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Le Figaro avec AFP, le 21/02/2023
Par Delphine Minoui
De notre envoyée spéciale à Kahramanmaras

Au milieu des décombres, le 20 février, une vieille femme pleure la disparition de ses enfants et de ses petits-enfants après le tremblement de terre qui a détruit la ville de Kahramanmaras, le 6 février. OMER URER/Anadolu Agency via AFP
REPORTAGE – Cette ville du Sud-Est turc, est une des plus touchées par la catastrophe.
Un épais silence étouffe Kahramanmaras. À l’entrée de la ville anatolienne, ravagée comme un champ de bataille, le va-et-vient des camions-bennes remplis de gravats a remplacé celui des ambulances. Après quinze jours de recherche acharnée de survivants, rue par rue, bâtiment par bâtiment, les sirènes se sont tues et la plupart des secouristes, y compris étrangers, ont plié bagage.
Au pied d’une carcasse d’immeuble, surmontée de l’enseigne déglinguée d’un magasin de meubles Istikbal («futur»), les dernières pelleteuses déblayent les débris causés par le double séisme du 6 février. Parfois, une silhouette émerge de la poussière, tirant un sac rempli de quelques effets personnels ou guettant l’improbable cri d’un proche enseveli sous les plaques de béton.
Jeudi dernier, Aleyna Ölmez, une adolescente de 17 ans a été miraculeusement extraite des décombres 248 heures après le drame. En turc, son patronyme signifie «qui ne meurt pas». Mais les chances de survie sous terre sont désormais quasi nulles.
À présent, c’est sur terre qu’il faut concentrer tous les efforts. Au plus vite. «Des milliers de gens sont sans abri. Il faut leur donner de quoi dormir, de quoi manger, de quoi se laver et se soigner pour éviter les épidémies. Sans compter la nécessité d’un soutien psychologique. Le trauma est colossal», avance Ünal Ates.
Respect aléatoire des normes de construction
Cet ingénieur, membre du parti d’opposition CHP ne décolle pas de son smartphone dans ce préfabriqué installé dès le deuxième jour au milieu d’un parking. Au bout du fil, un bénévole lui demande où dispatcher son stock de jouets pour enfants. Du matin au soir, les donations déferlent des quatre coins du pays: couvertures, nourriture, kits de santé. Les yeux cernés de fatigue – il ne dort que 4 heures par nuit -, Ünal Ates joue au chef d’orchestre et noircit son carnet de noms de gens dans le besoin.
C’était le chaos. Il faisait froid. Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité. Les gens appelaient au secours. Chacun faisait de son mieux.
Ünal Ates, ingénieur, membre du parti d’opposition CHP.
Derrière lui, une carte épinglée au mur donne un aperçu de l’ampleur des dégâts: la zone sinistrée du Sud-Est comprend 11 provinces et s’étire sur plus de 300 kilomètres pour une population estimée à plus de 13 millions d’habitants – dont 1 million à Kahramanmaras, proche de l’épicentre du séisme. *
À elle seule, cette ville tentaculaire lovée au pied de la montagne Ahir compte 14.000 morts – sur un total de 45.000 dans le pays. «En réalité, je pense que c’est bien plus que ça», souffle l’ingénieur, alors que des répliques, comme celles enregistrées lundi dans la province voisine du Hatay, peuvent survenir.
Quand il a senti les murs tanguer, dans la nuit du 5 au 6 février, Ünal Ates a aussitôt protégé la tête de son épouse, enceinte de six mois, sous une montagne de coussins. Une fois passée la violence des premières secousses, il l’a fait évacuer vers Antalya, sur la côte méditerranéenne, avant de se lancer, tête la première, dans l’aide aux sinistrés: «C’était le chaos. Il faisait froid. Il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité. Les gens appelaient au secours. Chacun faisait de son mieux. Si l’armée avait aussitôt été déployée sur le terrain, tellement plus de gens auraient pu être sauvés.»
Comme beaucoup, il déplore l’arrivée tardive des premiers secours, et le manque d’anticipation des autorités, nationales comme locales – la ville est aux mains de l’AKP, le parti islamo-conservateur d’Erdogan. «Kahramanmaras se trouve dans une zone sismique connue. Il y a 600 ans, un tremblement de terre l’a déjà rasée. Tout le monde savait qu’un jour ou l’autre, ça allait de nouveau arriver.» Mais le pouvoir a fait la sourde oreille, fermant les yeux sur le respect aléatoire des normes de construction et la mauvaise qualité des matériaux.
