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Le Figaro, le 20/05/2024
Par Delphine Minoui
Correspondante à Istanbul
DÉCRYPTAGE – Après avoir tenté de préserver ses relations commerciales avec l’État hébreu, le président turc a durci le ton depuis la guerre à Gaza.
Il a suffi de quelques mots pour qu’Erdogan fasse à nouveau couler de l’encre dans les capitales occidentales. Lundi 13 mai, alors qu’il reçoit la visite du premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, à Ankara, le «reis» turc déclare haut et fort aux journalistes que «plus de 1000 membres du Hamas sont soignés dans les hôpitaux de nos pays», tout en réaffirmant qu’il ne «considère pas le Hamas comme une organisation terroriste». Aussitôt, un officiel turc s’empresse de rectifier le tir, en affirmant, sous couvert de l’anonymat, que «le président turc s’est mal exprimé», qu’«il voulait dire que 1000 Gazaouis sont actuellement sous traitement» en Turquie. Reste que le présumé dérapage, que s’est gardé de corriger l’intéressé, en dit long sur la double approche d’Ankara sur la très sensible question israélo-palestinienne, et plus particulièrement depuis l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023.
Traditionnellement peu diserte sur l’étendue de ses relations avec les militants du Hamas, mouvement classé «terroriste» par l’Europe et les États-Unis, la Turquie est néanmoins connue pour en héberger un certain nombre. Depuis 2012, l’organisation armée islamiste issue des Frères musulmans possède même un bureau à Istanbul, et son chef politique, Ismaël Haniyeh, y était en visite officielle pas plus tard que le mois dernier. Au lendemain des tueries de l’automne dernier dans le sud d’Israël, qui firent au moins 1160 morts, c’est d’abord un Erdogan embarrassé qui renvoie les deux camps dos à dos en condamnant le meurtre de civils, et s’érige en médiateur, en proposant des négociations directes avec le Hamas pour obtenir la libération des otages israéliens. Le chef de l’État, qui s’est rapproché d’Israël depuis deux ans, au point de rencontrer le premier ministre Benyamin Netanyahou à New York en septembre 2023, entend ménager sa récente détente avec l’État hébreu. Les deux pays reviennent de loin: après douze années de brouille diplomatique, à la suite de l’assaut meurtrier de 2010 mené par les forces israéliennes contre un navire turc cherchant à contourner le blocus de Gaza, Ankara et Tel-Aviv ont normalisé leurs relations à partir de 2022: retour en poste des ambassadeurs et consuls généraux, échanges d’information entre services de renseignements, et renforcement de la coopération commerciale – au point de faire bondir les échanges à près de 9,5 milliards de dollars, et de placer la Turquie parmi les grands partenaires d’Israël.
Mais la violence de la riposte de Tsahal à Gaza et l’ampleur des victimes civiles des bombardements incessants pousse rapidement Erdogan à sortir de ses gonds et à accuser l’État hébreu de «crimes de guerre» et de «crimes contre l’humanité». L’offensive lancée contre l’enclave palestinienne «n’est pas moins grave que ce qu’a fait Hitler», s’insurge-t-il en janvier devant un parterre de manifestants propalestiniens. Sauf qu’Erdogan a beau dénoncer la tragédie humaine qui se joue à Gaza, il n’a aucun scrupule à poursuivre son «business as usual» avec ce même État qu’il qualifie de «génocidaire».
Des informations divulguées par un journaliste turc exilé
Ce double jeu va finir par lui jouer des tours en interne. Le scrutin municipal de mai dernier, où son parti politique, l’AKP, subit un revers historique, est marqué par une percée de la principale mouvance d’opposition, le CHP, et, dans une moindre mesure, de celle du nouveau petit parti islamiste Yeniden Refah. Ce dernier est parvenu à voler des voix au parti au pouvoir en accusant, durant sa campagne électorale, le «reis» de maintenir des relations avec Israël en dépit de la guerre à Gaza. Au Parlement, les députés anti-Erdogan s’emparent également du sujet et demandent des comptes au gouvernement qui, selon eux, ne fait qu’instrumentaliser la question palestinienne à des fins purement politiques tout en commerçant avec son soi-disant ennemi.
À l’origine de cette levée de boucliers, des informations divulguées par un journaliste turc exilé en Allemagne, Metin Cihan, sur son compte X, ont fait état de navires continuant à transiter des ports turcs vers Israël. Son inventaire régulièrement actualisé recense ainsi des flux de marchandises comme l’acier et le pétrole qui alimenteraient la machine de guerre israélienne. Encore plus compromettant, le reporter est parvenu à identifier un bateau comme étant celui d’un ex-représentant de l’AKP dans la province du Hatay. Il révèle aussi qu’une des sociétés de transports appartiendrait à un associé de Burak Erdogan, le fils du président. À force de médiatisation, les «fuites» n’ont pas manqué d’irriter Erdogan – le quotidien pro-gouvernemental Sabah évoquait récemment son intention de déposer plainte contre Metin Cihan. Elles ont surtout poussé les autorités turques à annoncer, début mai, une suspension des exportations et importations vers et depuis Israël.
Depuis, le ton ne cesse de monter contre Tel-Aviv. «Ne pensez pas qu’Israël s’arrêtera à Gaza», a lancé le chef de l’État aux députés de son parti, lors d’une réunion qui s’est tenue ce mercredi 15 mai à Ankara. «Si on ne le stoppe pas, cet État voyou et terroriste jettera tôt ou tard son dévolu sur l’Anatolie», a-t-il poursuivi, en référence à cette région de Turquie où ses électeurs sont traditionnellement nombreux. «Connu pour son pragmatisme et son utilisation habile de la géopolitique pour sauvegarder ses intérêts, Erdogan est prêt à renoncer à ses principes», observait récemment Asli Aydintasbas, chercheuse associée au Centre européen pour les relations internationales (ECFR). «Mais pas sur la question palestinienne, poursuit-elle. Même si le prix à payer est l’isolement. Il s’agit clairement d’une question personnelle et idéologique, qui lui tient très à cœur.» Il n’empêche: si le ministère du Commerce turc a bien affirmé avoir suspendu, jeudi 2 mai, les relations commerciales «de manière stricte jusqu’à ce que le gouvernement israélien autorise un flux ininterrompu d’aide humanitaire vers Gaza », rien n’a été précisément mentionné sur les exportations de pétrole azerbaïdjanais vers Israël via le port turc de Ceyhan (Sud). Selon des analystes, cités par l’Agence France-Presse, plus du tiers des besoins en pétrole d’Israël passait encore récemment par ce port stratégique turc de la Méditerranée.
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