La Turquie et tous ses officiels expriment la même position depuis une semaine : Il faut donner une chance aux nouvelles autorités syriennes et les soutenir dans leurs efforts. Interrogé sur l’éventualité d’une coopération militaire avec la Syrie, le ministre turc de la Défense Yasar Güler, a assuré que la Turquie était prête à « fournir le soutien nécessaire » sur le modèle des coopérations qui existent déjà avec d’autres pays et si le nouveau pouvoir syrien en fait la demande. Le ministre n’a pas précisé si une telle requête avait été formulée.
Certains observateurs ont toutefois fait remarquer que la Turquie, comme de nombreux pays occidentaux, classe toujours le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) sur sa liste officielle des organisations terroristes. Ankara a toutefois soutenu l’offensive menée par ce groupe, désormais au pouvoir à Damas. Et HTS tient désormais un discours modéré et son gouvernement intérimaire a insisté à plusieurs reprises sur la protection des droits de tous les Syriens, y compris les minorités ethniques et religieuses. Le nouveau gouvernement, a aussi dit M. Güler, s’est engagé à « respecter toutes les institutions gouvernementales, les Nations unies et les autres organisations internationales », et a promis de signaler toute trace d’arme chimique à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Le souhait d’Ankara est que le nouveau gouvernement acquière au plus vite une légitimité internationale, ce qui l’aiderait à relever le double défi de la stabilité politique et du redressement économique. C’est aussi, aux yeux d’Ankara, la condition sine qua non du retour d’une large partie des plus de trois millions de Syriens réfugiés en Turquie. Si le nombre de départs augmente un peu chaque jour, on est loin d’un afflux aux postes frontières turcs. Selon les chiffres officiels, 7 621 réfugiés ont quitté la Turquie entre le 9 et le 13 décembre, soit après la chute de Bachar el-Assad.





