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Le Monde, le 15/12/2022
Par Nicolas Bourcier (Istanbul, correspondant)
Ekrem Imamoglu a été condamné, mercredi, à deux ans et sept mois de prison et inéligibilité pour « insulte » envers les membres du Haut Conseil électoral. Il a annoncé qu’il allait faire appel.
En Turquie l’histoire se répète, et ce n’est pas un hasard. Mercredi 14 décembre, un juge a condamné le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, figure charismatique de l’opposition et rival potentiel du président Recep Tayyip Erdogan, à deux ans et sept mois de prison et à l’inéligibilité à effet immédiat pour « insulte » envers des hauts fonctionnaires de l’Etat.
Un verdict brutal et sans nuances de la part des autorités qui, à moins de six mois d’élections cruciales, fait l’effet d’un tremblement de terre politique. Ses répliques et ses conséquences sont incalculables tant pour le pouvoir en place que pour les partis de l’opposition en quête d’un candidat unique.
Dès l’annonce du verdict, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées quasi spontanément dans le froid, sur le grand parvis de la mairie d’Istanbul, aux cris de « Her sey çok güzel olacak ! » (« tout ira très bien »), le slogan de campagne d’Ekrem Imamoglu lors des élections municipales de 2019, devenu le cri de ralliement d’une opposition laminée qui, jusque-là, semblait avoir perdu tout espoir.
Surtout, ce rassemblement a permis de rappeler publiquement, par la voix impétueuse de Meral Aksener – l’égérie de la droite nationaliste qui dit d’elle-même « être la seule capable de faire peur à Erdogan » –, que le chef de l’Etat avait lui aussi été condamné « injustement », en 1998, à une peine de prison pour des propos qu’il avait tenus en tant que maire d’Istanbul avant d’accéder aux plus hautes marches du pouvoir. Une façon de mettre en garde sur un éventuel et nouveau « effet boomerang ».
Course contre la montre
De son côté, Ekrem Imamoglu a lancé devant la foule que ce procès « résumait la situation de la Turquie » : « Cela a commencé le jour où ils ont essayé de nous priver de notre victoire aux élections municipales d’Istanbul [acquise en mars 2019, annulée en mai mais confirmée en juin par un nouveau scrutin], mais ils ne réussiront pas », a-t-il martelé, avec son ton habituel, calme et serein.
Lui a d’ores et déjà annoncé qu’il allait faire appel de sa condamnation. L’appel sera suspensif, a précisé un de ses avocats, ce qui signifie qu’il conservera son mandat pendant l’examen de son recours, qui pourrait prendre plusieurs mois.
La course contre la montre est donc engagée, entre une justice accusée par les défenseurs des droits de l’homme et organisations internationales d’être un instrument politique aux mains du président Erdogan et l’édile de 52 ans, donné vainqueur par tous les sondages en cas de duel entre les deux hommes.
Membre du Parti républicain du peuple (CHP, gauche nationaliste), Ekrem Imamoglu s’était retrouvé dans le viseur du régime d’Ankara après avoir infligé le 31 mars 2019 sa plus humiliante défaite à la formation de M. Erdogan en remportant la mairie d’Istanbul, qui était dirigée depuis vingt-cinq ans par le Parti de la justice et du développement (AKP).
Son élection a d’abord été annulée par le pouvoir, contraint de s’incliner trois mois plus tard face à la mobilisation de l’électorat qui a offert une plus large victoire à cet opposant encore inconnu du grand public quelques mois auparavant.
Le 30 octobre 2019, il est invité à Strasbourg, au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe. Il y évoque les ressources publiques « utilisées par le pouvoir en place de façon démesurée pendant la campagne électorale » et souligne des manipulations exercées par l’Etat, qui a demandé au Haut Conseil électoral (YSK) d’annuler les élections.
Cinq jours plus tard, le ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu, s’en prend directement au maire d’Istanbul : « Je parle à l’idiot qui va en Europe pour se plaindre de la Turquie. Le peuple te le fera payer. » Le soir même, interrogé par des journalistes au sujet de la sortie du ministre, Ekrem Imamoglu rétorque : « Je n’ai pas envie de m’étendre là-dessus, mais je veux dire une chose : les idiots, aux yeux de l’Europe et du monde, ce sont ceux qui ont annulé les élections du 31 mars. »
« C’est tragi-comique »
C’est cette phrase qui lui vaudra d’être poursuivi et aujourd’hui condamné. Un procureur ayant estimé que « les idiots »d’Ekrem Imamoglu s’adressaient non pas au ministre Soylu mais au YSK, ce qui serait alors une « insulte » envers des hauts fonctionnaires, un crime passible de un à quatre ans de prison. La procédure s’est tenue sans qu’aucune plainte n’ait été déposée par un membre du Haut Conseil électoral.
Tout en professant sa « confiance en la justice turque », le maire d’Istanbul n’a eu de cesse de répéter devant le tribunal qu’il ne faisait « que répondre, en lui renvoyant ses propres termes », au ministre de l’intérieur. Le mois dernier, peu après le troisième report de l’audience, il avait dénoncé une affaire politique : « Il ne peut y avoir un tel jugement. C’est tragi-comique. »
Pour le journaliste Irfan Aktan, l’AKP, en difficulté dans les sondages et confronté une profonde crise financière qui touche l’ensemble du pays, « joue là son dernier atout ». Mais, ajoute-t-il sur Twitter, « c’est à l’opposition, et plus encore à Kemal Kiliçdaroglu, le chef du CHP, de venir perturber ces tentatives ».
En déplacement à Berlin, le chef de file du principal parti d’opposition a immédiatement avancé son retour en Turquie à mercredi soir. Avant de monter dans l’avion, il a dénoncé, dans un message vidéo, « un massacre de la loi » et « une justice pourrie ». Plusieurs réunions devaient avoir lieu jeudi.
A charge pour Kemal Kiliçdaroglu, habile et fin homme politique, qui n’a jamais vraiment caché ses ambitions présidentielles malgré un tassement dans les sondages, de trouver une sortie par le haut tout en établissant un ordre de bataille. Il y a quinze jours, il avait prévenu le gouvernement dans une formule aux airs prémonitoires : « Imamoglu est un gros poisson, il vous restera coincé dans la gorge. »
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