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Les incroyables trous béants en Turquie, signe ultime de l’épuisement des ressources naturelles

Le Figaro avec AFP, le 14/06/2025

Par Anne Andlauer et Onur Coban, pour Le Figaro Magazine

pour voir les illustrations de l’article >>>

 

GRAND REPORTAGE – Le nombre de trous géants au milieu des champs d’Anatolie grimpe ces dernières années. Pour les paysans du district de Karapinar, le choix se fait entre quitter une terre ancestrale ou s’enfoncer dans la misère.

 

Dans la plaine de Karapinar, on raconte que le sol serait devenu fou. Un agriculteur, l’autre jour, venait de labourer son champ, un autre de semer le blé, quand la terre s’est encore ouverte. Encore un trou, survenu d’on ne sait où, large et profond de dizaines de mètres. Une chance que personne n’ait été englouti, a pensé le voisin, le regard dans le vide. Dans les fermes, les yayla, les hommes préfèrent rester seuls. Les femmes et les enfants sont partis à la ville. C’est plus sûr.

Karapinar s’étend aux confins de Konya, la plus grande province de Turquie, au cÅ“ur rural de l’Anatolie. Son nom rappelle une source (pinar), tarie il y a bien longtemps. Tout ici semble sec. Les vents malmènent un paysage fait de steppes désolées, de labours et de pâturages, de cratères et de cônes, vestiges de volcans endormis. Pas d’arbre, pas de rivière, et presque pas de pluie. Cette campagne est l’une des régions les plus arides du pays. Et maintenant, avec tous ces trous, c’est comme si la terre sombrait dans sa sécheresse.

Scènes d’apocalypse

Sur le terrain de Fatih Sik, l’événement s’est produit trois fois, en trois étés successifs. La première, en 2022, il revenait avec son fils de la prière du vendredi. Le gouffre l’a surpris à quelques mètres du chemin qui borne l’un de ses champs. Le matin même, il n’y avait rien, rien que des betteraves se sucrant au soleil. L’année suivante, un autre champ : d’abord le sol s’est fendu sur la largeur d’un ou deux doigts, puis l’eau des vaches et des cultures est soudain devenue trouble, « terreuse et blanchâtre Â». Fatih l’a tout de suite remarqué, ce champ-là longe sa ferme. Il a vu, le lendemain, la terre « s’enfoncer en elle-même Â». Elle a dessiné dans sa chute une forme ovale aux bords réguliers, 45 mètres de diamètre sur une vingtaine de profondeur. « La troisième fois était la pire Â», se remémore l’agriculteur. Un soir d’août 2024, après l’appel à la prière, « un grondement a retenti. Ensuite, l’eau a jailli comme d’un volcan en éruption. Elle n’arrêtait pas d’élargir le trou. On entendait güüüm, güüüm, güüüm. C’était terrifiant. Â» Fatih raconte que sa maison a tremblé pendant vingt-cinq jours. « J’ai cru que c’était l’Apocalypse. Les bêtes couraient dans tous les sens, j’ai voulu fuir la terre où j’ai toujours vécu. Â» À côté de l’ovale, au milieu du même champ, il y a désormais un grand rond dont on ne voit pas le fond, 40 mètres plus bas.

 


Dans cette région essentiellement agricole d’Anatolie, les dolines se multiplient, provoquées par un sous-sol érodé. Onur Coban

 

La famille, apeurée, est partie vivre au bourg, à 8 kilomètres de là. Dans son yayla aux quatre vents, Fatih Sik demeure seul avec un ouvrier et une centaine de vaches. L’homme de 46 ans, à la voix et aux gestes calmes, ne sait plus si c’est lui ou le sol qui devient fou. Il y pense tout le temps. « Après les deux premiers, je regardais ailleurs. Tout a changé avec le dernier. Je suis sans cesse aux aguets. Â» Fatih veut des réponses : « À quand le prochain ? Aujourd’hui ? Demain ? Dans un mois ? Où serai-je ? Dans le champ ? Sur le tracteur ? Dans mon lit ? La terre va-t-elle m’avaler ? Avaler mes bêtes ? Â» C’est à n’en plus dormir.

