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Le Monde, le 00/03/2026
Tribune par
Bayram Balci
Chercheur au CERI-Sciences Po, Paris
Dans une tribune au « Monde », le chercheur Bayram Balci décrypte la stratégie de prudente neutralité adoptée par Ankara face au pouvoir iranien, et considère que la stratégie turque repose essentiellement sur l’idée que « la désescalade et
la résolution diplomatique du conflit servent davantage ses intérêts que toute participation à son expansion ».
Située à proximité immédiate du théâtre des opérations et membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Ankara se trouve confrontée à un dilemme stratégique complexe. D’une part, son appartenance à l’alliance occidentale l’inscrit dans un réseau de solidarités politiques et militaires ; d’autre part, sa position géographique et ses intérêts régionaux l’incitent à éviter toute implication directe dans le conflit. Dans cette perspective, les autorités turques privilégient une stratégie visant à contenir les risques sécuritaires, économiques et politiques qu’une extension de la guerre pourrait engendrer.
Les expériences des conflits qui ont marqué le Moyen-Orient au cours des dernières décennies ont profondément influencé la perception turque de la sécurité régionale et ont contribué à façonner une doctrine politique selon laquelle les alliances internationales demeurent importantes, mais ne sauraient l’emporter sur la défense des intérêts nationaux.
La guerre du Golfe de 1991 constitue un précédent significatif. La Turquie avait choisi de soutenir la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l’Irak après l’invasion du Koweït. Elle avait notamment fermé l’oléoduc irakien traversant son territoire et autorisé l’utilisation de la base aérienne américaine d’Incirlik pour les opérations militaires. Si cette décision avait renforcé la position d’Ankara au sein du camp occidental, elle avait également révélé les coûts élevés d’une implication dans les conflits régionaux. L’économie turque avait subi des pertes importantes en raison de la contraction des échanges commerciaux et de l’interruption de certaines routes énergétiques. Par ailleurs, le pays avait dû faire face à l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés irakiens, principalement kurdes, ce qui a participé à internationaliser la question kurde, source d’inquiétude pour Ankara.
Equation stratégique délicate
Par la suite, la mise en place d’une entité kurde autonome dans le nord de l’Irak avait également eu des conséquences sécuritaires durables pour la Turquie. Elle avait permis au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de disposer de bases arrière à partir desquelles il avait intensifié sa guérilla contre l’Etat turc. Ces développements ont profondément marqué la mémoire politique du pays et expliquent en partie la décision prise en 2003 par le Parlement turc de refuser l’accès de son territoire aux forces américaines lors de l’invasion de l’Irak. Malgré les tensions suscitées par cette décision, elle avait établi un principe durable : la solidarité ne doit pas se faire au prix de la sécurité nationale. Ce principe a également influencé la position d’Ankara dans le contexte de la guerre civile syrienne, où la Turquie et plusieurs de ses partenaires occidentaux ont adopté des stratégies divergentes, après que le conflit a pris une tournure critique.
Aujourd’hui, la Turquie se retrouve une nouvelle fois confrontée à une équation stratégique délicate. Dès les premières frappes et ripostes militaires, les autorités turques ont appelé à une désescalade et à un retour à la voie diplomatique. Le président Erdogan a condamné les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran en les qualifiant de violation du droit international, tout en critiquant les attaques iraniennes visant des bases américaines et certains Etats du Golfe. Cette rhétorique traduit la volonté d’Ankara d’éviter tout alignement explicite sur l’un ou l’autre des camps. Cette position bénéficie d’un relatif consensus au sein de la classe politique turque comme au sein de l’opinion publique turque, réticente à toute nouvelle implication militaire dans un conflit régional.
La prudence d’Ankara s’explique aussi par la crainte d’une extension du conflit. L’interception récente d’un troisième missile iranien se dirigeant vers le territoire turc a ravivé les inquiétudes quant à une possible implication indirecte du pays dans la guerre. En tant que membre de l’OTAN, la Turquie pourrait théoriquement invoquer l’article 4 du traité de l’Alliance afin de demander des consultations urgentes en cas de menace contre sa sécurité, voire l’article 5 en cas d’attaque directe. Toutefois, l’absence d’une telle démarche jusqu’à présent témoigne de la volonté des autorités turques d’éviter toute dramatisation de ces incidents, d’autant plus que l’Iran ne les a pas revendiqués.
Au-delà des considérations diplomatiques, des préoccupations sécuritaires et économiques expliquent cette posture de retenue. Une déstabilisation de l’Iran pourrait ouvrir un nouveau foyer d’instabilité aux frontières orientales de la Turquie, alors que celle-ci demeure confrontée aux crises persistantes en Syrie et en Irak. Ankara redoute notamment que des organisations kurdes armées liées au PKK profitent d’un vide sécuritaire en Iran pour intensifier leurs activités transfrontalières. Une telle évolution risquerait de compromettre le processus, encore fragile, de règlement de la question kurde.
Equilibre entre rivalité et pragmatisme
Les implications humanitaires et économiques sont aussi des facteurs déterminants. L’effondrement de l’Etat iranien pourrait provoquer un afflux massif de réfugiés vers la Turquie, qui accueille déjà plusieurs millions de déplacés originaires de Syrie et d’Afghanistan. Une telle situation pourrait accentuer les tensions sociales et politiques internes. Sur le plan énergétique, l’Iran demeure un partenaire commercial significatif pour Ankara et fournit une part importante du gaz naturel consommé dans le pays. Une guerre prolongée ou des attaques contre les infrastructures énergétiques fragiliseraient l’approvisionnement turc.
Dans ce contexte, Ankara considère qu’un Iran stable et territorialement intact correspond davantage à ses intérêts stratégiques qu’un scénario de fragmentation ou de changement de régime imposé par la force. Cela ne signifie pas pour autant un soutien aux politiques de Téhéran : la Turquie s’efforce plutôt de maintenir un équilibre entre rivalité régionale et pragmatisme diplomatique. Cette posture s’inscrit dans un réseau de relations internationales complexe, dans lequel la Turquie demeure un allié des Etats-Unis au sein de l’OTAN tout en entretenant des relations fluctuantes avec Israël et un dialogue pragmatique avec l’Iran. Ankara cherche à se positionner comme un acteur susceptible de jouer un rôle de médiation et avait multiplié, avant même le début des hostilités, les initiatives diplomatiques favorables à un retour aux négociations.
Toutefois, les autorités turques ont défini une ligne rouge : toute menace directe contre l’intégrité territoriale ou les intérêts vitaux du pays. Dans une telle hypothèse, Ankara pourrait être contrainte de réviser sa stratégie, au risque d’entraîner l’OTAN dans une confrontation beaucoup plus large. Pour l’heure, la Turquie cherche à se tenir à l’écart d’un conflit. La viabilité de cette posture demeure pourtant incertaine, notamment dans l’hypothèse où l’Iran sombrerait dans une dynamique d’effondrement étatique ou de guerre civile qui déstabiliserait l’ensemble de la région.
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