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Le Monde, le 10/04/2017
Par Marie Jégo (Konya (Turquie), envoyée spéciale)
Dans leur fief de Konya, les islamoconservateurs plaident en faveur du oui à la réforme constitutionnelle, soumise au vote le 16 avril.

Installée avec une dizaine d’autres jeunes sous une tente ornée d’affiches dans une rue de Konya, fief islamo-conservateur au cœur de l’Anatolie, Kubra Gokçe milite pour la victoire du oui au référendum du 16 avril sur l’élargissement des pouvoirs du président, Recep Tayyip Erdogan. « Nous aurons un régime authentique, un système à une seule personne qui évitera les mésententes », se réjouit l’étudiante en troisième année d’économie, son visage aux traits fins entouré d’un foulard noir.
Chez Erdogan, tout lui plaît : « Son allure, sa parole, sa proximité avec le peuple, son adresse juste et dure envers le monde extérieur. » Avant tout, elle lui sait gré d’avoir fait lever, en 2013, l’interdiction du port du foulard à l’université. « Sans lui, j’aurais dû dire adieu aux études supérieures, car les filles habillées comme moi étaient bannies des institutions publiques. »
Ömer Yücel, qui dirige depuis quatre ans l’organisation de jeunesse du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir) pour la ville de Konya, juge nécessaire d’apporter une précision : « Nous ne sommes pas des militants. Pour nous, militants est un terme réservé aux terroristes. Nous sommes des disciples, nous avons donné notre cœur. »
Lui et ceux qui l’entourent ne tarissent pas d’éloges sur le « reis », le chef. « On l’aime. Il nous représente si bien. Et puis, il a du courage, il n’hésite pas à dire leurs quatre vérités aux dirigeants parmi les plus puissants. » Le chef de l’Etat, plaident-ils, a bien raison de s’en prendre à l’Union européenne, avec laquelle les relations se sont crispées depuis l’interdiction des meetings de campagne en faveur du oui de Cologne à Rotterdam.
Ils sont la « génération Erdogan ». Agés de 18 à 27 ans, ils avaient huit ou douze ans quand l’AKP a remporté les législatives de 2002, avec 34 % des voix. Ils ont goûté de près au miracle économique turc, quand le produit intérieur brut par habitant a été multiplié par trois sous la houlette du « grand homme », premier ministre de 2003 à 2014 puis élu président en août 2014. Son nom est, pour eux, gage de prospérité et de liberté religieuse. L’AKP « est devenu une marque », assure Ömer, certain que le oui triomphera à Konya lors du référendum. Conservatrice et commerçante, pieuse et prospère, la ville a toujours donné ses voix aux islamo-conservateurs. Aux dernières législatives, le 1er novembre 2015, 73 % des électeurs ont voté pour eux.
Avec ses quatre universités, sa zone industrielle géante, ses monuments de l’époque seldjoukide (XIe-XIIe siècles), son tramway aux wagons flambant neufs, son train rapide qui la relie en quatre heures à Istanbul, Konya, un million d’habitants, est le reflet de cette prospérité. « Ici, on produit les trois “blancs” – sucre, sel, farine – détestés par les diététiciens, mais aussi de l’électronique, des machines outils, des emballages, et chaque année nous apporte davantage de croissance », assure Selçuk Öztürk, le président de la chambre de commerce et d’industrie. Celle-ci possède sa propre université, un bâtiment moderne et entièrement vitré, situé à la sortie de la ville.
« Entre le putsch raté, la situation géopolitique instable en Irak et en Syrie, le ralentissement de l’économie globalisée, la Turquie connaît des heures difficiles. Heureusement que Recep Tayyip Erdogan est là pour réparer les dégâts », assure M. Öztürk. En revanche, il n’a pas de mots assez durs pour ces Européens « méprisants, arrogants, hypocrites » qui mettent des bâtons dans les roues pour la délivrance de visas aux entrepreneurs et aux hommes d’affaires turcs.
« Dans le cadre de ma fonction, je suis appelé à voyager souvent en Europe. A chaque fois que je m’y rends, j’ai droit à leurs sempiternelles questions : suis-je bien en possession d’un billet de retour ? Ai-je assez d’argent sur mon compte ? C’est humiliant et contre-productif », regrette-t-il. Pour lui, l’adhésion de son pays à l’Union européenne n’est pas possible – « notre vie sociale et culturelle est incompatible » –, mais il met en avant « la nécessité d’entretenir de bonnes relations » avec le Vieux Continent.
La confrontation permanente du président turc contre l’Europe – cet « homme malade », a-t-il martelé lors d’un meeting de campagne à Istanbul, samedi 8 avril – a le mérite de faire oublier aux électeurs le délitement de l’économie turque : l’inflation a atteint deux chiffres et le chômage s’accroît (10,9 % en moyenne annuelle pour 2016), surtout chez les 15-24 ans (20 %) tandis que les revenus du tourisme s’étiolent.
Berceau du soufisme, doctrine mystique de l’islam, Konya est la ville du mausolée du poète Celaleddin Rumi (1207-1273), dont la coupole de faïence turquoise resplendit de loin. Les visiteurs s’y pressent, venus d’Iran, d’Irak et de tous les coins de Turquie pour visiter le tombeau du fondateur de l’ordre des derviches tourneurs.
« Il y a deux ans, d’avril à septembre, nous recevions quotidiennement cinq bus d’Allemands. Aujourd’hui, plus rien », se désespère Serpil, 26 ans, employée dans le secteur du tourisme. « Je ne compte plus les personnes qui, autour de moi, ont perdu leur emploi. Voilà pourquoi ce référendum est mal venu. Notre priorité n’est pas de donner plus de pouvoirs au président, mais de résoudre nos vrais problèmes », assure la jeune femme, inquiète de la « polarisation croissante de la société entre partisans de l’islam politique et tenants de la laïcité ».
Dans la vieille ville, les commerçants font bonne mine – « il nous reste les touristes iraniens et les nôtres », dit un vendeur de souvenirs –, mais n’en pensent pas moins. « Ce référendum est un pur caprice du chef », déplore l’un d’eux, Osman, encore indécis de son choix pour le 16 avril. « Erdogan va trop loin quand il invective les dirigeants européens et cela me déplaît, mais je me dis aussi qu’il est le seul capable de faire avancer le pays. »
Yasar, le barbier, venu siroter un verre de thé dans l’échoppe d’Osman, confie « ne pas aimer Tayyip » bien qu’il lui reconnaisse une qualité : « Le gars travaille d’arrache-pied. » Lui donnera-t-il son vote dimanche ? Il hésite. Comme lui, 20 % de l’électorat n’est pas encore décidé. Selon les analystes, cette indécision masquerait plutôt l’intention de voter non à l’extension des pouvoirs de Recep Tayyip Erdogan. Jusqu’ici, le oui et le non sont au coude-à-coude dans les sondages. Dimanche 9 avril, l’institut de sondages Konda prédisait une victoire du non à 51 ou 52 %.
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