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Le Point, le 10/07/2025
Par Guillaume Perrier
Les arrestations de journalistes et d’élus de l’opposition se multiplient dans une Turquie
plus que jamais écrasée sous la botte d’Erdogan.
A chaque nouvelle vague de répression et d’arrestations, la Turquie s’enfonce un peu plus dans l’arbitraire. Le 5 juillet, trois maires de grandes agglomérations du pays issus de la principale force d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), ont été arrêtés et placés en détention, ainsi qu’une dizaine de leurs proches collaborateurs
Le maire d’Adiyaman (270 000 habitants), Abdurrahman Tutdere, son homologue d’Adana (1,5 million d’habitants), Zeydan Karalar, qui est aussi le vice-président de l’Union des municipalités turques et membre de l’Union mondiale des municipalités, et le maire d’Antalya (2,7 millions), grande cité balnéaire sur la côte méditerranéenne, sont accusés d’appartenir à des organisations criminelles et reliés à des allégations de corruption. Ils sont surtout les dernières cibles d’un appareil judiciaire au service du président turc, Recep Tayyip Erdogan, contre les bastions de l’opposition. Pour casser la dynamique qui était née des dernières élections municipales, en mars 2024.
Quelques jours plus tôt, le 1er juillet, plus de 120 membres de la municipalité d’Izmir, troisième ville du pays et fief social-démocrate, ont été arrêtés, parmi lesquels l’ancien maire, Tunç Soyer, un ancien secrétaire général et un membre de la chambre de commerce locale. Au total 157 mandats d’arrêt ont été délivrés. Depuis le début de l’année 2025, le rythme de ces coups de filet s’est accéléré. En février, 300 élus et personnalités jugées proches de l’opposition ont été accusés d’« appartenance à des organisations terroristes ».
« Nous ne nous inclinerons pas devant l’injustice »
Le maire de la capitale Ankara, Mansur Yavas, l’une des rares figures du CHP à ne pas être encore inquiétée par ces opérations judiciaires, s’est indigné. « Dans un système où la loi change et varie en fonction de la politique, où la justice est appliquée pour certains et ignorée pour d’autres, personne ne devrait s’attendre à ce que nous fassions confiance à l’État de droit ou à ce que nous croyions en la justice. Nous ne nous inclinerons pas devant l’injustice, l’anarchie ou les opérations politiques », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
En mars, la répression judiciaire s’est abattue sur Istanbul et sur son maire Ekrem Imamoglu, arrêté en même temps que plusieurs dizaines de ses collaborateurs, pour « corruption », « extorsion » ou « terrorisme ». Imamoglu avait été largement réélu en mars 2024 à la tête de la première agglomération turque. Sa popularité et son profil pragmatique en faisaient un concurrent sérieux en vue des prochaines échéances nationales. L’ancien fief électoral de Recep Tayyip Erdogan avait été arraché en 2019 au nez et à la barbe du « Reis », malgré les manÅ“uvres électorales pour l’empêcher. Le lendemain de son arrestation, Imamoglu devait être désigné comme le candidat du CHP pour la présidentielle de 2028…
Quatre mois après son arrestation, il croupit toujours dans le centre pénitentiaire de Silivri et le risque est grand de l’y voir rester un long moment. Imamoglu est sous le coup de cinq autres procédures judiciaires, dont deux ouvertes en janvier. En 2023, il avait déjà été empêché de se présenter à la présidentielle, en raison d’une condamnation pour « insulte » à des responsables du haut comité électoral turc.
Lundi 1er juillet, un tribunal d’Ankara a également ouvert une enquête sur des soupçons d’achat de votes lors des primaires au sein du parti, en 2023, ce qui pourrait remettre en question l’élection à son poste d’Özgür Özel, l’actuel chef du CHP.