 

On assoiffe le sous-sol

En turc, on appelle ces trous des obruk. Mais les gens du coin comme Fatih, avec son accent et ses mots d’Anatolie centrale, parlent plutôt d’opan ou d’optu. En français : des dolines d’effondrement. Elles apparaissent le plus souvent dans les reliefs karstiques, aux roches sédimentaires sensibles à la dissolution, principalement calcaires, comme sous la plaine de Karapinar. Ici, le sol s’écroule depuis des millénaires, d’autant plus naturellement que la région est volcanique et assise sur une faille. Ce qui n’est pas normal, c’est le rythme des effondrements.

Jusqu’au milieu des années 2000, on recensait à Karapinar un obruk tous les cinq à dix ans. Puis quelques-uns par an à la fin des années 2000. Désormais, d’une année à l’autre, il s’en forme une vingtaine. Les géologues qui les observent ont du mal à tenir les comptes. « Il y en a environ 650 dans le bassin de Konya, dont une très grande majorité sont situés à Karapinar Â», précise Alper Dülger, ingénieur en géologie rattaché au centre de recherche sur les obruk de l’Université technique de Konya. Le problème ne se limite pas au centre de l’Anatolie, mais Karapinar sort du lot. « En 2024, on y a compté entre 25 et 30 nouveaux obruk, parmi une quarantaine apparus au cours de l’année dans toute la Turquie. Leur nombre augmente nettement plus vite à Karapinar qu’ailleurs Â», confirme Alper Dülger.

Pour les spécialistes du sous-sol, Karapinar est un cas d’école. Les dolines ne sont pas un caprice de la nature qui jouerait à créer du vide, mais le signe que l’être humain épuise ses ressources. « L’activité humaine, tout particulièrement l’agriculture, puise massivement dans les réserves d’eau souterraine Â», explique Ugur Dogan, professeur à l’université d’Ankara. « Or, plus vous pompez l’eau – généralement, vous influez sur son niveau, son mouvement, son débit… – dans un sol aussi sensible à l’érosion, plus vous créez de cavités dans la roche. Le sous-sol ainsi érodé ne peut plus supporter le poids des sédiments situés en surface. C’est ce qui provoque des dolines à des endroits où, sans l’action de l’être humain, le sol ne s’effondrerait pas avant plusieurs centaines d’années. Â»

Une terre qui ne se repose pas, c’est un champ qu’on irrigue sans cesse, une nappe phréatique qui s’assècheÀ Karapinar, on assoiffe le sous-sol pour abreuver les terres. Et comme il pleut de moins en moins à cause du bouleversement climatique, il faut pomper de plus en plus, toujours plus profondément. En bordure de champs, des milliers de nouveaux forages ont poussé ces dernières années. Beaucoup ne sont pas déclarés, personne n’y fait plus attention. « On compte 35.000 forages légaux à Karapinar, mais environ trois fois plus de forages illégaux. On ignore donc quelle quantité d’eau est prélevée et à quelle profondeur Â», observe le chercheur Alper Dülger, qui déplore un usage « excessif et incontrôlé Â» de l’eau dans cette région au soubassement fragile.

Aucun mort n’est encore à déplorer, mais tous vivent dans la peur de voir le sol ou leur maison se dérober sous leurs pieds. Onur Coban
Ömer Mutlu a passé sa vie ici : 65 ans, une ferme et neuf enfants. Le visage creusé de sillons sous une casquette délavée, il dit que « la terre a changé Â». À certaines saisons, on se croirait en plein désert. « C’est de pire en pire depuis dix ans. Comme il n’y a pas de lacs et de rivières, si l’eau ne vient pas du ciel, il faut aller la chercher sous terre… Â» Tandis qu’Ömer se lamente, une foreuse tambourine. « Le puits que j’ai fait percer il y a quatre ans n’a plus assez de débit, il m’en faut un nouveau Â», commente le cultivateur. La dernière fois, selon lui, on avait trouvé l’eau à 80 mètres sous terre. « 160 mètres ! Â» crie derrière lui un ouvrier, pour signaler qu’on ne pourra pas creuser encore longtemps.

