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Dans les ruines d’Adiyaman, les promesses ensevelies de la «nouvelle Turquie»

Le Figaro, le 16/02/2023

Par Delphine Minoui
Envoyée spéciale à Adiyaman

 


Les habitants d’Adiyaman, fief du parti de Recep Tayyip Erdogan, détruite par le séisme qui a fait 36.000 morts, selon un bilan provisoire, ont plongé dans la désillusion. SERTAC KAYAR/REUTERS

REPORTAGE – En ruines, la ville modèle de l’AKP, fief du parti d’Erdogan, plonge dans la désillusion et se détourne du Reis.

 

Il déambule, hagard, sur la montagne de gravats qu’est devenu son immeuble. «J’ai tout perdu! Tout!», bredouille Akif Tekkanat, 38 ans. Sa vie, comme sa ville, Adiyaman, est en lambeaux. «Ma femme, Hana, mes parents et deux de mes sœurs sont morts ici la nuit du séisme», poursuit cet ingénieur informatique, les yeux rouges de fatigue. Il s’étonne d’être encore en vie. Quand la terre a grondé, à 4 h 17 du matin, le 6 février, il se souvient vaguement d’un hurlement, celui de son épouse, puis des murs qui tanguaient, «comme si le bâtiment rugissait», avant que leur étage, le deuxième, ne s’écrase comme une crêpe. «Quand j’ai rouvert les yeux, tout était noir autour de moi. J’ai crié “Au secours!” J’avais la gorge pleine de poussière. Je toussais et j’avais soif, très soif. J’ai léché mes lèvres. J’ai senti la pluie sur ma langue. J’ai compris que je n’avais plus de toit. J’étais coincé sous des blocs de béton et je saignais. Je grelottais de froid. J’ai cru que c’était la fin.»

En plein chaos, des riverains le localisent. En l’absence de secours, ils l’extirpent à mains nues et l’embarquent à l’hôpital voisin, bondé de blessés. Encore debout, malgré quelques fissures sur les murs, le dispensaire est mis hors de service lors du deuxième séisme, à 11 h 24. Avec sa main droite entaillée, recouverte d’un bandage, Akif se retrouve à nouveau à la rue, doublement, triplement dévasté: son frère, Ömer, seul rescapé de la famille avec leur troisième sœur, lui apprend qu’il n’y a plus d’espoir pour son épouse, d’origine tchèque, ensevelie sous les décombres.

Des secouristes étrangers, arrivés deux jours plus tard, ont ressorti sa dépouille ainsi que celles de ses parents et de deux autres sœurs, qui habitaient le quatrième étage. «Depuis, je passe mon temps ici, à exhumer quelques souvenirs des ruines de notre immeuble. L’autre jour, j’ai retrouvé le sac à main de Hana et l’album photo de notre mariage», raconte-t-il au milieu des vases fêlés, des fenêtres édentées, des livres arrachés et autres reliques d’une vie brutalement chamboulée. Sa façon de noyer son chagrin. Mais pas sa colère envers les promoteurs immobiliers: «Ce sont eux, les fautifs! Tous ces bâtiments détruits n’étaient malheureusement pas aux normes.»

 
Le numéro 5 de la rue Hüseyin Rahmi Gurpinar, c’était pourtant l’histoire d’une promesse. Celle d’une «nouvelle Turquie», plus prospère, plus équitable et plus moderne, portée par le tout nouveau parti d’alors, l’AKP, le Parti de la justice et du développement, fondé par Erdogan. La bâtisse verte en forme de L avait été construite au début des années 2000, juste après le terrible tremblement de terre d’Izmit, au sud d’Istanbul, en 1999, et l’imposition d’une nouvelle réglementation sismique. Les parents d’Akif voyaient grand pour leur avenir. Ils avaient investi à crédit dans le quatrième étage du joli bâtiment, à deux pas du boulevard Atatürk, où les tours se mettaient à pousser comme des champignons.

 

Frénésie immobilière

Après son mariage, il y a neuf ans, Akif y avait loué le deuxième, avec son épouse, qui l’avait décoré de petits cœurs. «C’était un immeuble joyeux. Tous les voisins se connaissaient. Au rez-de-chaussée, il y avait quelques boutiques. Mon père adorait discuter avec tout le monde», se souvient le rescapé. Lundi 6 février, c’est tout ce rêve qui s’est effondré. Plus d’échoppes, toutes soufflées par la catastrophe, plus d’électricité, plus de rires d’enfants dans l’école d’en face, démolie à moitié. Sur le boulevard Atatürk, un immeuble sur deux est aujourd’hui à terre ou menace de s’effondrer. À part la cacophonie des pelleteuses, parfois brisée par une sirène d’ambulance, la ville de 250.000 âmes est plongée dans un silence de mort. «J’ai perdu la notion des jours, des heures. J’ai l’impression que le temps s’est arrêté», souffle Akif.

