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Libération, le 00/11/2025
ParArnaud Vaulerin
Citoyenneté rejetée, expulsions programmées, détention… La minorité musulmane, qui a fui les persécutions en Chine, subit une dégradation de ses conditions de vie dans un pays longtemps considéré comme un refuge, révèle l’ONG Human Rights Watch.
La Turquie a longtemps été un refuge sûr et prévenant pour les Ouïghours. La répression par les autorités chinoises de cette minorité musulmane du Xinjiang avait même été qualifiée de «génocide» en 2009 par le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre. Et ce bien avant que le tribunal ouïghour, une instance indépendante chargée d’enquêter sur les crimes et les violations des droits humains, juge la Chine coupable de ce crime, «au-delà de tout doute raisonnable», en décembre 2021.
Ce climat s’est notablement dégradé depuis deux à trois ans. «Le traitement préférentiel dont bénéficiaient les Ouïghours en Turquie – qui leur permet d’obtenir le statut de résidents de longue durée et la citoyenneté – a connu plusieurs ratés et ceux-ci sont de plus en plus menacés, sous pression et sous surveillance accrue, explique à Libération le chercheur Yalkun Uluyol, qui signe pour l’ONG Human Rights Watch (HRW) le rapport “Protected no more, Uyghurs in Türkiye”. Le réchauffement des relations entre la Turquie et la Chine, ainsi que le durcissement croissant de la politique d’immigration d’Ankara envers les réfugiés et les migrants font que le pays est devenu moins sûr pour les Ouïghours qui n’ont pas la nationalité turque.»
50 000 Ouïghours en Turquie
Pour ce rapport, l’ONG a conduit 20 entretiens, dont 13 avec des Ouïghours, analysé l’arsenal législatif turc et examiné une série de décisions d’expulsion, de rejet de permis de séjour ou de demandes de citoyenneté de ces dernières années. «Beaucoup commencent à avoir peur, indique Elaine Pearson, directrice pour l’Asie à Human Rights Watch. Certains Ouïghours disent qu’ils n’osent pas quitter leur domicile de crainte d’être arrêtés et envoyés dans des centres de rétention, tandis que d’autres entreprennent des voyages périlleux, ailleurs, à la recherche d’une plus grande sécurité.»
Environ 50 000 Ouïghours vivent en Turquie, ce qui en fait l’une des plus grandes diasporas ouïghoures au monde après celles des républiques d’Asie centrale. Tous n’ont pas le même statut. Selon des statistiques du gouvernement en date de décembre 2021, mentionnées par HRW, 17 997 Ouïghours disposaient d’un permis de séjour de longue durée, 6 787 étaient naturalisés citoyens turcs et 2 000 avaient une demande de citoyenneté en cours. Mais depuis cette date, rien n’a été publié sur le statut migratoire des Ouïghours.
Expulsées vers le Tadjikistan, puis la Chine
Dans son enquête, l’ONG s’est intéressée aux cas publics de 33 Ouïghours détenus dans des centres de rétention entre décembre 2018 et octobre dernier. Une ONG basée en Turquie, qui ne souhaite pas être nommée, affirme avoir recensé plus de 100 Ouïghours enfermés par les autorités turques dans des centres de rétention rien qu’en 2024. «Là, leur situation est délicate, détaille le chercheur Yalkun Uluyol. Ces personnes peuvent être victimes de mauvais traitements. Les détenus peuvent être forcés à signer des formulaires de “retour volontaire”. Cette pratique est devenue courante en Turquie et touche également d’autres communautés de migrants, comme les Syriens et les Afghans.»
Le gouvernement turc assure n’avoir jamais directement expulsé d’Ouïghours vers la Chine, où ils risquent des mauvais traitements et des atteintes graves aux droits humains. En 2017, Ankara a bien signé un accord d’extradition avec Pékin, mais le Parlement turc ne l’a pas encore ratifié. Un incident a toutefois été signalé en mai 2018, lorsque les autorités turques ont expulsé au moins trois Ouïghours directement vers la Chine. Des cas de refoulement indirect, vers des pays tiers, ont également été évoqués : en juin 2019, les autorités turques ont renvoyé une femme ouïghoure et ses deux filles en bas âge vers le Tadjikistan, après quoi les autorités tadjikes les auraient renvoyées en Chine.
«Un cercle vicieux»
La Turquie est l’un des pays au monde qui accueille le plus de réfugiés – plus de 2,7 millions y résident, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU. Le pays a renforcé sa législation pour limiter les protections internationales. «Il existe de nombreux cas où le gouvernement a annulé les permis de séjour de longue durée des Ouïghours et leur a accordé à la place un permis de séjour humanitaire, fait remarquer un avocat dans le rapport de Human Rights Watch. Et certains des permis de séjour humanitaires de mes clients sont annulés ou leur renouvellement est refusé. Les personnes peuvent être détenues dans ces centres pendant un an maximum. Elles sont ensuite libérées sans statut juridique. Puis, après quelques jours, un autre contrôle de police peut les conduire à nouveau en détention. C’est un cercle vicieux horrible pour ceux qui n’ont pas les documents appropriés. La Turquie est devenue un endroit de plus en plus invivable pour les Ouïghours.»
L’une des illustrations de ce climat délétère est l’instauration de «codes de restriction». Attribués aux Ouïghours, mais également à d’autres migrants, par les autorités turques, ces codes, notamment le «G87», visent à qualifier les réfugiés de «menace pour la sécurité publique». Cette qualification administrative peut vite entraîner une cascade de conséquences souvent dévastatrices : refus de la citoyenneté, de la protection internationale ou de tout autre statut donnant droit à la résidence, ce qui les transforme de fait en migrants en situation irrégulière et les expose à une possible expulsion.
«Les autorités ne justifient pas leur décision, n’apportent aucune preuve, souligne Yalkun Uluyol. Certains Ouïghours découvrent qu’ils ont été étiquetés avec ce code quand ils renouvellent leurs documents, lors d’un simple contrôle d’identité, sans en avoir été informés. Ils font face à des décisions totalement arbitraires. Il est possible de faire appel, mais les juges prennent souvent une décision négative lorsqu’ils voient ces codes, pour ne pas s’exposer.»
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Le sort des Ouïghours en Turquie s’évalue à l’aune des relations entre Ankara et Pékin. Après des années d’activisme d’Erdogan en faveur de la minorité opprimée, les autorités turques ont modéré leurs critiques envers la Chine depuis 2022 : plus grand partenariat économique, notamment autour des Nouvelles routes de la soie, des routes énergétiques, volonté de la Turquie de s’affirmer comme une puissance incontournable au carrefour de l’Europe et de l’Asie, dans cette Eurasie en quête d’affirmation et de reconnaissance…
Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, les 31 août et 1er septembre à Tianjin, en Chine, Erdogan a été choyé comme le seul représentant d’un grand pays membre de l’Otan invité dans ce club très anti-occidental. Aux côtés de Vladimir Poutine, de Kim Jong-un et d’autres dictateurs et dirigeants illibéraux.
Cette nouvelle entente turco-chinoise souligne également en creux l’influence grandissante de la Chine en Turquie, notamment avec ses capacités de surveillance, de contrôle et de répression transnationale. Ces deux dernières années, les services et les forces de sécurité turcs ont d’ailleurs procédé à plusieurs arrestations de Chinois ou d’individus opérant pour des intérêts chinois. Ils visaient des officiels turcs, mais aussi des Ouïghours, plus que jamais dans le viseur de Pékin.
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