Rien ne s’écoule, Ömer soupire. Il faudra tout recommencer. Un forage lui coûte environ 1,5 million de livres (34.000 euros). Une fortune. Mais il n’a pas le choix : « Sans eau, rien ne pousse. Â» Il ne croit pas trop aux « histoires Â» de tous ces scientifiques qui viennent avec leurs appareils sonder les parois des obruk. D’ailleurs, chez lui, il n’y en a pas. Du blé, du maïs, des betteraves, et c’est tout.

Des cultures trop gourmandes

Le maïs, les betteraves y sont pourtant pour quelque chose. On en sème de plus en plus dans les champs de Karapinar. Entre 2011 et 2023, la taille des surfaces cultivées consacrées au maïs a triplé. Elle égale désormais quasiment celle du blé, culture traditionnelle de Konya et de sa région, grenier à grains de l’Anatolie. « C’est stupéfiant. On voit aussi de plus en plus de colza, de tournesol, de luzerne, de pommes de terre, de tomates… Je rappelle qu’on parle d’une région au climat semi-désertique Â», note le géologue Ugur Dogan.

C’est sa terre qui s’effondre, sa ferme qui pourrait disparaître, son gagne-pain qui s’évapore sur ce sol de plus en plus secCes cultures gourmandes en eau accélèrent l’assèchement des nappes phréatiques. « Le niveau des eaux souterraines ne remontera pas, à moins de cesser toute activité humaine, ce qui est impossible, ou à moins d’un changement climatique qui apporterait des précipitations abondantes, mais tout indique le contraire, poursuit Ugur Dogan. Ce qu’il faut faire, c’est limiter certaines cultures et soutenir une transformation des pratiques agricoles. Il faut informer les habitants sur la gravité de la situation. Sinon, à ce rythme-là, on se retrouvera bientôt avec 10 ou 20 fois plus de dolines d’effondrement qu’aujourd’hui. Â»

Ömer Mutlu hausse les épaules. « Le maïs, ça rapporte, fait remarquer l’agriculteur. Mais je reconnais qu’on en demande trop à la terre. On ne la laisse plus se reposer. Avant, elle restait en jachère pendant un ou deux ans. Â» Maintenant, le même champ est ensemencé et moissonné deux fois l’an, si ce n’est parfois plus. « Les coûts ont tellement augmenté, on ne s’en sortirait pas autrement Â», se justifie Ömer. Mais c’est un puits sans fond : une terre qui ne se repose pas, c’est un champ qu’on irrigue sans cesse, une nappe phréatique qui s’assèche.

 

Des paysans abandonnés

Le jour est mal choisi pour demander à Fatih Sik son opinion sur le problème. Un camion blanc entre dans sa cour, charge une vache laitière et s’éloigne vers l’abattoir. « Pour qu’une bête me rapporte plus que ce qu’elle me coûte à la nourrir, elle doit produire au moins 27 litres de lait par jour Â», calcule l’agriculteur, qui doit régulièrement se séparer d’une vache. « Avant, ça n’arrivait jamais, c’est comme ça depuis trois ans. Â»

Trois ans que l’inflation mine le pouvoir d’achat des Turcs et les revenus des producteurs. Au printemps, les prix des intrants agricoles (les engrais, les pesticides, les semences, l’essence…) ont bondi en moyenne de 36% sur un an. Face à cette crise économique, qui est d’abord le résultat des politiques du président Recep Tayyip Erdogan, beaucoup de fermiers comme Fatih se sentent abandonnés. « Au lieu de nous aider, on nous enfonce ! Le prix de la viande augmente ? Le gouvernement encourage les importations pour faire baisser les prix. Le lait augmente ? On importe du lait en poudre de je ne sais quel pays ! Être agriculteur en Turquie, c’est travailler en ayant faim. Â»

 
«Je me vois enseveli»

