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Le Monde, le 19/12/2024
Alain Frachon
Editorialiste au « Monde »
Une partie de l’avenir syrien se joue dans les relations que seront capables d’établir le groupe armé issu d’Al-Qaida qui a renversé Bachar Al-Assad, HTC, et les Kurdes du PYD, observe dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
La chasse aux Kurdes est ouverte. Sur un morceau de Syrie, le long de la frontière avec l’Irak, les milices arabes au service de la Turquie expulsent les populations kurdes locales. Un vaste mouvement d’épuration ethnique est en cours. Des colonnes de milliers de réfugiés misérables fuient les bombardements de l’aviation turque et l’avancée d’une soldatesque djihadiste qui entend éradiquer la zone frontalière d’une présence kurde millénaire.
Les puissants voisins d’une Syrie tout juste libérée de la dictature prédatrice du clan Al-Assad profitent du moment. Israël saisit l’occasion pour anéantir ce qui reste de l’infrastructure militaire du pays, marine et aviation comprises ; la Turquie entend écraser un mouvement autonomiste kurde syrien qu’elle soupçonne d’aider le parti kurde turc PKK avec lequel Ankara est en guerre. Pays majoritairement arabe sunnite (la branche majoritaire de l’islam), la Syrie compte nombre de minorités ethniques, comme les Kurdes et les Druzes, ou religieuses, comme les chrétiens et les alaouites.
Mais l’Europe a une dette particulière envers les Kurdes syriens. Sans eux, le danger du terrorisme islamiste, notamment celui qu’incarnait le groupe autoproclamé « Etat islamique », l’EI, n’aurait pas été neutralisé.
L’EI pourrait aujourd’hui relever la tête, ce qui ne semble aucunement préoccuper la Turquie, notre alliée de l’OTAN. Regroupées au sein du groupe dit Armée nationale syrienne (ANS, à ne pas confondre avec l’armée régulière), les bandes islamistes arabes aux ordres d’Ankara sont à l’offensive. Elles reprennent la politique d’expulsion des Kurdes de la partie ouest de la région frontalière, politique qu’avait amorcée l’armée turque en intervenant en Syrie en 2018 et 2019. Après les localités de Manbij et Tall Rifaat, c’est au tour de Kobané d’être aujourd’hui encerclée par l’ANS – comme le décrivait un reportage de Marie-Charlotte Roupie, l’envoyée spéciale de RFI.
Cavaliers de l’apocalypse
Kobané. Le nom devrait convoquer quelques souvenirs. De septembre 2014 à février 2015, cette ville syrienne à majorité kurde, située juste de l’autre côté de la frontière avec la Turquie, a résisté aux assauts des ruffians enturbannés de l’EI. Les unités kurdes syriennes YPG (la branche armée du Parti de l’union démocratique, PYD, autonomiste) ont repoussé les djihadistes. Elles ont infligé à l’EI sa première défaite militaire : s’effondrait ainsi l’aura d’invincibilité d’un groupe ayant attiré tant de jeunes musulmans européens dans ses rangs. Pour les cavaliers de l’apocalypse en 4 × 4 d’Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’EI, la bataille de Kobané a marqué le début de la fin.
Aujourd’hui, la chute de cette ville sonnerait comme une revanche des djihadistes. Car les supplétifs turcs de l’ANS comptent nombre d’anciens de l’EI ou d’Al-Qaida particulièrement avides de casser du Kurde – et d’enlever des femmes kurdes. Kobané : ces trois syllabes devraient susciter un minimum de gratitude de l’Europe à l’adresse des Kurdes.
D’autant que ceux-ci, intégrant quelques milices arabes dans leurs rangs pour former les Forces démocratiques syriennes (FDS), vont assurer au sol la victoire finale sur l’EI en 2017. Dominée par les Etats-Unis, une « coalition internationale » – dont la France et le Royaume-Uni – menait les raids aériens. Mais, dans les batailles de rue, seules les FDS étaient à la manœuvre et elles vont terrasser l’EI. Au prix d’un bilan terrible : près de 14 000 tués et des dizaines de milliers de blessés dans leurs rangs.
Zone tampon de 30 kilomètres
Le président Recep Tayyip Erdogan poursuit deux objectifs en Syrie. Au fil des massacres qui accompagnèrent les années de plomb de la tragédie syrienne, de 2011 à 2018, la Turquie a généreusement accueilli quelque 4 millions de réfugiés. Ankara entend maintenant qu’ils repartent. Alors on chasse les Kurdes de leurs maisons, de leurs commerces, de leurs champs et de leurs oliveraies pour faire place à la masse paysanne arabe constituant le gros des Syriens réfugiés en Turquie. Deuxième objectif : on taille du même coup en territoire syrien, le long de la frontière, une zone tampon de 30 kilomètres de large pour empêcher que le PKK kurde de Turquie ne dispose d’une base de repli en Syrie.
Meilleurs alliés des Occidentaux dans les combats contre l’EI, les Kurdes (environ 3 millions de personnes en Syrie) continuent à nous rendre service. Avec l’aide des forces américaines restées sur place (900 hommes), ils surveillent de près les derniers rescapés du califat d’Al-Baghdadi qui vivotent misérablement au bord de l’Euphrate. Mais les Kurdes nous servent aussi de geôliers : ils gardent les 9 000 combattants de l’EI faits prisonniers, dont nombre d’Européens, avec leurs familles.
Président de l’Institut kurde de Paris, Kendal Nezan parle de « notre dette morale » à l’égard des vainqueurs du djihadisme. Faut-il garder le silence ? Ne rien dire quand des hordes d’islamistes surarmés aux ordres de notre allié turc de l’OTAN chassent des populations de leurs terres ancestrales pour les confiner dans le nord-est du pays ?
Entre les Kurdes du PYD, anciens marxistes-léninistes à tropisme féministe, et les nationalistes syriens à tendance islamiste de Hayat Tahrir Al-Cham (HTC) aujourd’hui au pouvoir à Damas, il y a du sang et des larmes. La Syrie compte 23 millions d’habitants, dont 5 millions déplacés à l’étranger et 6 millions à l’intérieur. C’est un pays traumatisé par des années d’extrême violence : dans sa pluralité ethnique et religieuse, une société aussi fracassée ne produit pas de miracles. Pour l’heure, les Kurdes et Damas prônent le dialogue politique. Une partie de l’avenir du pays se joue dans les relations que le HTC et le PYD seront capables d’établir – en dépit de l’ambition turque d’écraser le parti kurde.
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