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Le Monde, le 12/02/2023
L’architecte Patrick Coulombel, cofondateur de la fondation Architectes de l’urgence, explique pourquoi les normes antisismiques turques, les mêmes qu’en Europe, ne sont pas toujours respectées.
Propos recueillis par Rémi Barroux
Patrick Coulombel est cofondateur de la fondation Architectes de l’urgence. Cet architecte de 59 ans est intervenu sur le terrain de nombreux séismes ou catastrophes. Il analyse pour Le Monde les conséquences du séisme meurtrier du 6 février qui a détruit de nombreuses villes et villages en Turquie et en Syrie.
Vous préparez-vous à vous rendre sur place dans les zones sinistrées ?
Dès le lendemain de la catastrophe, nous avons fait savoir notre disponibilité pour nous rendre sur place et participer aux évaluations et aux contrôles nécessaires. Contrairement au séisme et au tsunami en Indonésie en 2004 ou au tremblement de terre en Haïti en 2010, où nous avons eu respectivement jusqu’à 800 et 500 personnes sur place, nous n’avons pas d’équipe sur le terrain en Turquie ou en Syrie. Les autorités refusent toute autre aide que des secours pour le sauvetage et le déblaiement, ce que l’on peut comprendre, et acceptent de l’aide humanitaire mais uniquement sous direction de leurs organisations.
Pour notre part, nous avons du matériel à disposition, des bâches pour faire des abris. Et nous sommes prêts à contribuer aux travaux d’évaluation et de mise en sécurité des populations.
Quelles sont, selon vous, les caractéristiques de ce séisme ?
C’est le séisme le plus puissant, de magnitude 7,8, depuis de nombreuses années, en zone fortement peuplée, et de plus un séisme de surface, soit 17,9 kilomètres de profondeur seulement, ce qui accroît les destructions. Je n’ai pas souvenir d’un séisme aussi puissant depuis celui d’août 1999, en Turquie aussi [près d’Izmit, qui avait fait 17 000 morts], dans une zone avec des villes importantes, comme celle de Gaziantep et ses plus de deux millions d’habitants.
Le problème, comme souvent, c’est que la récurrence de phénomènes aussi intenses est très ancienne, le dernier dans cette région datant de cent cinquante et un ans, et qu’il n’existe donc pas de mémoire collective active. Les habitants ne l’ont pas vécu, ni même entendu de récits d’anciens, et ils sont donc moins sous pression, s’inquiétant peu des règles de sécurité.
Le rapport avec la population, sa densité, est très important puisqu’il détermine le nombre de victimes potentielles. Ainsi, le gros séisme auquel les spécialistes s’attendent est situé près de la mer de Marmara. Il aurait des conséquences terribles avec la proximité d’Istanbul, ses plus de quinze millions d’habitants et ses nombreux immeubles ne répondant pas aux normes parasismisques. D’ailleurs, de nombreux habitants d’Istanbul préfèrent quitter leur logement car ils redoutent un prochain tremblement de terre.
Que sait-on de l’application des normes antisismiques dans la région touchée ?
En Turquie, mais aussi en Syrie, en zone urbaine, on a fait le choix de construire des immeubles hauts, qui sont fréquemment d’une dizaine d’étages. Cette politique permet de limiter l’étalement urbain, de diminuer le nombre d’infrastructures à construire comme les routes, les bâtiments publics, qui sont plus concentrés. Mais les immeubles hauts sont plus vulnérables en cas de séisme, ce qui accroît mathématiquement le bilan humain.
En matière de réglementation parasismique, la Turquie reprend la même qu’en Europe, dite « Eurocode 8 », avec certaines adaptations précisant notamment des points techniques de renforcement. Dans ce pays, les contrôles sont fréquents, de nombreux documents doivent être déposés, avec des études techniques… ce qui ne veut pas dire que tout est respecté.
Ces normes antisismiques suffisent-elles ?
