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Le Figaro, le 12/02/2023
Par Delphine Minoui
Correspondante à Istanbul
DÉCRYPTAGE – Une semaine après le tremblement de terre, dont le bilan ne cesse de grimper, la panique des premières heures a cédé la place à la colère.
L’éclaircie aura été de courte durée pour Recep Tayyip Erdogan. À l’approche des élections, prévues le 14 mai prochain, et malgré une inflation vertigineuse, le président turc, candidat à sa succession, pouvait se targuer d’être remonté de quelques points dans les sondages. À son actif figurent la récente augmentation du salaire minimum, l’accès facilité à la retraite et la promesse de centaines de milliers de nouveaux logements sociaux. Mais c’était sans compter sur le tremblement de terre dévastateur de lundi 6 février et la gestion hasardeuse de ce drame par un pouvoir dont l’image, déjà entachée par la dérive autoritaire de ces dernières années, s’est de nouveau fissurée.
«Où est l’État?», titrait, quelques jours plus tard, le quotidien Karar, en écho à la frustration des populations sinistrées du sud-est de la Turquie. Une semaine après la catastrophe, dont le bilan – plus de 33.000 morts – ne cesse de grimper, la panique des premières heures a cédé la place à la colère. Partout, ces mêmes scènes de désespoir au pied des immeubles en miettes, ces mêmes voix cassées dénonçant le manque de préparation et l’arrivée tardive des secours. Sur une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, une rescapée déplorait, au troisième jour, l’absence d’aide à sa famille, piégée sous les décombres, au micro d’une envoyée spéciale de la télévision pro-gouvernementale… qui s’empressa de l’interrompre en direct. Le président est également accusé d’avoir encouragé au cours de ces deux dernières décennies une course aux constructions au détriment de leur qualité. «Avec sa folie des grandeurs, Erdogan nous a vendu du rêve. En fait, il a creusé nos tombeaux!», lâche un internaute sur Facebook.
Ironie du destin: c’est sur la promesse d’un parc immobilier solide et accessible à tous grâce à des crédits bon marché qu’Erdogan a bâti, d’abord comme premier ministre, puis comme président, une partie de sa popularité. Lors du tremblement de terre d’Izmit, en 1999, qui fit plus de 17.000 morts – dont 1000 à Istanbul -, les autorités d’alors payèrent au prix fort leur réponse tardive. En 2002, l’AKP, le Parti de la justice et du développement, créé quelques mois auparavant par Erdogan, l’emportèrent haut la main aux élections législatives. Aussitôt, il fut question d’une nouvelle législation, de normes de construction renforcées, de l’utilisation de matériaux de meilleure qualité. Une «taxe antisismique» fut même créée. Prélevée chaque année auprès de chaque citoyen, elle était censée garantir de nouveaux immeubles plus résistants dans les zones à risque.
Bétonisation à tout-va
«Où est passé cet argent?», s’interroge un architecte, sous couvert de l’anonymat, furieux contre la «corruption», «les magouilles» et le «manque de professionnalisme» des promoteurs proches du pouvoir. Pour exemple, cette photo prise à Kahramanmaras, ville proche de l’épicentre, où le QG local de la chambre des architectes et ingénieurs est aujourd’hui le seul bâtiment à tenir debout au milieu d’un champ de ruines. «Ce n’est pas faute d’avoir alerté le pouvoir sur les dangers de la bétonisation à tout-va. Mais au lieu de nous écouter, on nous jette derrière les barreaux!», poursuit-il – allusion directe à l’urbaniste Mücella Yapici, embastillée depuis presque un an pour avoir protesté en 2013, comme des milliers de manifestants, contre un projet de destruction du parc Gezi, rare dernier poumon vert d’Istanbul.
Mercredi, lors de son premier déplacement dans les villes les plus touchées, le chef de l’État a reconnu «des lacunes». Soucieux de son image, il s’est engagé à fournir une enveloppe de 10.000 livres turques (près de 500 euros) à chaque famille sinistrée. Mais le président n’a pas manqué de couper court aux critiques, en prévenant, sur un ton menaçant: «L’heure des comptes viendra!» Façon, aussi, de marquer son territoire dans cette région dévastée de quelque 13 millions d’âmes où ses rivaux politiques, à commencer par le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, se sont empressés de déployer de l’aide: pompiers, secouristes, cantine mobile.
Simple effet d’annonce
La veille, le chef du principal parti d’opposition (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, s’était, pour sa part, ouvertement lâché contre le chef de l’État en reprochant au gouvernement de n’avoir «rien fait pendant vingt ans pour se préparer à un tremblement de terre». Avant d’ajouter: «S’il est une personne responsable, c’est Erdogan.» La vidéo de son intervention, mise en ligne dès mardi soir sur Twitter, fut rapidement visionnée par plus de 15 millions de personnes. Ce serait, selon les militants des droits humains, l’une des raisons du blocage, par intermittence, de cette plateforme, pourtant si cruciale pour les victimes du séisme qui y publièrent leurs nombreux SOS dès le premier jour. «Peut-on faire plus diabolique que ça?», s’emporte Meral Aksener, chef du Bon Parti et membre de la «Table des Six», coalition de six mouvances de l’opposition anti-Erdogan.
Si nous avons appris une chose de ces vingt dernières années, c’est que le plus important pour le pouvoir, c’est l’image. Le pays peut bien brûler, l’essentiel pour eux est de ne pas perdre la face
Mehmet Y. Yilmaz, choniqueur sur le site d’information T24
En fin de semaine dernière, le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, a annoncé des poursuites contre les constructeurs soupçonnés de malversation. Une douzaine de personnes ont d’ores et déjà été arrêtées. Un simple effet d’annonce, regrettent certains. D’autant plus que l’état d’urgence – au lieu de celui de catastrophe naturelle -, proclamé pour trois mois dans dix provinces du pays présage d’une centralisation exacerbée du pouvoir, peu propice à la transparence.
«C’est d’une solidarité sociale dont nous avons besoin, pas d’un état d’urgence», avance le parti de gauche pro-kurde, HDP, dans un communiqué. Sa crainte est qu’Erdogan ne se serve de la catastrophe comme d’un prétexte idéal pour renforcer son contrôle sur ces régions, chahutées par le passé, où vit une importante communauté kurde. À moins que le président ne décide de reporter le scrutin. «Si nous avons appris une chose de ces vingt dernières années, c’est que le plus important pour le pouvoir, c’est l’image. Le pays peut bien brûler, l’essentiel pour eux est de ne pas perdre la face», note le chroniqueur Mehmet Y. Yilmaz, sur le site d’information T24.
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