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Sébastien de Courtois : « Seule la France peut sortir la Turquie de la crise qu’elle traverse »

 

Le Figaro, le 07/07/2017

 

Par Vianney Passot

 

 

Sébastien de Courtois : « Seule la France peut sortir la Turquie de la crise qu'elle traverse »

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN

A l’occasion de la sortie de son ouvrage Lettres du Bosphore, Sébastien de Courtois fait le point pour FigaroVox sur la situation de la Turquie. Malgré « la souffrance inouïe qui traverse la société turque », il reste optimiste pour l’avenir de son pays d’adoption.


Producteur à France Culture, grand voyageur et spécialiste des chrétiens d’Orient, Sébastien de Courtois est l’auteur notamment d’Un thé à Istanbul (Le Passeur, 2014) et de Sur les fleuves de Babylone, nous pleurions (Stock, 2015). Il vient de publier Lettres du Bosphore (éd. Le Passeur, 2017).


 

FIGAROVOX.- Après une dizaine d’années en Turquie, vous écrivez un ouvrage à propos de votre pays d’adoption, qui traverse une période pour le moins difficile, politiquement et socialement. Pourquoi ce livre?

Sébastien DE COURTOIS.- Chaque livre est le prétexte d’une confidence, une confession. Rien n’est anodin. Les Lettres du Bosphore n’échappent pas à cette règle. Mais il y a plusieurs voix, la mienne d’abord puis celle de la Turquie, par le biais de ces dizaines de portraits que je poste au court du récit, comme si nous étions revenus à l’époque de la marine à voile et de l’Orient-Express, un monde si proche et pourtant si difficile à décrypter.

C’est un livre qui va à rebours des idées reçues sur ce pays, avec de la joie et de la déception. J’essaye de trouver la faille, souvent avec bienveillance, parfois non. Je m’y engouffre, je creuse, j’écris à la manière d’un chroniqueur, comme un passeur qui s’est abîmé dans la culture de l’autre.

 

Le temps long de l’écriture permet seul de capter le sens du vent. L’écrivain lutte contre la fluidité. Il s’accroche, il s’enferme, il met en forme l’indicible.

Ce livre est une suite au Thé à Istanbul, sorti en 2014, un ouvrage plus heureux, l’acmé d’une vie en Turquie avec ses amours et ses passions. Je suis frappé par l’accélération du temps vécu, le fait que plus rien n’imprime les esprits, comme si nous étions embarqués collectivement dans un navire sans voile, sans direction. Le temps long de l’écriture permet seul de capter le sens du vent. L’écrivain lutte contre la fluidité. Il s’accroche, il s’enferme, il met en forme l’indicible.

 

Votre livre est un recueil de «chroniques romanesques», qui commence en novembre 2015, au moment des élections. Pourquoi avez-vous fait ce choix formel?

C’est un parcours personnel que je propose, avec l’idée de retrouver le principe des trois unités du théâtre classique, lieu, temps et action: la Turquie, 2015 à 2017, l’évocation d’une chute. Sans tragédie il n’y a pas de littérature. L’expérience que nous vivons en Turquie est unique, chaque jour la vérité devient un peu plus celle du mensonge. Les gens sont perdus. Il convient de rappeler des faits précis, qui seront oubliés, transformés. C’est un combat politique, car tout est politique, notre souffle, nos souffrances comme nos espérances. Je reste attaché aux mots. Rien d’autre ne demeure, c’est là l’immense privilège des gens de plume, tous ceux qui écrivent le savent bien, poètes, historiens et reporters. On l’a vu encore avec ceux qui prennent tant de risques pour nous informer depuis les théâtres de guerre – je pense au journaliste Samuel Forey qui revient de Mossoul par exemple, et à ses compagnons d’infortunes – car même derrière la bonne image, il y a un récit, une histoire à raconter, donc des mots, un bout d’éternité. Si on ne comprend pas cela, on ne peut rien comprendre aux risques pris par tous ceux qui se demandent, dans la fournaise et les bruits d’obus, ce qu’ils font là.

 

Écrire le présent, c’est raconter l’histoire avec un grand « H ».

Écrire le présent, c’est raconter l’histoire avec un grand «H». C’est pour cela que je trouve insupportable la vague actuelle d’anti-journalisme, une honte inacceptable au pays de Montaigne, Descartes et Voltaire. Nous valons mieux que les pisse-vinaigre qui hantent les réseaux sociaux. Et il y a foule. Mais même là, avec un téléphone portable, le «mot» redevient parole, au sens évangélique du terme, celui de la Bonne Nouvelle, à chacun alors de déployer son intelligence et sa sensibilité. Henri Bergson parlait du «souvenir du présent».

