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Le Point, le 22/06/2023
INTERVIEW. Écarté par la NBA en raison de ses positions sur les droits humains, le basketteur turc est devenu activiste à plein temps.
Propos recueillis par Guillaume Perrier

Le basketteur turc naturalisé américain Enes Kanter Freedom (ici en avril 2022, devant le siège des Nations unies à Genève). © FABRICE COFFRINI / AFP
En début de semaine, Enes Kanter Freedom manifestait à Strasbourg. La star déchue du basket turc est venue participer à un rassemblement devant le siège de la Cour européenne des droits de l’Homme afin de réclamer une plus grande attention contre les violations des droits en Turquie. Un millier d’exilés turcs, membres, comme lui, de la confrérie de Fethullah Gülen, ont manifesté pour dénoncer les purges et la traque des « Gülénistes » par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.
Âgé de 31 ans, Enes Kanter, qui mesure 2,08 m, a dû mettre sa carrière de sportif entre parenthèses après avoir été mis au ban de la NBA, le championnat américain de basket-ball, en raison de ses positions politiques. En effet, en parallèle de ses exploits sur les parquets, l’ex-prodige national a toujours utilisé sa surface médiatique pour promouvoir le mouvement de Fethullah Gülen, un imam turc exilé aux États-Unis depuis 1999, allié de Recep Tayyip Erdogan jusqu’en 2012 avant d’en devenir le pire ennemi et d’être accusé de former « une organisation terroriste ». Après le coup d’État manqué de 2016, Kanter a été radié de l’équipe nationale turque et son passeport turc annulé. Le basketteur a obtenu la nationalité américaine en 2021 et il a changé son nom, devenant officiellement Enes Kanter Freedom.
En janvier 2023, le ministère turc de l’Intérieur l’a placé sur une liste de « terroristes » dangereux activement recherchés. Mais depuis 2021, c’est surtout en raison de ses attaques contre le régime chinois qu’Enes Kanter est mis sur la touche. Alors qu’il menait campagne pour dénoncer le « génocide » des Ouïghours turcophones dans la province chinoise du Xinjiang, Pékin a multiplié les pressions financières contre la NBA. Son contrat n’a pas été renouvelé. Il se consacre désormais à plein temps à la défense des droits humains.
Le Point : Vos attaques contre les régimes turc et chinois vous ont valu d’être écarté de la NBA. Que faites-vous maintenant ?
Enes Kanter Freedom : En ce moment, je fais le tour du monde, je rencontre des dirigeants, je prends la parole devant les parlements. J’ai des conversations avec des sénateurs et des membres du Congrès pour parler des droits de l’homme. L’une des choses que j’essaie de faire est donc de donner de l’écho à toutes les violations des droits humains. Nous voulons savoir ce qu’ils font réellement pour protéger les prisonniers politiques en Turquie contre des violations des droits de l’homme. Et je voulais venir participer à cette manifestation à Strasbourg. Cette initiative donne tellement d’espoir aux familles et à tous les prisonniers en Turquie. J’ai voulu participer à cette belle manifestation pacifique. Je précise toujours que c’est pacifique parce que je sais que le gouvernement turc va faire sa propagande autour de cet événement.
J’essaie d’être la voix de tous ces innocents qui n’ont pas voix au chapitre
Quel type d’impact espérez-vous avoir sur la Turquie ?
Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire pression sur le régime d’Erdogan afin qu’il libère les prisonniers politiques et qu’il se soucie des droits de l’homme et de la démocratie, car la Turquie joue un rôle très important au Moyen-Orient et en Europe, et elle pourrait être le pont entre l’islam et l’Occident. Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour rétablir la démocratie. Il y a tellement de personnes qui souffrent en Turquie : les Kurdes, les Alévis, tous les groupes se plaignent du régime d’Erdogan. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour les aider. J’essaie d’être la voix de tous ces innocents qui n’ont pas voix au chapitre, et nous recevons beaucoup de soutien. C’est ce que les sénateurs et les membres du Congrès à Washington me demandent de faire.
Pourquoi était-ce si important de changer de nom et de devenir Enes Kanter Freedom ?
C’était très important, car évidemment ce mot « Freedom » [liberté, NDLR] est capital. Je pense qu’après l’air, l’eau et la nourriture, la liberté est la chose la plus importante pour les êtres humains. Je voulais que cela devienne une partie de moi-même. Et surtout, lorsque vous jouez au basket, vous êtes suivi par des millions de personnes [sur les réseaux sociaux, NDLR]. Vous avez donc une occasion incroyable d’influencer des millions d’enfants. Donc, oui, ça a été incroyable. Tu sais, maintenant, les gens me voient dans la rue et crient « liberté » !
Vous vouliez effacer votre identité turque ?
Non, Kanter est juste devenu comme mon deuxième prénom parce que je ne voulais pas manquer de respect à ma famille. J’ai toujours mes origines turques. Je veux mettre les choses au clair, parce que parfois, quand je parle de la Turquie, que je la critique, les gens interprètent mal mes propos. Si je parle tant de la Turquie, c’est parce que j’aime mon pays. Je n’ai aucun problème avec mon drapeau. Le problème vient du régime actuel, mais une fois que le régime aura changé, vous savez, c’est notre pays. J’aimerais vraiment y retourner un jour. Ma famille y vit toujours.
