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Le Figaro, le 16/08/2024
Par Delphine Minoui
Correspondante à Istanbul

Recep Tayyip Erdogan (Ã gauche) et ADEM ALTAN, LOUAI BESHARA / AFP
DÉCRYPTAGE – Le «reis» d’Ankara, qui a soutenu les révolutions arabes jusqu’à déployer des troupes chez son voisin, a pris acte de l’échec de ce projet, et tente désormais de négocier avec son pire adversaire le retour chez eux des Syriens réfugiés en Turquie.
Effet d’annonce ou revirement accéléré ? Dimanche 7 juillet, à l’ombre d’une chaude actualité régionale dominée par la guerre entre Israël et le Hamas, Recep Tayyip Erdogan s’est dit prêt à inviter « à tout moment » Bachar el-Assad en Turquie. Cette main tendue à son ennemi juré, en rupture totale avec le soutien accordé à l’opposition syrienne dès le début du soulèvement contre le régime de Damas, en 2011, suivait de dix jours une autre déclaration, tout aussi surprenante. Le reis d’Ankara avait ainsi affirmé « ne voir aucun obstacle au rétablissement des relations avec la Syrie », avant de rappeler à son bon souvenir leurs vacances du passé au bord des eaux turquoise de la mer Égée. « Il est une époque, avait-il alors précisé, où nous étions très proches de la Syrie, et nous nous rencontrions en famille avec M. Assad. Peut-être cela se reproduira-t-il à l’avenir ? »
Si la tonalité du discours peut surprendre, elle est symptomatique d’un tournant amorcé il y a deux ans. Fin 2022, Erdogan s’était pour la première fois dit disposé à envisager un tête-à -tête avec Assad, tandis que les ministres de la Défense et chefs des services de renseignements turcs rencontraient leurs homologues syriens à Moscou. Pour Hamza Almustafa, à la tête de la chaîne d’opposition Syria TV, basée à Istanbul, cette tentative de normalisation doit être replacée dans le contexte international. « Il y a, dit-il, une volonté évidente d’apaisement de la politique étrangère turque dans la région ».
Et de citer la récente détente avec l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, ou encore l’exemple libyen – où Ankara avait signé un accord controversé de délimitation maritime avec le gouvernement de Tripoli, en charge de l’ouest du pays. « L’implication turque en Libye lui a causé plus de problèmes qu’autre chose, des tensions avec l’Europe, la crise en Méditerranée orientale. Aujourd’hui, la Turquie dit : je ne veux plus faire partie de ce conflit. Elle se désengage et reconsidère sa position comme médiateur. Il y a quelques jours, le fils du maréchal Khalifa Haftar , qui règne sur l’Est libyen, était d’ailleurs en déplacement en Turquie », poursuit-il.
Mais les motifs sont aussi d’ordre interne. Dépassé par la crise économique et la montée du racisme antiréfugiés, Erdogan entend profiter du dégel amorcé avec la Syrie, de retour dans la Ligue arabe depuis 2023, pour s’alléger du fardeau des quelque 3,1 millions d’exilés syriens et en renvoyer une partie dans leur pays. Fidèle à sa politique du grand écart, il change de disque. Mais pas d’objectif : celui de sauver la face et de défendre les intérêts de son parti islamo-conservateur, l’AKP. « C’est une constante d’Erdogan : investir la politique étrangère pour servir la politique intérieure », relève Solène Poyraz, chercheuse à l’EHESS et spécialiste de la question syrienne en Turquie.
L’échec du projet des Frères musulmans
Déjà , en 2011, le soutien à l’opposition syrienne – et aux autres révolutions arabes – répondait à l’espoir de voir émerger un islam politique de Tunis à Tripoli, en passant par Damas. Mais l’échec du projet des Frères musulmans, décimés en Égypte et ailleurs, et l’intervention russe en Syrie, dès 2015, ont rendu caduque la perspective d’une « chute rapide » de Bachar el-Assad. La Turquie se repositionne alors sur la question kurde : décidé à en découdre avec les milices kurdes syriennes, accusées de collusion avec le PKK, classé terroriste par Ankara, et fort de sa nouvelle alliance avec le Parti d’action nationaliste, MHP, Erdogan lance trois offensives dans le nord de la Syrie (Bouclier de l’Euphrate en 2016, Rameau d’olivier en 2018 et Source de paix en 2019), et déploie ses troupes au sol.
L’idée consiste à empêcher un « corridor de la terreur », selon sa propre expression, tout en garantissant une « zone sécurisée » semi-administrée par Ankara, pour y renvoyer à terme les exilés syriens. Les derniers scrutins turcs (municipal de 2019, mais surtout présidentiel et législatif de 2023) ont accéléré ce processus : pour la première fois, la question syrienne s’invite dans la campagne électorale, sur fond de discours antiréfugiés tenus par le principal parti d’opposition, CHP, et de nouveaux petits partis nationalistes. Erdogan se rend cyniquement à l’évidence : en perte de vitesse dans les urnes, il infléchit sa position à l’égard de Damas.
Un article paru fin juillet dans le journal Aydinlik, lié au Parti de la patrie, dresse les grandes lignes d’un projet d’accord préalable à toute rencontre entre Erdogan et Assad. Selon ce texte, non vérifié, la Turquie serait disposée à interdire les activités de l’opposition syrienne sur son territoire, à se retirer de Syrie, à laisser l’armée syrienne reprendre le contrôle du Nord-Est, à rendre à Damas les postes frontières du Nord-Ouest encore tenus par l’opposition syrienne proche d’Ankara, et à faire pression sur Washington pour un retrait des forces américaines des zones kurdes. Le régime syrien, pour sa part, s’engagerait à accueillir jusqu’à 2 millions de réfugiés en garantissant leur sécurité, à intégrer l’opposition tolérée par Damas dans un futur gouvernement et à neutraliser le PKK sur son territoire pour empêcher toute attaque contre la Turquie.
Difficile, pourtant, d’imaginer que la Turquie quitte si facilement le Nord syrien. « Ce serait, pour Ankara, laisser la voie libre à Damas pour utiliser et instrumentaliser les velléités indépendantistes kurdes, comme ce fut le cas dans les années 1990 », estime Solène Poyraz. Selon la chercheuse, c’est également « méconnaître le régime de barbarie syrien que de croire qu’il ne touchera pas aux opposants ». De plus, ajoute le journaliste Hamza Almustafa, Damas n’a « ni les moyens économiques, ni l’envie de reprendre les réfugiés ». « Même si Ankara et Damas reprennent langue, je ne pense pas qu’ils puissent aboutir à un accord global », observe un diplomate occidental qui suit le dossier. Et de rappeler que la partie ne se joue pas seulement entre ces deux pays : « L’Iran et la Russie, alliés indéfectibles de Damas, ont également leur mot à dire dans ces discussions. »
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