Cette réglementation a des conséquences sur la conception et la construction des bâtiments en fonction de la zone géographique et de ses caractéristiques sismiques. Ils doivent répondre à une certaine technicité. Par exemple, on dimensionne les structures en simulant un séisme, par modélisation informatique, et on détermine les contraintes qu’elles devront supporter. On peut jouer ainsi sur le renforcement des structures, avec des aciers plus résistants, des qualités de béton supérieures. Ces réglementations, dont beaucoup ont été conçues après le tremblement de Boumerdès, en Algérie, en 2003 [près de 2 300 morts], évoluent en fonction aussi de notre connaissance des conséquences de tels séismes d’ampleur. On apprend à chaque fois.
On connaît l’importance de la forme du bâtiment, de son orientation. Ainsi, dans ce séisme, dès lundi 7 heures du matin, on a pu constater que les bâtiments orientés est-ouest semblaient avoir mieux résisté car ils étaient dans le sens du mouvement principal du sol au premier tremblement de terre. Ce qui n’était plus le cas lors du deuxième, car les ondes sismiques étaient orientées différemment.
Le drame, en effet, c’est qu’elles ne sont pas toujours appliquées, en Turquie comme ailleurs. Il faut déjà bien connaître la nature du sol sur laquelle sont édifiées les constructions. On le constate quand on voit sur certaines images des lignes entières de bâtiments effondrés, alors que d’autres, voisins, sont restés debout. Le sol, la conception et la construction peuvent en être la cause.
On sait à partir de quelle contrainte le sol va être en rupture, et la réglementation nous impose de mettre 21 fois moins de charge que la normale. Vous pouvez, si vous avez de la place, répartir la masse sur le sol en surface, ou, si vous êtes plus contraints en superficie comme en ville, descendre en profondeur en usant de pieux en béton ancrés profondément qui répartissent les charges latéralement par frottement. Mais on sait que plus le bâtiment est haut et plus il est vulnérable. En cas de séisme, de liquéfaction du sol, sa portance diminue fortement et engendre des effondrements.
On constate aussi que, dans de nombreux immeubles urbains, les rez-de-chaussée sont occupés par des magasins qui, pour optimiser la surface, détruisent des murs porteurs, affaiblissant les résistances du bâtiment. Ce que l’on appelle des rez-de-chaussée transparents, sans suffisamment de murs porteurs et de contreventements.
De plus, il y a bien sûr des fraudes, des non-respects des réglementations, des tricheries sur les matériaux, des bétons avec moins de ciment, moins de ferraillages, des aciers de moindre qualité… Une fois un mur monté ou des fondations édifiées, il est difficile de contrôler ce que vous avez utilisé comme matériaux.
Mais ces réglementations sont-elles valables sur des bâtiments plus anciens ?
Là est le problème. Il faut intégrer ces normes parasismiques et renforcer l’ancien. On doit intégrer des poteaux dans les angles, au niveau des portes et des fenêtres, sur les parties supérieures pour arriver à un chaînage complet de la maison. Tout est lié à ce chaînage, comme une sorte de squelette. Mais ces techniques n’étaient pas été appliquées il y a une vingtaine d’années. Et beaucoup de bâtiments, y compris en France, sont plus anciens.
On a constaté les dégâts de séismes de magnitude moindre sur des constructions anciennes, comme à l’Aquila, en Italie [en avril 2009, avec plus de 300 morts]. En France, nous aurions le même problème si un séisme touchait par exemple la région niçoise.
On sait aussi qu’il faut laisser, comme les Japonais le font, un espace d’environ un à deux mètres entre les immeubles pour leur permettre de bouger sans heurter les voisins, ce qu’on appelle des joints de dilatation parasismique. Le problème est que ces travaux sur de l’ancien sont onéreux. Et de nombreuses copropriétés ou propriétaires ne peuvent pas les payer.
Il reste qu’on exerce dans un secteur très réglementé, où l’on n’a pas le droit à l’erreur.
En zones urbanisées, comme pour ce séisme en Turquie et en Syrie, craignez-vous un bilan plus important ?
Je n’aime pas raisonner en matière de statistiques s’agissant d’un drame humain. Mais, si l’on prend les derniers chiffres en provenance des autorités, ils font état de plus de 11 000 bâtiments effondrés, dont 6 400 seraient confirmés. En prenant une moyenne, basse vu la hauteur de nombreux immeubles, de cinq à dix habitants par bâtiment, on arriverait vite à plus de 55 000 morts.
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