Il s’interrompt. Une silhouette vient d’émerger d’un autre monticule de poussière. Il reconnaît Yusuf, l’employé d’une des boutiques ravagées. Les deux hommes se donnent l’accolade, échangent quelques formules de condoléances – ici, pas une personne qui ne soit en deuil. En confiance, ils osent se lâcher. Contre la frénésie immobilière des vingt dernières années. Contre l’incurie du pouvoir, accusé de n’avoir jamais rien fait pour Adiyaman, au taux de chômage et de pauvreté particulièrement élevé. «Beaucoup de gens incompétents ont été placés à des postes de direction et se sont enrichis sur le dos des habitants», se désole Akif. Dans sa famille, comme dans la plupart des familles de cette ville conservatrice à majorité kurde du plateau anatolien, on a toujours voté pour l’AKP, même si l’étoile du parti commençait à pâlir. Aujourd’hui, quelque chose s’est fissuré pour de bon: «Si je vois un député de ce gouvernement, j’ai juste envie de vomir! Aux prochaines élections (prévues le 14 mai), ils n’auront pas mon vote.» Il s’excuse de devoir prendre congé: avant de retrouver son dortoir provisoire, un centre d’appels transformé en refuge, il lui faut aller faire la queue au gouvernorat local pour récupérer un double de ses papiers, perdus sous les décombres. «Là-bas, c’est la pagaille, mais je dois dire que la plupart des gens sont d’une grande gentillesse.»

En dix jours, sa ville s’est transformée en un repère de bons samaritains. De jour comme de nuit, on ne croise que des visages aux yeux cernés, des hommes et des femmes en doudounes et sacs à dos, des humanitaires et secouristes coiffés d’un casque doublé d’une lampe frontale: une armée de bénévoles accourus des quatre coins du pays – et du monde – au chevet des régions dévastées du Sud-Est. Partout, des tentes ont poussé au pied des immeubles en charpie, où les survivants guettent encore un ultime signe de leurs proches disparus. Entre deux campements, des mères de famille se servent dans une pile de vêtements déposés par de généreux donateurs. Plus loin, un stand Vodafone offre le Wi-Fi gratuit et de nouvelles cartes SIM à ceux qui n’ont plus de portable.

 

Récupération politique

Sur un bout de trottoir défoncé, à moitié squatté par un squelette de voiture, Mesut distribue bols de soupe et assiettes de riz à la chaîne. Quand il a eu vent du tremblement de terre, ce restaurateur de Konya, à 668 kilomètres à l’ouest, a rempli sa fourgonnette à ras bord pour venir en aide aux rescapés. «Je distribue au moins 3000 repas par jour», dit-il. Si de nombreux habitants d’Adiyaman ont fui vers d’autres provinces, il faut nourrir tous ceux qui sont restés.

«Chacun fait sa part», avance Oguz Karahan, un mineur d’Ankara, en se réchauffant devant un brasero – le soir, les températures tombent en dessous de zéro. Malgré la neige et le vent, son équipe est arrivée dès le lendemain du séisme, et avant les premiers secours officiels, pour sauver des vies sous les carcasses des immeubles. «C’était apocalyptique. À travers la ville, les gens nous lançaient des SOS en nous disant: “On entend des voix sous la terre! Venez nous aider!”» Un travail de titan dans un océan de béton: le temps de s’organiser, pelleteuses et excavatrices ont fini par arriver en renfort pour retirer, une à une, les énormes dalles des tas de briques et de débris. «Mais bien trop tardivement», se désole un sauveteur en aparté.

Comme Akif, il déplore le manque de préparation et de coordination des autorités, mais aussi la «récupération» politique de la situation. «L’autre soir, nous avons extrait in extremis une victime des décombres. Elle était encore en vie! Quand les gens de l’Afad (agence gouvernementale de gestion des catastrophes) ont eu vent de ce sauvetage, ils nous ont fait attendre une heure avant de la mettre dans l’ambulance afin d’être filmés en héros à ses côtés», confie un autre. Il se ressaisit aussitôt. Si la colère enfle au pied des ruines, priorité aux dernières recherches avant le cap fatidique des quinze jours. Parfois, un miracle peut encore se produire. Comme ce mardi 14 février, jour de la Saint-Valentin, où une femme de 77 ans a été retrouvée vivante.

 

 

♦

 

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