Lundi, la cheffe de la diplomatie allemande a mis en garde la Turquie contre un durcissement du conflit avec les unités kurdes. Le même jour, le chef de la diplomatie jordanienne Ayman Safadi a rencontré le nouveau dirigeant de la Syrie voisine, Ahmad al-Chareh. Le Figaro fait le point sur la situation.
La cheffe de la diplomatie allemande a mis en garde lundi la Turquie contre un durcissement de son conflit avec les unités kurdes dans le nord de la Syrie, après la chute de Bachar el-Assad. Une guerre de la Turquie contre les Kurdes en Syrie «ne doit pas avoir lieu», a affirmé Annalena Baerbock à la radio allemande Deutschlandfunk.
«Cela n’aiderait personne» si le mouvement jihadiste État islamique (EI) «profitait d’un conflit» entre la Turquie et les Kurdes, a-t-elle souligné, ajoutant que «ce serait un danger pour la sécurité de la Syrie, mais aussi pour la Turquie et pour nous, l’Europe».
Depuis la chute de Bachar el-Assad, Ankara soutient une offensive de groupes armés contre les forces kurdes qui contrôlent une partie du nord de la Syrie. Ankara considère les Forces démocratiques syriennes (FDS), un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par les États-Unis, comme une extension de son ennemi juré, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Protéger l’intégrité territoriale de la Syrie est une «ligne intangible» pour la Turquie, affirme Erdogan
Protéger l’intégrité territoriale de la Syrie est une «ligne intangible» pour la Turquie, a affirmé lundi le président turc Recep Tayyip Erdogan. «Protéger l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie en toute circonstance est une ligne intangible pour la Turquie. Nous ne reculerons jamais devant ce principe», a-t-il déclaré.
La Jordanie soutient la reconstruction de la Syrie, dit son chef de la diplomatie à Damas
Le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman Safadi, a exprimé le soutien de son pays à la reconstruction de la Syrie lors d’un entretien lundi à Damas avec le nouveau dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, a rapporté la télévision d’État jordanienne. Ayman Safadi est le premier haut responsable jordanien à se rendre en Syrie, depuis la chute de Bachar al-Assad dil y a deux semaines au terme d’une offensive fulgurante d’une coalition de rebelles menée par le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Cham (HTC).
Selon la chaîne Al-Mamlaka, Ayman Safadi a évoqué avec les nouvelles autorités syriennes des opportunités de collaboration dans divers domaines, tels que le commerce, la gestion des frontières, l’aide humanitaire, les interconnexions électriques et la sécurité. Safadi a exprimé son soutien à «un gouvernement qui représente toutes les tendances en Syrie», ainsi qu’à «une nouvelle constitution», ajoutant que «les pays arabes étaient d’accord pour soutenir la Syrie à ce stade sans aucune ingérence extérieure».
L’Iran affirme son soutien à la souveraineté de la Syrie
Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé lundi son soutien à la souveraineté de la Syrie après la chute de Bachar el-Assad au terme d’une offensive rebelle, tout en affirmant ne «pas (avoir) de contact direct» avec les nouveaux dirigeants syriens. «Notre position de principe sur la Syrie est très claire: préserver la souveraineté et l’intégrité» du pays «et permettre au peuple syrien de décider de son avenir sans ingérence étrangère», a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, ajoutant que la Syrie ne devait pas devenir un «repaire pour le terrorisme».
Une délégation saoudienne a rencontré le nouveau dirigeant syrien à Damas
Une délégation saoudienne de haut rang a rencontré à Damas le nouveau dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, a annoncé lundi une source proche du gouvernement à l’AFP. Cette rencontre, qui s’est tenue dimanche, marque le premier contact officiel connu entre le gouvernement saoudien et la nouvelle administration syrienne.
La délégation saoudienne a notamment discuté «de la situation en Syrie» et de l’éradication du commerce illégal du «captagon», une amphétamine dérivée d’un médicament, avec Ahmad al-Chareh, chef de HTS, a précisé cette source proche du gouvernement sous couvert d’anonymat. L’Arabie saoudite avait appelé début décembre à des efforts concertés pour empêcher la Syrie de sombrer dans «le chaos et la division» après la chute d’Assad. Sous l’ex-président, la Syrie était devenue un narco-État prospérant sur le commerce illégal du captagon, dont l’Arabie saoudite constitue un marché clé.





