
Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, candidat du Parti républicain du peuple pour les municipales, lors d’un meeting électoral, à Istanbul le 30 mars 2024.
Le maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, a été interpellé, mercredi 19 mars au matin, selon son entourage, des médias locaux citant une enquête pour corruption et des liens avec le terrorisme, comme raison de son arrestation.
Dans une vidéo postée sur X, l’élu de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, dénonce la fouille de son domicile : « Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation », déclare-t-il. Un de ses collaborateurs a rapporté à l’Agence France-Presse que M. Imamoglu avait ensuite été arrêté et conduit dans les locaux de la police.
« Les policiers sont arrivés juste après le sahur [le repas avant le lever du jour en cette période de ramadan]. Ekrem Bey a commencé à se préparer. (…) Ils ont quitté la maison vers 7 h 30 », a témoigné l’épouse du maire, Dilek Imamoglu, sur la chaîne privée NTV.
Selon les médias locaux, qui citent un communiqué du bureau du procureur d’Istanbul, M. Imamoglu est accusé d’être « à la tête d’une organisation criminelle à but lucratif » dans le cadre d’une enquête pour corruption et extorsion, ainsi que « d’aide au PKK », le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme terroriste par Ankara, dans le cadre d’une deuxième enquête.
Des mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre d’une centaine d’autres personnes, selon l’agence de presse étatique Anatolie. Tous les rassemblements et les manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul et, selon la chaîne de télévision privée NTV, la station de métro de l’emblématique place Taksim, dans le centre d’Istanbul, est fermée. Avant son interpellation, M. Imamoglu avait prévu de rassembler mercredi ses partisans sur la rive asiatique d’Istanbul. En outre, l’accès aux réseaux sociaux est ralenti.
Diplôme universitaire invalidé
Cette arrestation a eu lieu après une perquisition au domicile de M. Imamoglu, un jour après que l’université d’Istanbul a invalidé son diplôme, sous couvert de prétendues irrégularités dans son transfert, en 1990, d’une université privée du nord de Chypre à sa faculté d’administration des affaires. Selon la loi turque, il faut être titulaire d’un diplôme universitaire pour se présenter aux élections. M. Imamoglu a déclaré qu’il contesterait cette décision.
L’édile avait dénoncé une décision « illégale » et annoncé son intention de la contester en justice, estimant que le conseil d’administration de l’université stambouliote n’était pas habilité à agir ainsi. « Les droits acquis de chacun dans ce pays sont menacés », avait-il accusé.




