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Courrier International, le 20/07/2024
source : To Vima (Traduit du grec)
Chypre commémore le samedi 20 juillet les cinquante ans de l’invasion des forces armées turques, qui occupent toujours plus d’un tiers de l’île. L’hebdomadaire populaire grec “To Vima” retrace les premiers instants de l’opération “Attila”, adoptant un ton particulièrement véhément contre l’“envahisseur” turc.

Des Chypriotes grecs installent une mitrailleuses sur un toit de Nicosie, lors de l’invasion turque de l’île, le 21 juillet 1974. PHOTO XAVIER BARON/AFP
Il était exactement 5 h 30 du matin le 20 juillet 1974, lorsque le ciel de Nicosie s’est rempli de parachutistes. Ils atterrissaient principalement autour de Pentadaktylos [grande chaîne de montagnes du nord de l’île], dans les enclaves chypriotes turques, armés et déterminés. C’est l’heure à laquelle a commencé le débarquement des troupes turques sur la célèbre plage de Kyrenia dans le cadre d’une opération combinée maritime et aérienne.
La Turquie avait donné à l’invasion le nom de code “Attila”. Le signal donnant le coup d’envoi de l’invasion était [la phrase] : “Ayse peut partir en vacances.” Malheureusement, Ayse est venue pour rester cinquante ans à Chypre.
Ce matin-là, la radio chypriote (RIK), sous le contrôle total des putschistes de la junte d’Athènes, diffusait des chansons grecques dans une atmosphère agréable pour atténuer la chaleur suffocante de Nicosie. Rien dans les cabines radio du RIK n’annonçait ce qui allait se passer. Au même moment, dans l’enclave chypriote turque de Nicosie, la radio illégale Bayrak commençait à diffuser des émissions turques.
Nicosie, blessée par le coup d’État perfide contre l’archevêque Makarios et par la guerre civile provoquée par la junte athénienne, se remettait à peine. [Le 15 juillet 1974, le président de la république de Chypre, le cardinal Makarios, est déposé par un coup d’État soutenu par Athènes en vue d’une unification entre l’île et l’archipel grec. Ce qui précipite l’invasion turque.]
Quiconque ouvrait sa fenêtre et regardait vers Pentadaktylos et Saint Hilarion pouvait voir les premiers parachutistes turcs atterrir les uns derrière les autres. On n’entendait aucun coup de feu, ce qui signifie qu’ils ne rencontraient aucune résistance. En fait, on n’entendait rien, à part le bruit des moteurs des avions militaires turcs Noratlas qui les transportaient depuis la Turquie. Ce n’était qu’une question de temps avant que les combattants turcs n’arrivent et bombardent.
Occupation permanente
L’invasion turque de Chypre a commencé par des opérations de débarquement et d’aviation. Au total, environ 38 000 hommes ont participé à l’opération sous le commandement du lieutenant-général Nurettin Ersin. La partie grecque s’est endormie et sa réaction est arrivée avec beaucoup de retard. Avec 38 000 soldats, “Attila” a envahi Chypre. Cinquante ans plus tard, il reste 38 000 soldats comme force d’occupation. La Turquie n’a pas retiré un seul soldat de Chypre même si elle a qualifié l’invasion… d’opération de paix.
Avec l’invasion, tous les étudiants chypriotes venus d’Athènes et de Londres pour passer leur été se sont retrouvés piégés à Chypre. Quelques vieux camions Bedford, vestiges du colonialisme britannique, chargeaient les recrues. La plupart sans arme.
Certains d’entre eux ont été emmenés à l’aéroport de Nicosie, où se déroulaient de violents combats. Un jeune homme, étudiant en droit à Athènes, a crié avec un accent chypriote à un colonel grec : “Monsieur le colonel, pourquoi nous avez-vous amenés ici ? – Dès que quelqu’un est tué, cours et prends son arme”, lui répondit-il. C’était la première fois qu’il brandissait une telle arme, qui allait vraiment lui apprendre à s’en servir à ce moment-là ?

