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Libération, le 23/02/2026
Par un collectif d’universitaires
Programmes de recherche interrompus, revues mises sous pression, menaces… Un collectif d’universitaires alertent sur la criminalisation du travail scientifique aux Etats-Unis, en Turquie, voire en France, dès lors qu’il met en lumière des rapports de domination.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, la sociologue Pinar Selek se prépare pour une nouvelle audience devant la justice turque prévue à Istanbul le 2 avril 2026. Depuis vingt-sept ans, elle est la cible d’une répression politico-judiciaire ininterrompue pour avoir refusé, en 1998, de livrer les noms de personnes interrogées dans le cadre de ses recherches sur le mouvement révolutionnaire kurde.
Arrêtée, torturée, emprisonnée plus de deux ans, acquittée à quatre reprises, elle a finalement été condamnée à la prison à perpétuité à l’issue de procédures entachées de violations massives du droit, fondées sur des preuves fabriquées par un pouvoir autoritaire. L’affaire Selek constitue un cas limite révélateur d’une dérive plus générale : la criminalisation du travail scientifique lorsqu’il met en lumière des rapports de domination, des conflits politiques ou de formes de violence d’Etat.
Aux Etats-Unis, l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump a marqué un tournant brutal dans les relations entre le pouvoir politique et les universités. Depuis janvier 2025, plusieurs programmes de recherche ont été suspendus ou réorientés sous la pression des autorités fédérales, et des financements jusque-là garantis ont été gelés ou rendus conditionnels. A travers ces mesures, se dessine une volonté claire de disqualifier les savoirs qui interrogent l’ordre social existant et mettent en lumière des rapports de pouvoir jugés dérangeants.
De la multiplication d’ingérences étrangères aux procédures bâillon
Si la Turquie illustre de manière brutale les attaques menées par des régimes autoritaires contre les libertés académiques, la France n’est pas épargnée. Le rapport remis en octobre 2025 par Stéphanie Balme à France Universités dresse un constat très préoccupant : multiplication d’ingérences étrangères, recours croissant aux procédures bâillon, pressions idéologiques sur les contenus d’enseignement, annulations de conférences, campagnes de stigmatisation sur les réseaux sociaux, interventions politiques jusque dans les conseils d’administration des universités.
Face à cette situation, le Sénat a pris l’initiative. Une proposition de loi déposée en avril 2025 par Adel Ziane, sénateur socialiste de Seine-Saint-Denis, examinée le 11 février 2026 s’inspire directement des recommandations du rapport Balme. Elle vise à clarifier juridiquement les trois dimensions constitutives de la liberté académique – liberté d’enseignement, liberté de recherche et liberté d’expression scientifique –, à créer un Observatoire national de la liberté académique, à introduire des mécanismes de protection contre les procédures bâillon, à garantir la protection fonctionnelle des chercheur·es poursuivi.es dans l’exercice de leurs fonctions et à renforcer les garanties d’indépendance face aux financements privés.
Parallèlement, une proposition de loi constitutionnelle transpartisane portée par Louis Vogel ambitionne d’inscrire explicitement la liberté académique dans la Constitution. Ces initiatives traduisent une prise de conscience politique réelle, mais leur adoption demeure incertaine dans un contexte de fragmentation parlementaire.
Le cas de Pinar Selek nous concerne directement. Maîtresse de conférences à l’université Côte d’Azur et citoyenne française, elle ne peut aujourd’hui quitter le territoire national sans risquer une arrestation et une extradition.
En avril 2024, elle a modéré à Nice une table ronde académique sur les migrations, organisée sous l’égide de plusieurs universités et du CNRS. Le ministère de l’Intérieur turc a qualifié cet événement scientifique d’«acte terroriste» lié au PKK. Cette accusation constitue une atteinte grave à la liberté académique, portée cette fois sur le sol français.
Garantir les moyens matériels et l’indépendance intellectuelle
Le 16 février a eu lieu le lancement de son ouvrage Lever la tête. La recherche interdite sur la résistance kurde (Université-Paris-Cité Editions), qui documente la violence politico-judiciaire subie pour avoir défendu l’éthique scientifique et le secret des sources. Jusqu’à présent, la France a refusé d’extrader Pinar Selek. Mais cette protection est-elle intangible ? Que deviendrait-elle en cas de basculement politique ? Et qu’en serait-il alors de nos propres libertés académiques, pourtant reconnues constitutionnellement pour les enseignant·es-chercheur·es ? Nous avons déjà vu des programmes de recherche interrompus, des revues mises sous pression, des chercheur·es menacé·es. Les régimes autoritaires ne s’installent pas toujours brutalement, ils progressent par étapes, testent les résistances, normalisent l’inacceptable.
C’est pourquoi nous appelons solennellement les autorités françaises et européennes à :
– Exiger de la Turquie l’arrêt immédiat de poursuites contre Pinar Selek, la levée des mandats d’arrêt la visant et la reconnaissance pleine et entière de son innocence et de sa liberté académique ;
– Inscrire explicitement la liberté académique dans la Constitution française afin de garantir un cadre juridique protecteur ;
– Renforcer les protections contre les procédures bâillon, les ingérences étrangères et les pressions politiques exercés sur les chercheur·es ;
-Garantir les moyens matériels et l’indépendance intellectuelle nécessaires à la recherche publique,
– Soutenir les initiatives telles que l’Observatoire des atteintes à la liberté académique et promouvoir une culture politique, professionnelle et citoyenne de défense de la liberté académique.
Une démocratie privée de liberté académique perd sa capacité à produire des contre-pouvoirs intellectuels, à interroger les évidences et à se projeter dans l’avenir. Nous ne pouvons plus nous réfugier dans l’illusion que «cela n’arrivera pas chez nous». L’histoire montre le contraire. Il est encore temps d’agir.
Signataires : Artemisa Flores-EspÃnola Maître de conférences en sociologie à l’université Paris-Est- Créteil Sophie Bernard et Laurent Willemez Président·es de l’Association française de sociologie Christophe Jaffrelot Président de l’Association française de science politique Fanny Jedliki et Anne Bory Présidentes de l’Association des sociologues enseignant·es du supérieur Perig Pitrou Président de l’Association française d’ethnologie et anthropologie Delphine Dulong et Vanessa Codaccioni Observatoire des atteintes à la liberté académique.
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