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Science et Vie, le 28/08/2025
Laurie Henry *

À Canhasan 3, dans la province turque de Karaman, des archéologues ont découvert ce qui pourrait être l’une des plus anciennes rues connues de l’humanité. Datée de 9 750 ans, cette trouvaille rebat les cartes de l’histoire de l’urbanisme néolithique.
Bien avant les premières cités, certains groupes humains structuraient déjà leur espace de vie avec une logique collective. C’est ce que révèlent les récentes fouilles menées à Canhasan 3, dans la province de Karaman, au sud de la Turquie. Ce site néolithique, vieux de 9 750 ans, révèle l’existence d’un passage aménagé entre deux habitations — interprété comme l’une des plus anciennes rues jamais identifiées.
Dirigées par le Doç. Dr. Adnan Baysal, enseignant-chercheur à la faculté de Langues, Histoire et Géographie de l’université d’Ankara, ces recherches s’inscrivent dans le cadre du programme national « Geleceğe Miras » piloté par le ministère turc de la Culture et du Tourisme. Ce type d’organisation spatiale remet en cause les modèles dominants observés ailleurs en Anatolie centrale, notamment à Çatalhöyük, et éclaire autrement les formes sociales des premières communautés sédentaires.
Une architecture pensée pour circuler
La découverte d’un espace de passage entre deux habitations à Canhasan 3 a surpris les archéologues par son caractère exceptionnel dans le contexte néolithique anatolien. Jusqu’à présent, Çatalhöyük faisait figure de référence en matière d’organisation néolithique. Ce site vieux de 9 000 ans est célèbre pour ses habitations sans rue, accessibles uniquement par les toits. Mais à 750 ans d’écart, Canhasan 3 raconte une autre histoire. Les chercheurs ont mis au jour une séparation nette entre deux structures d’habitation, interprétée comme une forme élémentaire, mais délibérée de rue.
Le terme de « rue » doit ici être compris dans un sens fonctionnel. En d’autres termes : un espace libre, structuré, conçu pour permettre un déplacement entre les unités de vie. Baysal précise que cette organisation n’était ni accidentelle ni le fruit de l’érosion. « Il s’agit d’une configuration construite, rare pour cette époque, et qui implique une forme de coordination entre habitants », rapporte Arkeonews. Ce vide n’est pas un simple interstice. Il témoigne d’une gestion commune de l’espace, excluant l’idée d’un modèle de vie uniquement centré sur l’habitat individuel.
Les archéologues envisagent diverses hypothèses : passage quotidien, couloir de circulation pour les hommes ou les animaux, ou espace tampon à usage multiple. Quelle que soit sa fonction exacte, ce corridor révèle une sophistication dans l’agencement domestique rarement attestée à cette période.
Une singularité au sein du Néolithique anatolien
Canhasan 3 se distingue nettement des autres établissements néolithiques connus de l’Anatolie centrale, tant par son organisation spatiale que par ses caractéristiques architecturales. La plupart des sites contemporains, dont le célèbre Çatalhöyük, suivent un schéma d’habitat compact, avec des maisons collées les unes aux autres, formant une masse bâtie continue, sans rues ni places. Dans ce modèle, l’espace public est quasiment inexistant, et la circulation se fait par les toits, comme mentionné précédemment.
À Canhasan 3, au contraire, les maisons sont séparées par des vides aménagés. L’analyse de la configuration générale montre que chaque unité dispose de ses propres murs. En outre, les foyers, ou « ocaks » y sont implantés selon des logiques différentes de celles observées à Çatalhöyük. Cela suggère non seulement une autre manière de concevoir l’habitat, mais aussi une variabilité culturelle significative au sein des groupes néolithiques d’Anatolie. Baysal parle d’une « architecture rare ». Il souligne que « cette forme d’aménagement ne suit aucun modèle connu de cette époque » pour DHA.
