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Le Monde, le 23/01/2025
Par Nicolas Bourcier (Istanbul, correspondant)
Alors que la natalité du pays s’est effondrée, et que les indicateurs socio-économiques soulignent la faiblesse de l’économie et le niveau toujours élevé du taux d’inflation, le gouvernement poursuit une croisade contre ceux qu’il juge hostiles à la « tradition ».
LETTRE D’ISTANBUL
Les distinctions officielles disent beaucoup d’une époque, parfois même elles l’anticipent. Le prix Necip Fazil, décerné le 3 janvier, des mains du président turc, Recep Tayyip Erdogan, en est une illustration. Créé en 2014 par le pouvoir islamo-conservateur, en hommage au poète préféré du chef de l’Etat, Necip Fazil Kisakürek (1904-1983), romancier, dramaturge, idéologue islamiste, complotiste et truculent chantre de l’anticommunisme et de la modernité turque, il vient récompenser chaque année artistes et auteurs dans le but de préserver l’héritage culturel de l’écrivain. En d’autres termes, les œuvres qui flattent les thuriféraires de la « tradition », si chère au pouvoir en place.
Dans la catégorie « recherche d’idées », c’est un psychiatre jungien qui a reçu la distinction : Mustafa Merter, 77 ans, connu surtout des plateaux télévisés des chaînes progouvernement et des réseaux sociaux. L’homme est avenant, doté d’un charme certain et d’une prodigieuse assurance. Comme ses confrères islamiques, il utilise les notions de nefs (« âme ») ou zinhin (« esprit ») pour reformuler des concepts comme le moi, le surmoi ou l’inconscient. Mais c’est principalement la dénonciation et la critique au vitriol des milieux progressistes qui lui servent de trame narrative.
Son cheval de bataille : l’effondrement de la famille provoqué par la disparition de l’autorité. M. Merter aime à se poser en observateur scrupuleux des tendances masculines chez les femmes, des retards de maternité, des films hollywoodiens qui les encouragent et de la façon dont la célèbre école de Francfort (et, par extension, les juifs) est derrière tout cela. La faconde en moins, il rappelle les saillies du Canadien Jordan Peterson, psychologue radical et masculiniste devenu une célébrité dans les milieux conservateurs par sa lutte contre les standards LGBTQ+ dans les campus outre-Atlantique. Il pourrait même reprendre certaines notions de la philosophe britannique Kathleen Stock pour qui le sexe biologique est une réalité inaliénable.
« Des idéologies perverses »
C’est bien tout cela qu’a voulu mettre en avant le prix Necip Fazil. Au tabloïd Star, M. Merter a d’ailleurs affirmé qu’il prenait cette récompense comme un « signe, voire un avertissement » et qu’il serait bénéfique pour les jeunes de « connaître certains des actes honteux de l’humanité qui nous ont été présentés sous le nom de “révolution” ». Le message est clair.
Dix jours plus tard, le président Erdogan lançait officiellement son « année de la famille ». Annonçant des mesures visant à stimuler le taux de natalité, le chef de l’Etat s’est lancé dans une attaque en règle contre la communauté LGBTQ+. Citant la « vérité historique selon laquelle une famille forte ouvre la voie à un Etat fort », il a tenu à rappeler qu’« il est de [leur] responsabilité commune de protéger [leurs] enfants et [leurs] jeunes des tendances néfastes et des idéologies perverses ». « Les tendances culturelles néolibérales traversent les frontières et pénètrent tous les coins du monde, a-t-il insisté. Elles conduisent les LGBT et d’autres mouvements à gagner du terrain. »
Abordant la baisse « alarmante » du taux de croissance démographique (celui-ci est passé de 2,53 % en 2015 à 0,23 % en 2024), M. Erdogan a déclaré, dans une métaphore qui n’échappe pas à l’analyse, que la Turquie « perdait du sang ». Et d’ajouter : « La cible des politiques de neutralisation des genres, dans lesquelles les LGBT sont utilisés comme bélier, est la famille. La critique des LGBT est immédiatement réduite au silence, tout comme les critiques légitimes du sionisme. Toute personne qui défend la nature et la famille est soumise à une forte oppression. »
Une offensive savamment calibrée
Certes, le président turc parle de natalité depuis longtemps. C’est à la fin des années 2000 qu’il a commencé à appeler les familles à avoir « au moins trois enfants », répétant à plusieurs reprises depuis son mantra : « Un [enfant] signifie la solitude, deux signifient la rivalité, trois signifient l’équilibre et quatre signifient l’abondance. » Comme le souligne Diego Cupolo dans le média en ligne Turkey Recap, le dirigeant turc a amplifié, au cours de la même période, la rhétorique anti-LGBTQ+, utilisant à plusieurs reprises le sujet pour marquer les lignes de fracture idéologiques parmi les électeurs, comme lors de la présidentielle de 2023.
Mais cette fois-ci, M. Erdogan a combiné sur un ton on ne peut plus alarmiste ses positions profamille et anti-LGBTQ+. La cible est toute désignée, l’offensive savamment calibrée. La vindicte est montée d’un cran. Au point de se demander si la communauté LGBTQ+ n’est pas la raison de tous les maux du pays.
Cette communauté est peu visible en Turquie. Les défilés de la fierté sont interdits depuis 2015. Et leurs revendications cantonnées dans des niches quasi confidentielles. Nombreux sont en revanche les indicateurs socio-économiques qui documentent l’effondrement de la natalité en Turquie. Ainsi, par exemple, le rapport de 2024 de la Fondation turque de recherche en politiques économiques, un centre de recherche indépendant basé à Ankara. Il rappelle que ce sont les conditions économiques et le chômage qui font partie des facteurs contribuant à une baisse du taux de natalité.
Les prix ont explosé
De fait, le pays connaît l’une des pires crises du coût de la vie depuis des décennies. Longtemps l’inflation était à trois chiffres. Elle ne tutoie les 50 % que depuis quelques mois. Les prix de l’alimentaire, des loyers et de l’éducation ont littéralement explosé. Les inégalités se sont creusées et le manque d’ancrage des prix est devenu source d’angoisse. « Les conditions économiques et les inquiétudes concernant les moyens de subsistance poussent de nombreuses familles à retarder ou à renoncer complètement à avoir des enfants, dit le centre de recherche, selon lequel l’augmentation du coût de la vie aggrave le fardeau que représente l’éducation d’un enfant. »
Ajoutons qu’en matière de calendrier, la remise des prix Necip Fazil et le programme profamille du gouvernement ont été annoncés quelques heures après la publication par la plateforme Stoppons les féminicides du nombre de femmes tuées en Turquie en 2024. Au cours des douze derniers mois, 394 féminicides ont été ainsi recensés, auxquels s’ajoutent 258 décès suspects, un taux jamais atteint. Après l’officialisation de cette année consacrée à la célébration de la famille, la Fédération turque des associations de femmes a rendu public un communiqué rappelant que la plupart des féminicides se produisent au sein même des familles. Loin d’Hollywood et de l’école de Francfort.
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