer le terme de « guerre », mais sa position a changé dimanche 27 février. « La situation en Ukraine a tourné à la guerre. La Turquie va mettre en œuvre, en toute transparence, toutes les dispositions de la convention de Montreux », a indiqué dimanche le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, dans un entretien à la chaîne CNN Türk.
Toutefois, les autorités turques ne pourront pas refuser aux navires russes qui le souhaitent de regagner leurs bases en mer Noire. Aucun navire russe n’a demandé le passage récemment. Les derniers à franchir le Bosphore, six navires et un sous-marin, sont désormais à pied d’œuvre le long des côtes de l’Ukraine, assaillie de tous les côtés.
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