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Le Monde, le 17/05/2021
LETTRE D’ISTANBUL
par Marie Jégo (Istanbul, correspondante)
Chaque semaine sur YouTube, le truand Sedat Peker évoque ses relations passées avec de hauts représentants de l’Etat turc. Ce déballage très suivi crée un malaise dans les rangs de l’AKP, le parti du président.
Plus divertissantes qu’une série télévisée, moins prévisibles qu’une discussion sur les réseaux sociaux, les apparitions hebdomadaires sur YouTube du chef mafieux Sedat Peker, déchaînent les passions en Turquie, où trois semaines de confinement serré – du 29 avril au 17 mai – ont quelque peu engourdi les esprits.
Grâce à son feuilleton, le gangster quinquagénaire, emprisonné jadis à plusieurs reprises pour escroqueries, meurtres et crimes en bande organisée, a rompu la monotonie en déballant le linge sale de sa relation avec les plus hauts représentants de l’Etat turc, qu’il décrit comme affiliés au monde du crime. « Ça n’est pas fini, on va en reparler », promet-il à chaque épisode, suivi par plus de 500 000 internautes.
A chacune de ses interventions sur YouTube, un nouveau livre est exhibé, dont le titre exprime les préoccupations du parrain lettré. Lors de la plus récente, jeudi 13 mai, le livre du jour était le roman de l’Américain Mario Puzo, C’est idiot de mourir (1979, Robert Laffont). Au rendez-vous précédent, les Mémoires de Léon Trotski étaient placés en évidence sur le bureau. Comme si Sedat Peker se voyait en futur chef de l’opposition en exil, persécuté par un Staline turc dont il ne précise pas le nom.
Le gendre du président
Trois hauts responsables sont visés par ses révélations : Süleyman Soylu, l’actuel ministre de l’intérieur, Berat Albayrak, le gendre du président Recep Tayyip Erdogan, qui fut ministre des finances de 2018 à 2020, et, enfin, l’ancien ministre de l’intérieur, Mehmet Agar, en fonctions en 1996.
Au fil de son récit, le mafieux revient, non sans nostalgie, sur les égards dont l’entourait jadis M. Soylu, qui lui procura des policiers en guise de gardes du corps et poussa l’aménité jusqu’à l’avertir qu’une enquête judiciaire venait d’être ouverte à son sujet, lui conseillant d’aller se mettre au vert. Sedat Peker n’a pas demandé son reste. En 2019, il s’installe au Monténégro, officiellement pour suivre un cursus universitaire. Mais il est bavard, répétant à qui veut l’entendre avoir fui son pays en raison de l’inimitié personnelle que lui voue le gendre du président.
En janvier 2021, le boss est arrêté en Macédoine du Nord puis expulsé vers le Kosovo voisin. Ses traces se perdent ensuite entre les Balkans et Dubaï, apparemment son dernier point de chute. C’est donc loin de la Turquie que ce personnage peu recommandable mais doté d’un bon carnet d’adresses, règle aujourd’hui ses comptes avec ses anciens protecteurs.
Mort suspecte
Ses allégations jettent une lumière crue sur les agissements d’une partie de l’élite islamo-nationaliste, mêlée à des trafics, à des extorsions et aussi à des assassinats. Il raconte notamment comment l’ancien ministre de l’intérieur, Mehmet Agar, et son fils Tolga Agar, actuellement député du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir), auraient joué un rôle majeur dans la mort suspecte, en 2018, d’une jeune journaliste kazakhe, Yeldana Kaharman.
Peker explique que la jeune fille, âgée de 21 ans, s’apprêtait à déposer une plainte contre le député Agar, lorsqu’elle fut retrouvée morte. L’enquête a conclu à un « suicide par pendaison », contrairement au constat établi par le médecin légiste, et l’affaire fut classée sans suite.
Très commenté sur les réseaux sociaux, le grand déballage du chef mafieux a semé le malaise dans les rangs de l’AKP. Cemil Cicek, membre du conseil consultatif présidentiel, a réclamé l’ouverture d’une enquête sur la famille Agar. « Même si un millième de tout cela est vrai, c’est un désastre et c’est très problématique… La Turquie a suffisamment vécu ce genre d’agissements par le passé », a-t-il déclaré le 12 mai.
Il faisait référence au scandale de Susurluk, du nom d’une bourgade située à l’ouest de la Turquie, où, le 3 novembre 1996, les liens étroits entre l’Etat et la mafia furent révélés au grand jour à la suite d’un banal accident de la route. Dans une Mercedes accidentée, on retrouva les corps sans vie d’un préfet de police, d’un chef mafieux lié à l’extrême droite et d’une reine de beauté. L’autre passager, un député du parti de Tansu Ciller, alors première ministre, était légèrement blessé.
Assassinats extrajudiciaires
Dans le coffre, la police avait saisi de vrais faux papiers, des armes, des munitions, des silencieux fournis par le département général de la sécurité du ministère de l’intérieur ainsi que de la drogue. C’était l’époque de la « sale guerre » au Kurdistan, ponctuée par les disparitions et les assassinats extrajudiciaires. L’Etat travaillait main dans la main avec des truands pour enlever et exécuter sommairement des militants de gauche et des Kurdes soupçonnés de sympathie envers le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
« Des organisations illégales ont infiltré l’Etat. Des membres des forces de sécurité et des politiciens entretiennent des liens avec des organisations hors la loi que l’on pourrait appeler mafias ou gangs », souligna, à l’époque, la commission parlementaire chargée de l’enquête.
Le scandale fit tant de bruit que Mehmet Agar, alors ministre de l’intérieur, fut contraint de démissionner. Condamné à cinq ans de réclusion, il fut libéré au bout d’un an. Depuis, l’homme s’était fait discret, du moins c’est ce que l’on croyait. En réalité les relations incestueuses entre l’Etat et les gangs mafieux n’ont jamais cessé.
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