Les implications sont majeures : elles invitent à revoir l’idée selon laquelle les sociétés néolithiques anatoliennes auraient suivi un développement linéaire ou homogène. Au contraire, les résultats de Canhasan 3 appuient l’hypothèse de trajectoires locales multiples, marquées par des choix techniques et sociaux différenciés. Ce constat renforce l’importance d’une approche contextuelle et régionale de l’archéologie néolithique. Chaque site peut ainsi révéler des logiques propres, adaptées à un environnement, à des ressources, voire à une organisation sociale spécifique.
Ainsi, Canhasan 3 ne constitue pas une exception mineure, mais un témoin précieux d’une diversité néolithique trop souvent sous-estimée par les modèles interprétatifs classiques.
Une implantation durable liée à un environnement stratégique
L’occupation de Canhasan s’étend sur plusieurs millénaires, du Néolithique pré-céramique jusqu’à l’âge du Fer. Cette longévité remarquable s’explique par des conditions naturelles favorables. Elles ont permis aux populations de s’y installer durablement sans interruption. Les archéologues rappellent que Canhasan constitue un complexe de trois tertres : Canhasan 1, 2 et 3. Ils se situent tous dans un rayon d’un kilomètre carré. Ce regroupement témoigne d’une continuité de l’habitat et d’un attrait durable pour cette zone géographique.
Baysal insiste sur les atouts du site : « L’eau était abondante, les terres fertiles, et les ressources naturelles variées ». Les données archéozoologiques renforcent cette analyse. Les chercheurs ont retrouvé des restes d’aurochs, de poissons et d’oiseaux vivant dans des zones humides (canards, foulques). Ces indices suggèrent un environnement de type marécageux ou ripisylve, favorable à l’agriculture, à la chasse et à l’élevage.
En parallèle, des analyses de macro-restes végétaux sont en cours pour déterminer la nature des cultures pratiquées. La présence de sédiments riches et la proximité d’une nappe phréatique laissent penser que les premiers agriculteurs ont trouvé ici un cadre particulièrement propice pour expérimenter la domestication des plantes.
Le choix de ce site ne semble donc pas fortuit. Il s’inscrit dans une logique d’occupation stratégique du territoire, à la fois pour ses ressources et pour sa capacité à soutenir une communauté humaine sur la durée. Cette sédentarité prolongée est un indicateur crucial du passage progressif à des formes de société plus complexes et mieux organisées.
Une pièce manquante dans le puzzle de l’urbanisation
La découverte d’un espace structuré entre habitations à Canhasan 3 remet en cause le récit dominant sur l’émergence des formes urbaines. Jusqu’ici, l’apparition des rues et des espaces publics était généralement associée à des sociétés hiérarchisées du Proche-Orient ou aux premières cités mésopotamiennes. Or, cette rue néolithique, datée de près de 10 000 ans, précède de plusieurs millénaires les plus anciens plans urbains connus.
Ce constat soulève une question centrale. La planification de l’espace domestique et collectif est-elle née plus tôt et de manière plus diffuse que ce que supposait l’archéologie ? Pour Adnan Baysal, cette rue témoigne d’un « besoin de coordination sociale, même à petite échelle ». Elle représente une transition entre l’espace purement domestique et un embryon d’espace collectif. Les individus y partageaient des zones d’usage commun sans forcément disposer d’une autorité centralisée.
La fonction exacte de ce passage reste sujette à débat. Était-il dédié au passage des personnes, au déplacement des animaux, à la séparation entre unités familiales ? Quelle qu’en soit l’utilité, son existence marque un tournant. Elle montre que les préoccupations liées à l’organisation de l’espace commun n’étaient pas absentes des premières sociétés sédentaires.
Au-delà de l’architecture, cette découverte interroge la manière dont les groupes humains ont anticipé, négocié et structuré leur cohabitation. Elle enrichit notre compréhension des origines de l’urbanisme. Il ne découle pas seulement d’un besoin de contrôle ou de densité. Il peut émerger très tôt d’une volonté de cohabitation maîtrisée et coopérative.
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