Les avions turcs déchiraient le ciel, bombardaient la piste d’atterrissage, détruisaient les avions dont les carcasses [restaient] sur la piste endommagée par le napalm tombé sur l’aéroport.
La nuit est tombée et les combats à l’aéroport se sont quelque peu calmés grâce au regroupement des forces spéciales. Elles ont envahi par vagues les zones occupées par les Turcs et y ont opéré. Soit en libérant les disparus et les prisonniers, soit en combattant les envahisseurs au corps à corps. Elles ont mené des batailles héroïques.
Réfugiés dans leur propre pays
Presque au même moment, aux premières lueurs du 21 juillet, des nuées d’avions turcs ont commencé les attaques, en continu et par vagues, contre la zone plus vaste de Kyrenia et de Nicosie, tandis que d’autres avions et hélicoptères tentaient de larguer des parachutistes aux points stratégiques. Les habitants étaient à la merci des envahisseurs. Des civils non armés ont été assassinés, des femmes ont été violées et des soldats capturés ont été exécutés.
La Turquie a fait valoir qu’il ne s’agissait pas d’une invasion, mais d’une “intervention pacifique”, visant à restaurer l’ordre constitutionnel à Chypre, catalysé par le coup d’État contre Makarios. Mais quel genre d’“intervention pacifique” ? Au moment où ils ont assassiné, bombardé des personnes non armées avec des bombes au napalm, tué des civils de sang-froid, assassiné des enfants et des prisonniers, violé des filles, provoqué la disparition de milliers de personnes, pillé des maisons et volé les biens des Chypriotes en prétendant qu’ils étaient… un butin de guerre, pillé des églises et des monastères et ont fait de 200 000 Chypriotes des réfugiés dans leur propre pays.
et 2024 à 05h00
Des Chypriotes grecs installent une mitrailleuses sur un toit de Nicosie, lors de l’invasion turque de l’île, le 21 juillet 1974. PHOTO XAVIER BARON/AFP
Il était exactement 5 h 30 du matin le 20 juillet 1974, lorsque le ciel de Nicosie s’est rempli de parachutistes. Ils atterrissaient principalement autour de Pentadaktylos [grande chaîne de montagnes du nord de l’île], dans les enclaves chypriotes turques, armés et déterminés. C’est l’heure à laquelle a commencé le débarquement des troupes turques sur la célèbre plage de Kyrenia dans le cadre d’une opération combinée maritime et aérienne.
La Turquie avait donné à l’invasion le nom de code “Attila”. Le signal donnant le coup d’envoi de l’invasion était [la phrase] : “Ayse peut partir en vacances.” Malheureusement, Ayse est venue pour rester cinquante ans à Chypre.
À lire aussi : Décryptage. Dans le nord de Chypre, des heurts illustrent l’impasse des négociations de réunification
Ce matin-là, la radio chypriote (RIK), sous le contrôle total des putschistes de la junte d’Athènes, diffusait des chansons grecques dans une atmosphère agréable pour atténuer la chaleur suffocante de Nicosie. Rien dans les cabines radio du RIK n’annonçait ce qui allait se passer. Au même moment, dans l’enclave chypriote turque de Nicosie, la radio illégale Bayrak commençait à diffuser des émissions turques.
Nicosie, blessée par le coup d’État perfide contre l’archevêque Makarios et par la guerre civile provoquée par la junte athénienne, se remettait à peine. [Le 15 juillet 1974, le président de la république de Chypre, le cardinal Makarios, est déposé par un coup d’État soutenu par Athènes en vue d’une unification entre l’île et l’archipel grec. Ce qui précipite l’invasion turque.]
Quiconque ouvrait sa fenêtre et regardait vers Pentadaktylos et Saint Hilarion pouvait voir les premiers parachutistes turcs atterrir les uns derrière les autres. On n’entendait aucun coup de feu, ce qui signifie qu’ils ne rencontraient aucune résistance. En fait, on n’entendait rien, à part le bruit des moteurs des avions militaires turcs Noratlas qui les transportaient depuis la Turquie. Ce n’était qu’une question de temps avant que les combattants turcs n’arrivent et bombardent.