Dans une vidéo désormais virale, le président turc se félicitait même d’avoir «résolu le problème de 144.156 habitants de Kahramanmaras» en amnistiant, à l’approche des élections municipales de mars 2019, les propriétaires et promoteurs de nombreux logements considérés comme non conformes.
Le téléphone sonne de plus belle. Un poids lourd chargé de tentes arrive de la mairie d’Ankara, tenue par l’opposition. Ünal Ates saute dans sa voiture et file à sa rencontre. «Dès qu’on s’est mis à aider, les gens du gouvernement ont eu le culot de nous dire: on s’occupe de tout, ne vous mêlez de rien. Mais quand ils ont vu l’étendue des dégâts, ils ont accepté notre participation.»
Derrière la vitre, toujours le même paysage apocalyptique, les mêmes rues désertes, les mêmes bâtisses écrabouillées, comme si un géant était passé par là . Les rares appartements qui tiennent encore debout, malgré leurs murs arrachés, dévoilent l’intimité de leurs habitants: chemises accrochées aux cintres des placards, lustres oscillant comme des pendules dans le vent, épaves de tables qu’on devine dressées pour le petit-déjeuner.
Un peu plus loin, un immeuble se dégage des ruines, intact. Il appartient à la chambre des architectes, les mêmes qui mirent maintes fois en garde les autorités «sans jamais être écoutés». Alors que penser de la promesse du président Erdogan de tout reconstruire d’ici à un an? «Je ne peux que sourire», ironise, amer, l’ingénieur.
Une fois rejoint le gros camion, sur le bas-côté d’une autoroute, le véhicule est pris d’assaut par une foule en émoi. «Où est le gouvernement?», sanglote Emine, foulard bleu sur un chandail vert. À Kurtlar, son village, une cinquante de personnes ont péri, mais aucune aide n’est encore arrivée. «Pas même une tente!», poursuit son mari, Bülbül, en montrant la photo, archivée dans son téléphone, d’une bâche en plastique tirée sur des piquets. «Voilà où l’on campe depuis que notre maison s’est effondrée. Dix-huit personnes entassées sous cet abri sans porte! Notre fille, enceinte, a des problèmes de cœur et saigne du nez à cause du froid.»
L’absence de douche et de toilettes rend leur situation sanitaire d’autant plus précaire que les températures frôlent les -15 degrés à la nuit tombée. «Ici, pas une famille qui ne soit affectée, souffle Aydin, le chauffeur du camion. Quand on discute entre nous, c’est à celui qui comptabilise le plus de morts dans son entourage.»
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De nouvelles tombes à perte de vue
Au cimetière de Kahramanmaras, où affluent les corbillards, des colonnes de nouvelles tombes s’étirent à perte de vue: de simples monticules de terre, surmontées d’un panneau en bois, flanqué d’un numéro, parfois d’un nom si la victime a pu être identifiée. Penché sur une rangée de sépultures, un jeune homme récite des versets du Coran. «J’ai perdu mon père, mon oncle, ma tante et mes cousins», avance-t-il.
Notre pays est grand. Notre peuple est fort. Avec l’aide de Dieu, nous allons nous en sortir.À Izmir, où il travaille comme assistant médical, la nouvelle du séisme l’a saisi comme une gifle au réveil. Accouru le même jour à Kahramanmaras, il a retrouvé l’immeuble familial écrasé comme un château de cartes. «Avec l’aide de bénévoles, j’ai sorti leurs cadavres à mains nues. Je mesure ma chance: ils étaient encore en un seul morceau, ce qui est loin d’être le cas de tous», poursuit-il, sans donner son nom.
Familier des tremblements de terre, dans ce pays où 70 % de la population vit en zone sismique, il voit dans son drame un «signe du destin», «une force de la nature» que personne ne peut contrôler. Par peur ou par déni?
Dans les allées du cimetière, où déambulent des imams de la Diyanet (la direction des Affaires religieuses) aux allures de vigiles, la rancune envers les autorités se fait silencieuse. À l’inverse du centre-ville, la présence du pouvoir est particulièrement visible, à commencer par les nombreuses tentes de l’Afad, l’organisation gouvernementale en charge des catastrophes, dressées à proximité des tombes. «Le gouvernement ne dispose pas d’un bâton magique pour tout résoudre!», insiste cet autre homme, venu se recueillir sur le caveau d’un ami. «Notre pays est grand. Notre peuple est fort. Avec l’aide de Dieu, nous allons nous en sortir.»
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