La Turquie est bouleversée par l’attaque menée mercredi 15 avril contre une école de la ville de Kahramanmaras, dans le sud de l’Anatolie. Huit étudiants et un professeur ont trouvé la mort, abattus par arme à feu par un élève de l’école, âgé de 14 ans, qui s’est suicidé sur les lieux, rapporte le quotidien Nefes.
La veille, une fusillade avait fait 16 blessés dans une école du sud-est de la Turquie, à Sanliurfa, souligne BBC Türkçe. L’assaillant, armé d’un fusil rudimentaire, avait ensuite retourné l’arme contre lui.
L’auteur de la tuerie de Kahramanmaras a utilisé cinq armes à feu appartenant à son père, inspecteur de police. L’homme, placé en garde à vue, a reconnu que son fils rencontrait des problèmes psychologiques mais qu’il l’avait tout de même emmené, en début de semaine, s’exercer dans le stand de tir de la police locale, rapporte le quotidien Hürriyet.
Sphère “incel”
D’après le matériel informatique saisi par la police, l’assaillant avait prévu d’agir depuis plusieurs jours. Il avait notamment rédigé un manifeste expliquant son geste et publié un message sur la plateforme Discord avant de passer à l’acte.
Le jeune homme aurait gravité dans la sphère “incel”, constitué de jeunes hommes qui se définissent comme des “célibataires involontaires” et nourrissent une haine vis-à-vis des autres hommes, de la société en général et des femmes en particulier. Sur la messagerie WhatsApp, il aurait choisi comme photo de profil un portrait d’Elliot Rodger, une figure reconnue des incels, auteur de la tuerie d’Isla Vista, en Californie, en 2014, qui avait fait 6 morts et 14 blessés, souligne Deutsche Welle Türkçe.
Selon le ministre de la Justice turc, Akin Gurlek, au moins 162 personnes ayant partagé des messages se félicitant de la tuerie ou diffusé des menaces ont été interpellées.
Le préfet chahuté
Mercredi au soir, devant l’hôpital, des familles de victimes ont protesté au moment de l’arrivée du préfet de la province. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, un père de famille en deuil l’invective avant d’être ceinturé et calmé par d’autres personnes présentes sur place. Les journalistes présents ont été empêchés de filmer par les gardes du corps du préfet, rapporte l’agence IHA.
À Sanliurfa, un journaliste local qui avait révélé les alertes répétées du directeur de l’école à la police concernant l’assaillant a été arrêté au petit matin à son domicile, rapporte le média en ligne Bianet.
Des syndicats de gauche de l’enseignement ont appelé à un mouvement de grève et à des manifestations contre la violence en milieu scolaire dans de nombreuses villes du pays. D’abord bloquée par les forces de l’ordre, la manifestation dans la capitale, Ankara, a finalement pu se dérouler.