Occupation permanente
L’invasion turque de Chypre a commencé par des opérations de débarquement et d’aviation. Au total, environ 38 000 hommes ont participé à l’opération sous le commandement du lieutenant-général Nurettin Ersin. La partie grecque s’est endormie et sa réaction est arrivée avec beaucoup de retard. Avec 38 000 soldats, “Attila” a envahi Chypre. Cinquante ans plus tard, il reste 38 000 soldats comme force d’occupation. La Turquie n’a pas retiré un seul soldat de Chypre même si elle a qualifié l’invasion… d’opération de paix.
Avec l’invasion, tous les étudiants chypriotes venus d’Athènes et de Londres pour passer leur été se sont retrouvés piégés à Chypre. Quelques vieux camions Bedford, vestiges du colonialisme britannique, chargeaient les recrues. La plupart sans arme.
À lire aussi : Diplomatie. À Chypre, l’échec européen du président Anastasiades
Certains d’entre eux ont été emmenés à l’aéroport de Nicosie, où se déroulaient de violents combats. Un jeune homme, étudiant en droit à Athènes, a crié avec un accent chypriote à un colonel grec : “Monsieur le colonel, pourquoi nous avez-vous amenés ici ? – Dès que quelqu’un est tué, cours et prends son arme”, lui répondit-il. C’était la première fois qu’il brandissait une telle arme, qui allait vraiment lui apprendre à s’en servir à ce moment-là ?
Les avions turcs déchiraient le ciel, bombardaient la piste d’atterrissage, détruisaient les avions dont les carcasses [restaient] sur la piste endommagée par le napalm tombé sur l’aéroport.
La nuit est tombée et les combats à l’aéroport se sont quelque peu calmés grâce au regroupement des forces spéciales. Elles ont envahi par vagues les zones occupées par les Turcs et y ont opéré. Soit en libérant les disparus et les prisonniers, soit en combattant les envahisseurs au corps à corps. Elles ont mené des batailles héroïques.
Réfugiés dans leur propre pays
Presque au même moment, aux premières lueurs du 21 juillet, des nuées d’avions turcs ont commencé les attaques, en continu et par vagues, contre la zone plus vaste de Kyrenia et de Nicosie, tandis que d’autres avions et hélicoptères tentaient de larguer des parachutistes aux points stratégiques. Les habitants étaient à la merci des envahisseurs. Des civils non armés ont été assassinés, des femmes ont été violées et des soldats capturés ont été exécutés.
La Turquie a fait valoir qu’il ne s’agissait pas d’une invasion, mais d’une “intervention pacifique”, visant à restaurer l’ordre constitutionnel à Chypre, catalysé par le coup d’État contre Makarios. Mais quel genre d’“intervention pacifique” ? Au moment où ils ont assassiné, bombardé des personnes non armées avec des bombes au napalm, tué des civils de sang-froid, assassiné des enfants et des prisonniers, violé des filles, provoqué la disparition de milliers de personnes, pillé des maisons et volé les biens des Chypriotes en prétendant qu’ils étaient… un butin de guerre, pillé des églises et des monastères et ont fait de 200 000 Chypriotes des réfugiés dans leur propre pays.
Et le plus important : 38 % de Chypre est sous occupation turque depuis cinquante ans. Même les correspondants étrangers ne pouvaient supporter cette brutalité. Certains ont parlé de crimes de guerre. Le journal britannique The Sun a qualifié les “artisans de la paix” d’Attila de “barbares”.
Ce que tout le monde doit retenir, c’est la courageuse résistance à l’aéroport de Nicosie. Ils se sont battus avec acharnement réussissant à empêcher les Turcs de prendre l’aéroport. C’était la première défaite d’Attila sur le sol chypriote.
Nikos Chasapopoulos
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