Alors, qu’on ne lui demande pas de lever le pied sur les cultures qui drainent l’eau jusqu’à plus soif ! Entre l’inflation qui l’écrase et le sol qui s’écroule, Fatih fait comme il peut. « Le blé, c’est une récolte par an. Si je ne sème que du blé, je gagne ma vie comment, interroge-t-il. Il me faut assez d’argent pour nourrir ma famille et payer mon employé. Quand je cultive des betteraves, j’en tire des revenus en hiver ou au printemps. Je dois aussi récolter du maïs pour nourrir mes bêtes. Sans ça, je suis fini. Â»

Les obruk n’empêchent pas de labourer les champs. Les tracteurs tournent autour, à quelques mètres de l’abîme. Bekir Küçük, 23 ans, travaille sur une exploitation de plus de 200 hectares où le sol a « lâché Â» quatre fois en trois ans. Mais ce ne sont pas les gouffres existants qui lui font le plus peur. Personne n’y est jamais tombé, ni aucun animal d’ailleurs, pour autant qu’il sache. « Ce qui m’effraie, c’est cette sensation que j’ai parfois de rouler sur du vide. Je ne sais pas comment le décrire, mais ça me donne le vertige. Je me vois enseveli. Â» Pourtant, Bekir ne s’arrête pas. « C’est mon travail, je n’ai rien d’autre, je ne sais rien faire d’autre. Â»

Dans le champ de Fatih Sik, il reste quelques betteraves qu’il n’a pas récoltées autour des deux obruk, ainsi que des barbelés que la mairie a installés, avec un petit panneau « Danger Â».

Procédures kafkaïennes

Ça le fait un peu sourire, d’un sourire d’énervement. Fatih a fait venir un géophysicien pour savoir « ce qu’il en est Â», faire des relevés et découvrir qu’un trou va s’ouvrir sous l’étable. Quand ? On n’en sait rien. Avec ses documents, il est allé à la mairie, à la sous-préfecture où il s’est accroché avec un responsable qui lui a demandé si « les betteraves venaient du sucre ou le sucre des betteraves Â».

Un mois et demi plus tard, la police débarquait chez lui. Un officier lui a tendu un ordre d’expulsion. « Partir pour aller où ? Est-ce que l’État m’a attribué un terrain, une ferme, un endroit pour garder mes vaches ? Rien Â», s’indigne Fatih. Il dit avoir été forcé à signer le papier, avant de l’oublier aussi vite. « Vous savez pourquoi on m’a obligé à signer ? Pas pour me faire partir, mais pour se décharger de toute responsabilité s’il m’arrive quelque chose ! Â» Est-ce la colère, la fatigue ou la chaleur du poêle dans la petite maison ? Le fermier a les yeux fiévreux en pensant à ceux qui l’accusent, lui et tous les cultivateurs, d’être responsables du problème. « Et la pluie qui ne tombe pas, c’est nous aussi Â», lâche-t-il. Fatih a surtout le sentiment d’en être la première victime. C’est sa terre qui s’effondre, sa ferme qui pourrait disparaître, son gagne-pain qui s’évapore sur ce sol de plus en plus sec.

Trouver d’autres revenus

« Les obruk continueront de se former Â», prévient l’expert Alper Dülger, qui estime néanmoins possible de ralentir le phénomène. « Comme cela impliquerait une baisse importante des revenus des agriculteurs de la région, des sacrifices doivent être consentis par tous, y compris par l’État. Plutôt que de se contenter d’appels à consommer moins d’eau, il faudrait développer des sources alternatives de revenus. Â» Avec le temps, observe le chercheur, les obruk pourraient nuire aux investissements industriels ou énergétiques dans la région. Surtout, ils pourraient blesser ou tuer. « Mais comme il n’y a encore rien de tout ça, cela n’est peut-être pas vraiment considéré comme un problème Â», constate-t-il.

À travers les champs, de semis en moisson, la crainte ou la résignation vire parfois au déni. Et l’on voit, çà et là, des obruk se remplir de terre, de gravats, de béton. Comme un plâtre sur les blessures du sous-sol de Karapinar.

 

â—Š

 

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