 

 

Pourquoi avez-vous choisi de commencer votre récit à cette date?

Il faut rappeler les fondamentaux. 2015 est un tournant. D’abord politique avec la succession de deux élections législatives majeures, celle du 7 juin puis celle du 1er novembre. Dans les deux cas, l’hégémonie de l’AKP a été bousculée par le succès d’un parti d’origine kurde, le HDP. Un parti qui a su rassembler par son discours novateur et inclusif une part du mécontentement né avec la contestation du parc de Gezi en 2013, ce que les partis traditionnels n’ont pas réussi à faire comme le CHP kémaliste, ou même l’ultranationaliste MHP.

 

Mais à Ankara, comme dans beaucoup d’autres pays à « hommes forts », le pouvoir ne se partage pas. Il se prend, il se garde.

Avec ces élections, l’AKP perd sa majorité absolue et s’enferme dans une logique que je qualifierais de suicidaire en radicalisant de manière outrancière son discours – la vieille garde présentable de l’AKP ayant été débarquée par Recep Tayip ErdoÄŸan – alors qu’un consensus politique aurait été possible, par le biais d’une coalition.

Mais à Ankara, comme dans beaucoup d’autres pays à «hommes forts», le pouvoir ne se partage pas. Il se prend, il se garde. À tous les prix, même celui du sang de ses propres concitoyens.

 

Vous évoquez aussi un tournant militaire? S’agit-il de la question kurde?

Oui. Ce tournant est très clair avec la rupture du cessez-le-feu contre le PKK pendant l’été 2015. Les deux camps se sont retrouvés dans cette escalade pour tuer dans l’Å“uf la réussite politique du HDP. Tant du point de vue de l’AKP qui s’était fait grignoter des sièges indispensables, que pour les durs du PKK qui se sont vus d’un coup ringardisé par la branche politique du mouvement kurde, avec une nouvelle génération de politiciens, comme Selahattin Demirtas – en prison depuis 7 mois – et beaucoup d’autres élus du HDP, accusés de «terrorisme». C’est la résurgence de ce conflit qui a provoqué la guerre des centres-villes pendant l’hiver 2015, dans le sud-est de la Turquie, où le PKK a voulu se créer une sorte de «Kobané» turc afin de susciter une émotion internationale. Résultat: la moitié des centres-villes historiques de Diyarbakir, Nüsaybin et Cizre ont été rasés. Pour l’amoureux des vieilles pierres que je suis, c’est un drame supplémentaire, car c’est la mémoire des peuples qui est par-là même assassinée, sans compter les innombrables infractions aux droits de l’Homme qui ont été enregistrées par la répression épouvantable qu’il y a eue à l’encontre de la population civile.

 

Il s’agit d’une guerre civile. Les Kurdes ne sont pas des étrangers en Turquie !

 

Le degré de violence dans le Sud-Est turc est insoupçonné. Une guerre sans pitié, même si encore une fois – faut-il le rappeler! – les belligérants se comprennent et parlent la même langue, le turc. Il s’agit d’une guerre civile. Les Kurdes ne sont pas des étrangers en Turquie! Les deux peuples se connaissent intimement et se côtoient depuis des siècles.

 

 

Qu’en est-il de l’État islamique en Turquie?

Le gouvernement turc ne fait aucune hiérarchie entre le PKK et l’État islamique. Pour eux, il s’agit de la même chose. Le PKK a été inventé par des forces obscures pour diviser la Turquie, et l’État islamique a été inventé pour diviser l’oumma. Dans le langage turc courant, quand on parle de terörist, il s’agit avant tout des Kurdes, maintenant aussi des partisans de Fetullah Gülen. D’où leur furie, lorsque la coalition internationale arme le YPG en Syrie, présenté comme un petit frère syrien du PKK.

 

Face à la menace de l’État islamique, la Turquie a été aveugle certains diront même que la Turquie a participé à son éclosion, involontairement ou pas.