Quelle est la situation de votre famille ?
Il y a dix ans maintenant que je ne les ai pas vus. Mon père a été mis en prison, puis il en est sorti. Mes parents sont bloqués en Turquie et, malheureusement, il n’y a aucune issue pour eux car le gouvernement les retient pratiquement en otages. Mais il y a tellement de situations familiales pires que la mienne… À l’heure actuelle, des milliers de familles sont séparées. Mes parents sont toujours en vie, ils n’ont pas été kidnappés. Je suis reconnaissant qu’ils n’aient pas été torturés dans les prisons.
Vous êtes toujours un « terroriste » aux yeux de la Turquie ?
La seule chose que je terrorise, c’est le panier de basket. Ça fait rire les gens quand je dis ça, mais c’est vrai. C’est tellement comique quand le gouvernement turc publie une déclaration contre moi : j’entre dans un vestiaire et mes coéquipiers rient parce qu’ils disent : « Nous savons quel genre de personne tu es. » Moi, je parle des violations des droits de l’homme et des prisonniers politiques en Turquie, c’est cela qui a amené le gouvernement turc à me qualifier de terroriste. Alors, quel genre de terroriste suis-je ?
Les propriétaires d’équipes savent que s’ils me recrutent, leurs matchs ne seront plus diffusés
Le mouvement Gülen est tout de même accusé d’avoir tenté un coup d’État ?
Alors, laissez-moi vous expliquer. Lorsque le coup d’État s’est produit, c’était le 15 juillet 2016. Ce soir-là , j’étais avec monsieur Gülen, nous étions assis dans la même pièce. Je me souviens qu’un de ses fidèles est venu lui annoncer la nouvelle : « Monsieur, une tentative de coup d’État est en cours en Turquie. J’étais à côté de lui et j’ai vu son visage, il était très choqué. La première chose qu’il a faite a été de demander immédiatement à tous ses partisans, à tous les étudiants, de se réunir et de prier pour son pays, parce que ce jour-là , plus de 250 personnes innocentes sont mortes dans les rues. Mais deux heures plus tard, le président Erdogan est apparu et a blâmé M. Gülen et ses partisans pour la tentative de coup d’État.
Dès le lendemain, je suis allé à Washington. J’ai commencé aussitôt à organiser des réunions avec des sénateurs, des membres du Congrès et même des responsables à la Maison-Blanche. Ils m’ont dit : « Nous allons enquêter parce que le gouvernement turc va nous demander de vous extrader vers la Turquie, vous et M. Gülen. Et si nous trouvons des preuves, nous vous expulserons. » Je leur ai dit que j’avais confiance et que s’ils trouvaient quelque chose, j’achèterais mon propre billet. Il y a deux mois, j’ai eu une conversation avec quelqu’un à la Maison-Blanche. Ils ont déclaré qu’au cours des sept dernières années, le gouvernement turc n’avait fourni aucune preuve. Ils n’ont pas pu trouver une seule preuve. Mais les Turcs y croient malheureusement, parce qu’Erdogan contrôle les médias en Turquie et qu’ils sont donc quasiment soumis à un lavage de cerveau.
Expliquez-nous pour quelles raisons vous avez finalement arrêté de jouer au basket.
Je n’abandonne pas à cause de la Turquie, mais à cause de la Chine. La raison est que la NBA et la Chine font de juteuses affaires, et ces activités rapportent des milliards de dollars. Les audiences de la NBA en Chine sont plus importantes qu’aux États-Unis. Lorsqu’une personne comme moi dénonce les violations des droits humains en Chine, la Chine passe un coup de fil à la NBA pour lui dire de ne plus me faire jouer ces matchs. Je parlais beaucoup des discriminations vécues par les Ouïghours en Chine, à l’époque où je jouais pour les Celtics de Boston. La Chine a donc annulé tous les matchs des Boston Celtics à la télévision, ce qui a coûté des millions de dollars à la NBA. Les propriétaires d’équipes savent que s’ils me recrutent, leurs matchs ne seront plus diffusés, leurs maillots ne se vendront plus. Les ventes en Chine génèrent de gros profits. C’est pourquoi je ne joue plus au basket.
Pourriez-vous un jour jouer en Europe ?
J’aimerais jouer au basket en Europe parce que j’ai 31 ans, je suis en bonne santé, je suis en pleine forme. Mais le gouvernement turc a mis ma tête à prix. Du coup, le gouvernement américain ne voulait pas que je vienne ici pour jouer au basket. Ils pensaient que ce serait trop dangereux et qu’ils ne seraient pas en mesure de me protéger. Aux États-Unis, je suis en contact permanent avec le FBI et ils veillent toujours à ma sécurité. Mais en dehors, je n’ai pas vraiment le droit de rester dans un pays plus de quatre jours. Donc je ne pense pas que cela arrive.
Ce n’est pas triste de finir une carrière professionnelle de cette manière ?
Bien sûr, j’aime toujours le jeu. Mais vous savez quoi ? La NBA existe depuis soixante-seize ans, et chaque année, environ 450 à 500 joueurs jouent dans le championnat. Mais aucun d’entre eux n’est nommé pour le prix Nobel de la Paix, à part moi. Tout cela m’a ouvert tellement de portes !
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