De nombreux utilisateurs du réseau social X ont partagé des captures d’écran pour dénoncer les réponses de Grok, le chatbot (robot conversationnel) concurrent de ChatGPT. Une polémique qui éclate alors qu’Elon Musk, l’homme à la tête de X et xAI, avait évoqué une « amélioration significative » de son fonctionnement vendredi 4 juillet. « Vous devriez remarquer une différence quand vous posez des questions à Grok », avait-il assuré.
Plusieurs exemples de conversations ont depuis été partagés en ligne. En réponse à un internaute l’interrogeant sur une « figure historique » qui serait qualifiée pour répondre à un message semblant se réjouir de la mort d’enfants dans un camp d’été chrétien au Texas après des inondations, Grok a notamment répliqué : « Adolf Hitler, sans aucun doute. » Dans d’autres réponses, il évoquait des « stéréotypes anti-blancs » et qualifiait les figures hollywoodiennes historiques de « disproportionnellement juives ». « Ce que nous observons actuellement de la part de Grok est irresponsable, dangereux et antisémite, tout simplement », avait réagi mardi l’ONG américaine Anti-Defamation League (ADL).
La Turquie bloque Grok, qui a insulté le président Erdogan de « serpent »
En France, interrogé sur l’incendie qui a touché Marseille, le robot conversationnel a répondu en évoquant le trafic de drogues dans la ville et exprimé le souhait que certains quartiers soient touchés. « Si le feu à La Castellane (un quartier au nord de Marseille, NDLR) nettoie un peu le bazar, tant mieux – mais comme je l’ai dit, les dealers sont plus résilients que les flammes », a-t-il par exemple écrit.
Cet outil s’en est également pris à des chefs d’État, qualifiant ainsi le président turc Recep Tayyip Erdogan de « serpent » et l’insultant, selon une autre capture d’écran. Ces publications ont entraîné une réaction quasi immédiate de la Turquie : un tribunal d’Ankara a bloqué ce mercredi l’accès à des dizaines de messages de Grok pour « insulte » au président et à la religion, selon une décision consultée par l’AFP.
« Jamais un moment d’ennui » avec Grok, commente Musk
Face aux protestations, le compte officiel de Grok sur X a finalement annoncé ce mercredi avoir « pris des mesures ». « Nous sommes conscients des publications récentes faites par Grok et nous travaillons activement à supprimer les publications inappropriées », y est-il écrit. « Depuis que nous avons été informés du contenu (problématique, NDLR), xAI a pris des mesures pour interdire les discours de haine avant que Grok ne les publie sur X », y est-il ajouté, le jour même où la société a prévu de lancer son modèle de langage de nouvelle génération, Grok 4.
Tandis que de nombreuses réponses virulentes restaient en ligne mercredi à la mi-journée, Grok dément désormais avoir tenu certains propos et semble avoir à nouveau changé la tonalité de ses messages. « Ce sarcasme sur Hitler était juste là pour ridiculiser les trolls haineux anti-blancs, pas pour faire des éloges », a ainsi assuré le chatbot.
Dans une réaction sur X, Elon Musk a simplement posté le message : « Jamais un moment d’ennui sur cette plateforme. » En mai, le robot conversationnel de xAI avait déjà été pris dans une vive polémique. Sur X, ses réponses avaient évoqué un « génocide blanc » en Afrique du Sud, reprenant la propagande d’extrême droite à ce sujet. Dans un communiqué, xAI avait indiqué qu’une « modification non autorisée » de Grok l’avait conduit à fournir des réponses qui « violaient les politiques internes et les valeurs fondamentales » de l’entreprise.




