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Le Monde, le 05/03/2025
Par Nicolas Bourcier (Istanbul, correspondant)
Analyse
En armant l’Ukraine d’une main et en traitant avec la Russie de l’autre, sans appliquer les sanctions occidentales à l’égard de Moscou, Ankara joue d’un équilibrisme millimétré.
Le 17 février, le président Emmanuel Macron a réuni, à l’Elysée, sept dirigeants européens, les chefs de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et des instances communautaires pour réaffirmer leur soutien à l’Ukraine. Plusieurs responsables de l’Union européenne (UE) avaient alors fait part de leur frustration de ne pas avoir été conviés. Mais un pays surtout brillait par son absence : la Turquie, deuxième puissance militaire de l’OTAN.
Il faudra l’altercation spectaculaire devant les caméras, onze jours plus tard, le 28 février, entre le président américain, son vice-président, J. D. Vance, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche, pour que les choses changent. L’absence turque de Paris, immédiatement qualifiée d’« erreur de calcul stratégique » par la spécialiste du Moyen-Orient au cercle de réflexion américain Hudson Institute, Zineb Riboua, est palliée à Londres dès le surlendemain, le 2 mars, par le premier ministre britannique, Keir Starmer.
Invité à ce sommet de crise, parmi la quinzaine de dirigeants, le ministre des affaires étrangères turc, Hakan Fidan, n’a certes pas dit grand-chose au sortir de la rencontre, à l’instar des autres participants, mais il a tenu à rappeler l’importance de la participation de son pays dans la nouvelle architecture de sécurité qui est en train d’être discutée pour l’Europe. Et c’est déjà beaucoup. La veille, il s’était entretenu au téléphone avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.
Après des années d’éloignement de Bruxelles, des tensions diplomatiques toujours plus visibles avec Paris et Berlin, Ankara, qui fut il y a encore à peine un quart de siècle un candidat enthousiaste à l’UE, incarne désormais un pays à facettes diplomatiques multiples et complexes. Membre considéré par ses pairs au mieux comme « encombrant », au pis comme « disruptif » et « peu fiable », au sein de l’Alliance atlantique, la Turquie est aujourd’hui incontournable, voire indispensable, pour une Europe plus que jamais fragilisée par le changement de position de Washington.
Entente cordiale affichée avec Poutine
Pourquoi ? Le pays dirigé depuis vingt-deux ans par Recep Tayyip Erdogan est d’abord une des rares puissances régionales capable à la fois de coopérer avec la Russie et de limiter son influence, comme elle l’a montré en Syrie. Avant la chute de Bachar Al-Assad, Moscou définissait les paramètres et les contours de l’influence turque dans le nord de la Syrie. Aujourd’hui, c’est l’inverse. De quoi sérieusement inciter les pays de l’UE à mettre en place les rouages permettant de faire rasseoir bien plus souvent à leur table les dirigeants turcs.
Mais ce n’est évidemment pas tout. Au lendemain de la rencontre à l’Elysée, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, et Sergueï Lavrov se retrouvaient à Riyad pour amorcer une « normalisation » de leurs relations et évoquer l’Ukraine. Au même moment, Volodymyr Zelensky se rendait à Ankara pour y rencontrer le chef de l’Etat turc. En accueillant le président ukrainien, Recep Tayyip Erdogan a envoyé un message clair selon lequel la Turquie restait un acteur-clé dans la définition de l’avenir de l’Ukraine. M. Zelensky a, lui-même, renforcé cette idée en déclarant, ce jour-là , que « l’Union européenne, la Turquie et le Royaume-Uni devraient participer aux conversations et à l’élaboration des garanties de sécurité nécessaires avec l’Amérique en ce qui concerne le sort de notre région ».
Malgré l’entente cordiale affichée avec son « ami » Poutine, M. Erdogan reste l’un des plus grands soutiens de l’Ukraine, fermement décidé à défendre l’intégrité territoriale de Kiev et à contrer les appétits de Moscou. La Turquie ne peut s’empêcher de percevoir l’expansionnisme agressif de la Russie dans la zone de la mer Noire comme une menace à la sécurité géopolitique et énergétique de son pays. Le grignotage du pourtour de la mer Noire, l’accaparement de l’Abkhazie en 2008, l’annexion de la Crimée en 2014, puis l’invasion de l’Ukraine en février 2022 sont perçus à Ankara comme autant d’atteintes à la stabilité de la région. Sans parler de la charge symbolique que représente la presqu’île de Crimée, berceau mythique des Tatars turcophones, ancien protectorat ottoman.
Position stratégique
Faut-il encore rappeler que, contrairement aux nombreuses nations européennes qui ont hésité à soutenir Kiev dans les premiers jours de l’invasion russe, Ankara a agi de manière décisive. La Turquie a invoqué la convention de Montreux, fermant les détroits du Bosphore et des Dardanelles aux navires de guerre russes – une mesure qui, bien que présentée comme de la neutralité, a fortement limité la capacité de Moscou à renforcer sa flotte de la mer Noire.
Le soutien à l’Ukraine limite de fait l’expansion russe dans la zone et renforce la position stratégique de la Turquie. Du point de vue d’Ankara, une Ukraine résistante et souveraine est un frein essentiel à la domination russe dans la région.
Sur le champ de bataille, la Turquie a doté Kiev de l’un de ses systèmes d’armes les plus efficaces : le drone Bayraktar TB2, qui s’était également révélé décisif en Libye, où Ankara a considérablement exposé les vulnérabilités russes. Ces drones ont aidé l’Ukraine à détruire les colonnes blindées et des navires ennemis, faisant pencher la balance dans des batailles-clés.
En armant l’Ukraine d’une main et en traitant avec la Russie de l’autre, sans appliquer les sanctions occidentales à l’égard de Moscou, la Turquie joue d’un équilibrisme millimétré. Ce n’est pas la première fois. A charge pour les Européens d’accepter ce moment turc. Recep Tayyip Erdogan n’a pas fermé la porte à une contribution à la force de maintien de la paix en Ukraine – dans l’hypothèse d’une trêve. Le pays ne manque pas d’hommes ni de savoir-faire technologique sur le théâtre des opérations, que ce soit dans les airs ou sur terre. « Puissance contradictoire », selon la formule du chercheur en droit européen Alexis Coskun, la Turquie aurait beau jeu de montrer ses muscles en plein réveil stratégique du continent.
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