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L’Express, le 18/02/2023
Par Zafer Sivrikaya (Istanbul)
Le séisme du 6 février, qui a fait plus de 35 000 morts en Turquie, révèle la faillite des politiques menées depuis vingt ans. A l’approche des élections, le président est fragilisé.
Depuis des jours, le port d’Iskenderun brûle. Le double séisme du 6 février, de magnitudes 7,7 et 7,6 sur l’échelle de Richter, a dévasté cette ville méditerranéenne, et tout le sud de la Turquie. De hautes flammes orange s’échappent de dizaines de conteneurs en feu, mais aucun camion de pompier en vue. Pas davantage d’avions Canadair.
L’épaisse colonne de fumée noire de l’incendie enveloppe cette ville fondée par Alexandre le Grand au IVe siècle av. J.-C. À l’odeur de plastique se mêle celle des feux de fortune allumés un peu partout par les survivants, contraints de passer la nuit dehors dans le froid hivernal, brûlant ce qui leur tombe sous la main pour tenter de se réchauffer. Cette fumée dense apportera-t-elle un peu de chaleur à ceux qui restent prisonniers des décombres de leurs immeubles ? La mer, qui a progressé par endroits de 200 mètres, a envahi certaines avenues, où les voitures qui tentaient de fuir la ville ont renoncé à se frayer un chemin.
Dans les décombres, l’absence de l’État
Dans ce paysage de fin du monde, le bruit des sirènes percute celui des engins de chantier. Mustafa Topkaya est arrivé d’Adana, à 150 kilomètres au nord, trois jours après le séisme. Il a pris sa pelleteuse et suffisamment d’essence pour tenir quelques jours. Avec ses collègues d’une entreprise de BTP locale, ils se relaient au volant de tractopelles pour tenter, tant bien que mal, de dégager les débris de plusieurs immeubles effondrés, en espérant y trouver des survivants. « Nous venons juste de libérer une dame âgée et son fils, mais nous devons faire attention, les vibrations que l’on crée peuvent faire s’effondrer les murs encore debout », explique le jeune homme, qui craint d’achever par mégarde des rescapés.
Sur les ruines du même immeuble, une équipe de secouristes de l’association Akut, fondée en 1996 par des alpinistes turcs, s’affaire. De temps en temps, l’un de ses membres, juché sur une pile de gravats, demande l’arrêt des machines. Tout le monde coupe le contact, les conversations s’arrêtent. Seuls les sanglots d’une famille de victimes résonnent. « Est-ce que quelqu’un m’entend ? » s’époumone alors un secouriste dans l’espoir que, de l’amas de débris, une voix ou des coups portés contre un mur répondent à son appel et orientent ses recherches.
Dans les rues d’Iskenderun, de simples citoyens nourrissent les survivants et leur fournissent des couvertures. Dans les ruines, des conducteurs d’engins, des secouristes bénévoles ou encore des mineurs de fond donnent de leur temps. Hormis quelques ambulances, l’Etat turc est totalement absent. « Les gens sont désemparés, des mères errent dans les rues en hurlant et nous supplient de sauver leurs enfants des décombres, c’est bien naturel de leur venir en aide », témoigne Mustafa, conducteur d’engins. « Cette solidarité dépasse la frontière, la Grèce [NDLR : l’ennemi traditionnel, avec lequel les tensions montent depuis des mois] a immédiatement envoyé des secouristes, nous sommes tous pris dans le même élan d’humanité, apprécie-t-il. Même le PKK [NDLR : la guérilla kurde, réfugiée dans les montagnes d’Irak] a annoncé un cessez-le-feu et s’est dit disposé à envoyer des volontaires pour aider. »
Plus de 8 000 personnes ont pu être sauvées des décombres, a annoncé le président Recep Tayyip Erdogan. Mais combien de milliers d’autres auraient pu l’être si les secours avaient été mieux coordonnés, les services publics mieux équipés et plus réactifs ? Dans un pays où le risque sismique est pourtant avéré, et sans cesse rappelé par la communauté scientifique, l’Etat apparaît défaillant et mal préparé.
Car les autorités publiques n’ont pas non plus su prévenir les destructions. Un arsenal législatif existe bien depuis 1999 et le tremblement de terre d’Izmit, à proximité d’Istanbul, qui avait fait 18 000 morts. Cela n’a pas empêché des immeubles, pourtant récents, de s’écrouler, alors que d’autres, voisins, sont restés debout. Visiblement, les normes sont loin d’avoir été respectées. « Certains entrepreneurs rognent sur le prix de l’acier et en utilisent très peu », avance Mustafa, en désignant une fine tige en métal émergeant des gravats. Ce béton non armé ne peut résister aux chocs d’un séisme.
À une cinquantaine de kilomètres au nord, la petite ville d’Erzin a été miraculeusement préservée. Pas un immeuble ne s’est effondré. « J’ai simplement lutté pendant mes mandats contre toutes les constructions illégales, a expliqué son maire, Okkes Elmasoglu, dans la presse turque. Tant que nous ne respecterons pas les règles, notre pays continuera à vivre ces drames… » Ces mêmes règles, quand elles ne sont pas rendues caduques par la corruption et le népotisme local, sont contournées par l’Etat lui-même. Avant les élections de 2018, le président Erdogan a lancé une vague « d’amnistie immobilière » qui a permis, moyennant une faible amende, la régularisation de près de 6 millions de logements, construits ou agrandis sans autorisation.
Une chape de plomb contre la contestation
Face à la colère qui monte dans tout le pays, le pouvoir a choisi la voie de l’intimidation. Deux jours après la catastrophe, le président turc a mis en garde les « menteurs sans honneur » qui s’aviseraient de critiquer l’action de l’Etat. Le même jour, le réseau social Twitter, massivement utilisé dans le pays, était coupé par les autorités pour lutter contre la « désinformation », alors même qu’il servait à coordonner des équipes d’assistance et que des victimes coincées sous les gravats pouvaient y lancer des appels au secours.
Le parti présidentiel, l’AKP, et son allié MHP (extrême droite) n’ont pas non plus tardé à attaquer politiquement les acteurs de l’aide humanitaire octroyée au 1,5 million de sinistrés. Ils ont concentré leurs foudres sur l’ONG Ahbap, fondée par le chanteur de gauche Haluk Levent, qui a réuni des dizaines de millions d’euros de dons. Son site Internet a été victime d’attaques informatiques massives. Un poids lourd chargé d’aide humanitaire envoyé par le parti d’opposition HDP (prokurde) depuis Izmir a, lui, été intercepté par la police, qui a passé à tabac les personnes à bord… Elles ont été arrêtées pour avoir envoyé de l’aide « sans autorisation » de la préfecture.
Avant le séisme, tout le pays retenait son souffle en vue des élections du 14 mai. Aujourd’hui, celles-ci sont compromises : le pouvoir entend les reporter, et l’opposition a repoussé l’annonce de son candidat unique pour battre Erdogan. Arrivé au pouvoir dans la foulée du tremblement de terre de 1999, en partie à cause de l’indignation suscitée par la faillite de l’Etat, le président turc sait qu’une campagne électorale pourrait lui être fatale. Mais la Constitution oblige les élections à se tenir avant le 18 juin, sauf vote contraire du Parlement, motivé par un « état de guerre ».
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