Couper l’élan des forces d’opposition
Ces manÅ“uvres judiciaires ont pour but de couper l’élan des principales forces d’opposition. Rien de très nouveau dans la Turquie d’Erdogan. Sauf que ces dix dernières années, ce sont surtout les élus du parti prokurde qui en ont été les victimes. Le chef de file de cette gauche kurde, Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016, a été condamné à quarante-deux ans de détention… Après les dernières municipales de 2024, une douzaine de maires élus ont été destitués et privés de mandats, dont neuf issus du DEM, formation prokurde. Entre 2019 et 2024, 143 maires kurdes élus sur 167 avaient été démis de leurs fonctions et remplacés par des administrateurs, au motif d’une trop grande proximité avec les rebelles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan).
La table a tourné. Engagé dans une négociation de paix avec le PKK et son leader Abdullah Öcalan, emprisonné depuis 1999, le pouvoir turc concentre désormais ses attaques sur la gauche laïque, héritière de Mustafa Kemal, le fondateur de la république. Le visage de cette répression judiciaire est le procureur d’Istanbul, Akin Gürlek, celui-là même qui avait inculpé Demirtas… avant d’être nommé vice-ministre de la Justice par Erdogan, puis de revenir au parquet.
La dernière série d’arrestations frappe aussi des avocats et des journalistes, et c’est là encore une vieille habitude du régime d’Erdogan : le célèbre éditorialiste et patron de médias, Fatih Altayli, a été écroué fin juin pour « insultes » au président de la République. Les journalistes d’investigation Murat Agirel et Timur Soykan, reconnus et respectés pour leurs enquêtes sur la corruption et sur les mafias, sont harcelés par la justice pour leurs écrits. Sur les réseaux sociaux, Soykan avait critiqué les opérations politiques contre les maires. « Les tribunaux sont devenus très sensibles à la critique et les fonctionnaires de l’État y sont devenus intolérants », a constaté Erol Önderoglu, représentant de Reporters sans frontières à Istanbul. Elle frappe aussi des chefs d’entreprise et notamment la Tüsiad, puissante organisation patronale, longtemps intouchable.
La stratégie d’usure d’Erdogan
Depuis une vingtaine d’années, au gré des vagues de répression, le même champ lexical est convoqué pour décrire les manÅ“uvres politiques d’Erdogan. « Dérive », « bascule », « virage autoritaire »… Erdogan persévère pourtant avec constance dans une stratégie d’usure qui lui a permis de verrouiller le pouvoir depuis son Palais. Il s’est débarrassé un à un de tous les contre-pouvoirs, il a neutralisé les institutions et la justice, qu’il retourne contre ses ennemis. Il muselle la presse et réprime l’opposition, prokurde hier, kémaliste aujourd’hui, dès qu’elle gagne en popularité et contrecarre ses plans.
Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, les laïques soupçonnaient Erdogan de dissimuler un « agenda caché » qu’il a rapidement dévoilé. Plus récemment, la Turquie a été qualifiée de « démocrature », mi-démocratie, mi-dictature, même si l’on peine à distinguer ce qui la rattacherait encore à un État de droit. Plus des deux tiers des Turcs (67 %), selon une étude de 2024, ne font plus confiance à la justice de leur pays. Un « régime autoritaire compétitif » ? Même la vérité des urnes n’est plus respectée. En 2014, Erdogan n’avait pas hésité à reconvoquer des élections législatives, après un échec de son parti à obtenir la majorité. En 2019, il a contesté la victoire d’Imamoglu à Istanbul et il a réduit ses prérogatives de maire.
Sans doute Erdogan n’était-il jamais allé aussi loin qu’aujourd’hui. Encore combien de virages avant la dictature ? Le « Reis » anticipe la prochaine élection présidentielle, prévue en 2028. Il comptera alors un quart de siècle au pouvoir et trois mandats comme président. La Constitution lui interdit, en théorie, un quatrième mandat. Il lui faudra donc modifier la Constitution – il a besoin pour cela des deux tiers des votes du Parlement – pour se maintenir et se rapprocher d’une présidence à vie. Un dernier virage.
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