 

Face à la menace de l’État islamique, la Turquie a été aveugle – certains diront même que la Turquie a participé à son éclosion, involontairement ou pas. Il faut attendre l’attaque du club Reina dans la nuit du 31 décembre 2016 pour qu’elle réalise qu’il y a des cellules dormantes au cÅ“ur de ses villes. Les services turcs évoquent le nombre de 3 000 combattants potentiels, sans compter ceux qui vont revenir un jour de Syrie et d’Irak. Cette attaque du nouvel an a été le premier attentat revendiqué par l’EI en Turquie. Pourquoi? Il a fallu ces 39 morts pour que la Turquie saisisse la nature du danger, sans compter ceux de l’aéroport Atatürk d’Istanbul, le 28 juin, 45 morts, et tant d’autres avant, comme Suruç le 23 juillet 2015, 33 morts, et les 102 morts d’Ankara, le 10 octobre 2015. Il n’y a pas de plaques commémoratives pour eux. En Turquie, les morts de la société civile ne comptent pas. Ils n’existent pas.

 

 

Pensez-vous que la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016 soit liée à ces conflits?

D’abord, nous ne saurons jamais la vérité. Un ami historien turc me rappelait encore qu’il travaillait toujours pour connaître les responsables de la contre-révolution ottomane de… 1909. Au moment de la tentative du coup d’État, j’ai tout de suite eu l’intuition que la guerre kurde et surtout l’implication de la Turquie en Syrie avaient eu des conséquences sur une partie de l’État-major. Pourquoi des officiers supérieurs auraient-ils pris de tels risques? Sinon pour une cause supérieure à leur propre carrière? La question demeure ouverte, au-delà de la seule problématique güleniste, un paravent facile et qui se fissure de toutes parts – le gouvernement turc ayant lui-même reconnu, il y a quelques jours, qu’il y avait d’autres facteurs possibles.

 

Des officiers se révoltent quand ils se sentent trahis. Nous l’avons vu en France avec le putsch des généraux à Alger en avril 1961.

 

Il est certain, par contre, que la situation sécuritaire liée à la pénétration de l’EI en Turquie, à la frustration des renversements constants d’alliances depuis des années sur Israël, la Russie, la Syrie, et même à l’encontre du PKK, ont participé à ce mécontentement d’officiers encore marqués par la doctrine d’une armée turque non-interventionniste. Les raisons se mélangent pour un cocktail d’effets, sans raison dominante. Des officiers se révoltent quand ils se sentent trahis. Nous l’avons vu en France avec le putsch des généraux à Alger en avril 1961. La politique a fait le reste, entre manipulations et intérêts personnels des gens en place, rancÅ“urs, jalousie, héroïsme, lutte de clans, au sein même de l’AKP qui est plus divisée qu’on le croit. Une histoire tragiquement humaine au fond.

 

Que voulez-vous dire par une politique non-interventionniste?

La phrase d’Atatürk «Paix à l’intérieur, paix à l’extérieur» a servi de ligne directrice à l’armée turque depuis 1923: une armée défensive peu portée à l’action extérieure. Elle n’en a pas les moyens. Pendant la Guerre froide, le glacis anatolien devant servir de rempart face à l’URSS. À part Chypre, qui est considérée comme une question nationale, la Turquie n’est intervenue dans son histoire récente qu’en Somalie, Bosnie et en Afghanistan, à chaque fois dans le cadre d’une mission internationale. En Syrie, elle fait cavalier seul. L’obsession étant d’empêcher l’unification des zones kurdes de l’autre côté de la frontière, qu’elle considère comme une menace directe pour son intégrité territoriale.

 

La Turquie est en train de changer sa politique d’armement, elle veut son propre hélicoptère, son propre avion militaire, son propre char d’assaut, ses drones et parle de se doter d’un porte-avions.

À ce propos, la Turquie est en train de changer sa politique d’armement, elle veut son propre hélicoptère, son propre avion militaire, son propre char d’assaut, ses drones et elle parle maintenant de se doter d’un porte-avions. Être membre de l’OTAN n’implique pas une servilité diplomatique. La France en sait quelque chose. Dans le cas syrien, depuis les accords Sykes-Picot, la Turquie s’est toujours sentie légitime pour intervenir dans une bande territoriale de plusieurs dizaines de kilomètres hors de sa frontière, ce qu’elle a longtemps fait dans le nord de l’Irak, contre le PKK, et maintenant en Syrie.

 

S’agit-il d’une démarche impériale?

D’une certaine manière, oui, mais à un niveau plus politique que strictement militaire. Si beaucoup d’anciens empires devenus des États nation peuvent ressentir cette nostalgie, Recep Tayip ErdoÄŸan est le seul à ma connaissance à l’avoir utilisée à des fins politiques. Ça fonctionne à l’intérieur, avec la fierté retrouvée des «Turcs» par l’ottomania en vogue – une vaste manipulation de l’histoire, car les premiers «modernes» ont été les sultans -, mais à l’extérieur, le fiasco a été total. Dans les Balkans et surtout dans le monde arabe, où les Turcs ont sous-estimé l’empreinte morale négative qu’ils avaient laissée.

