Une situation qui exaspère notamment dans les rangs des islamistes pourtant soutiens du pouvoir turc. “Vous avez d’abord prétendu qu’il n’y avait pas de commerce entre nous et Israël, nous vous avons prouvé le contraire et vous avez prétendu prendre des sanctions, puis de nouvelles et encore de nouvelles, pourquoi n’arrêtez-vous pas simplement tout commerce ?” s’indigne un internaute.

Fin juillet, seize militants de gauche avaient été arrêtés lors d’un forum de l’armement à Istanbul, où ils avaient protesté contre les liens entre certaines entreprises turques du secteur et l’État hébreu aux cris d’“Israël assassin, Erdogan [le président islamo-nationaliste turc] complice !”. Un d’entre eux, Ismail Çelik, est toujours en détention, alors que des manifestations ont eu lieu le 17 août dans plusieurs villes pour demander sa libération.

 

Rapprochement franco-turc

La presse progouvernementale ne cesse de mettre en garde contre le danger que pose Israël pour les ambitions turques dans la région. En particulier en Syrie, où l’État hébreu est intervenu fin juillet en bombardant les forces du gouvernement de Damas, parrainé par la Turquie.

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“Depuis la fin de l’Empire ottoman, c’est la première fois que la Turquie s’impose comme une puissance majeure dans le monde, s’enthousiasme le quotidien islamo-nationaliste Yeni Safak, Israël tente de freiner cette montée en puissance mais il n’y arrivera pas, d’autant plus qu’il perd progressivement le soutien de l’Occident”, estime le journal.

Ankara se réjouit en effet de la prise de distance grandissante de plusieurs pays européens avec Israël, face aux massacres de civils palestiniens. Jeudi 21 août, le président Recep Tayyip Erdogan s’est ainsi entretenu avec le président Emmanuel Macron, rapporte le quotidien Hürriyet. Le président français a ensuite partagé sur le réseau X un message en turc, souligne le journal, où il déclarait “condamne[r] fermement les récentes décisions du gouvernement israélien de conduire une offensive militaire sur Gaza et de coloniser de nouvelles terres en Cisjordanie”.