 

À cause d’un excès de langage et d’opportunisme mal placé, la Turquie se retrouve sans voix, plus que jamais isolée sur la scène internationale.

 

Dur retour à la réalité. D’une politique de «zéro problèmes avec ses voisins», on est passé en quelques années à une méfiance généralisée. C’est ce qui arrive aussi quand on vire les bons diplomates et que l’on arrête de penser.

À cause d’un excès de langage et d’opportunisme mal placé, la Turquie se retrouve sans voix, plus que jamais isolée sur la scène internationale. Ce qui n’est pas une bonne chose, ni pour eux, ni pour nous. Car nous avons besoin d’une Turquie forte et sûre d’elle-même pour notre propre sécurité.

 

Vous êtes revenu sur l’immense changement politique et culturel entamé au début du siècle avec la victoire de l’AKP, le début de la contre-révolution et du démantèlement progressif de la Turquie de Mustafa Kemal, qui a abouti a une situation aujourd’hui terrible. Comment expliquez-vous cette mue? Peut-on dire que la Turquie est soumise à une dictature?

Je me méfie du mot de «dictature», c’est trop facile, il faut en garder un peu pour la suite des événements. La pièce n’est pas encore complètement jouée. Je n’aime pas ces dérives sémantiques, comme celui de «sultan» qui me semble bien paresseux. Oui, la Turquie de papa est bien finie. Nous ne partageons plus le même socle de valeurs, d’où la difficulté évidemment d’une intégration pleine et entière dans l’Union européenne. Mais c’est aussi à nous, Européens, de monter que nous sommes capable de proposer une autre formule, même si l’idée peut choquer en ce moment, car que nous le voulions ou pas, la Turquie sera toujours notre voisin. Un voisin qu’il vaut mieux avoir avec nous que contre nous.

 

Il faut sortir de l’obsession « ErdoÄŸan » qui nous aveugle et nous paralyse. Il faut faire la différence entre le gouvernement turc et la population turque.

Il faut sortir de l’obsession «ErdoÄŸan» qui nous aveugle et nous paralyse. Il faut faire la différence entre le gouvernement turc et la population turque, qui ne se reconnaît pas au moins pour moitié dans sa politique. C’est pour les générations futures que nous travaillons, pas pour ceux qui sont en place maintenant.

 

Pourquoi la tension augmente-t-elle maintenant entre la Turquie et l’Europe?

Parce que l’on parle constamment de rupture des négociations et que le tigre anatolien effraie. À juste titre, si l’on ne prend en compte qu’une photographie actuelle. Je pense que la France a un rôle clé à jouer. Il faut tendre la main au moment où le pays traverse une crise, malgré son aveuglement. En Europe, personne d’autre que nous peut le faire. Nous nous retrouvons tant sur le terrain de l’idée d’indépendance nationale, que sur celui de la culture – 9 lycées francophones, 3 instituts culturels majeurs – qu’économiques, la France étant le 8e investisseur étranger en Turquie.

 

La Turquie est plus grande que l’image que certains donnent d’elle aujourd’hui.

 

L’année prochaine, en 2018, nous allons célébrer les 150 ans du Lycée francophone de Galatasaray, ce serait l’occasion d’une visite présidentielle, afin de réaffirmer par le biais de l’esprit nos liens avec ce pays, qui rappelons-le ont commencé avec François 1er. Je précise que nous ne sommes pas en guerre contre la Turquie. Même plus, la Turquie compte parmi nos alliés, même si sa politique extérieure nous met en danger. La Turquie est plus grande que l’image que certains donnent d’elle aujourd’hui.

 

Comment voyez-vous la suite des événements?

Malgré tout ce que je viens de dire, je reste optimiste. Malgré les journalistes en prison, malgré l’obscurantisme, malgré la souffrance inouïe qui traverse la société turque en ce moment, dans le camp des démocrates, dans celui des minorités religieuse et politique, malgré la violence de la répression, malgré enfin «l’espoir qui a été tué» pour reprendre les mots de Kadri Gürsel, un journaliste en prison. Je suis un passeur, je ne suis pas un procureur. J’ai longtemps écrit sur l’histoire des chrétiens d’Orient en Turquie, à une époque où personne ne s’y intéressait, il faut aussi être capable de tendre la main pour avancer.

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