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Médiapart, le 21/0/2022
Zafer Sivrikaya
Très proche de Kiev, la Turquie veille néanmoins à ne pas se brouiller avec Moscou. Jusque-là , en effet, elle coopérait de plus en plus avec la Russie, au fur et à mesure de la dégradation de ses liens avec Européens et Américains. Un exercice difficile en raison de l’escalade actuelle.
Istanbul (Turquie).– En octobre 2021, les images diffusées par les forces armées ukrainiennes montrant des frappes de drones turcs sur les positions des rebelles pro-russes du Donbass avaient déclenché la fureur de Moscou.
Une colère qui avait inquiété Ankara, poussant le ministre des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu à demander à Kiev de « cesser de mentionner le nom de la Turquie ». « Ces drones ont peut-être été produits en Turquie mais ils appartiennent à l’Ukraine. La Turquie ne peut pas être tenue responsable de leur usage », avait-il ajouté.
Produits par l’entreprise du gendre d’Erdoğan, Selçuk Bayraktar, les drones armés turcs ont déjà fait leur preuve contre le matériel militaire russe dans des conflits récents, au Haut-Karabagh ou en Libye.
L’Ukraine a signé une commande de 24 nouveaux engins en septembre dernier, tandis que nombreux autres pays de l’est de l’Europe, au premier rang desquels la Pologne, se montrent intéressés par le savoir-faire d’Ankara en la matière. Utiles contre des forces ne disposant pas d’aviation, ni de moyens de brouillage électronique ou anti-aériens très avancés, les drones turcs n’auraient toutefois qu’une place très restreinte dans l’hypothèse d’une guerre régulière.
Au-delà de la fourniture de drones à l’Ukraine et des accords de coopération industriels en matière de défense signés avec Kiev, Ankara appuie aussi diplomatiquement la position ukrainienne sur la Crimée, annexée militairement par la Russie en 2014. Y réside une importante minorité turcophone, celle des Tatars, qui ont souvent joué un rôle dans les 12 guerres qui ont opposé la Russie à l’Empire ottoman entre le XVIe et le XXe siècle.
Aujourd’hui encore, Moscou et Ankara s’opposent sur de multiples dossiers géopolitiques, du Caucase à la Libye, en passant par la Syrie, où Moscou n’a pas hésité à bombarder les troupes turques en février 2022, causant 33 morts dans leurs rangs.
« Moscou et Ankara font en sorte de compartimenter au maximum les différends qui les opposent, explique Hakan Güneş, professeur à l’université d’Istanbul et spécialiste de l’Asie centrale et de la Russie. Même s’il peut arriver que les développements sur un dossier en affectent un autre : au moment de la crise des drones turcs en Ukraine, la Russie a développé sa base militaire à Qamichli [dans le nord-est de la Syrie, une zone tenue par les forces arabo-kurdes des FDS, en conflit avec Ankara – ndlr], notamment en y déployant pour la première fois des avions Su-35, ce qui a été interprété comme un message envoyé à Erdoğan. »
Poutine et Erdoğan partagent un même langage, celui de la force. Une langue commune qui facilite les relations entre les deux pays. Outré par les quelques remontrances occidentales sur l’état des libertés et des droits humains en Turquie, considérant que les alliés américains et européens de la Turquie restaient sourds à ses préoccupations stratégiques majeures en Syrie comme en Méditerranée, Erdoğan a entamé ces dernières années un rapprochement avec la Russie.
Les deux autocrates coopèrent ainsi dans de nombreux domaines, notamment dans le secteur de l’énergie : ainsi de la construction d’un gazoduc acheminant le gaz russe vers la Turquie et l’Europe, le Turkish Stream, ou de la première centrale nucléaire du pays, encore en cours d’élaboration. Les deux pays collaborent aussi dans le secteur de l’armement. Erdoğan s’étant porté acquéreur du système de défense anti-aérienne russe S400, cela lui a valu des sanctions américaines et l’expulsion de la Turquie des pays participant au programme d’avions de dernière génération F-35.
La crise ukrainienne et les menaces d’intervention militaire russe dans ce pays, qui entretient de très bonnes relations avec Ankara, a mis au défi la complexe relation turco-russe. Au début du mois de février, le président Erdoğan s’est rendu en Ukraine, d’où il a qualifié la possibilité d’invasion militaire russe d’« irréaliste » et proposé que la Turquie, du fait de ses bonnes relations avec les deux pays, devienne une plateforme de négociations pour résoudre la crise.
Une offre de médiation qui est restée lettre morte pour le moment. « Cette proposition a été plutôt bien accueillie par Moscou, mais pas par les Occidentaux, d’autant qu’il existe déjà une plateforme de négociations, dite du format Normandie, adoptée au moment de la guerre du Donbass, et qui réunit l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne et la France, auxquels pourraient s’ajouter les États-Unis, et qui semble plus appropriée », résume Hakan Güneş.
Une opportunité pour tenter de se réconcilier avec Washington
La crise ukrainienne pourrait être pour Ankara l’occasion de tenter de se concilier les bonnes grâces de Washington. Très dépendantes de l’excellent contact personnel entre Trump et Erdoğan, les relations turco-américaines ont grandement souffert de l’arrivée de l’administration Biden, plus sensible à la situation des droits humains en Turquie et plus critique envers l’aventurisme d’Ankara en politique étrangère, notamment en Méditerranée orientale, où l’oncle Sam a donné des gages à Athènes. Mais la Turquie ne semble pas pour autant disposée à aller au-delà de la livraison de drones à Kiev.
Pas question notamment de toucher au Bosphore. Ce détroit, qui relie la mer Noire à la mer de Marmara et à la Méditerranée, joue le rôle de verrou stratégique d’une importance extrême aux yeux de Moscou. Et la Turquie entend continuer d’assurer de manière inchangée son rôle de gardienne des détroits, même en cas de crise.
La Convention de Montreux (1936) dispose en effet que les pays non riverains de la mer Noire sont autorisés à y envoyer une flotte inférieure à un certain tonnage et pour une durée maximum de trois semaines. « La Turquie a toujours respecté cet accord, même lors de la guerre de Géorgie en 2008. Elle ne va pas décider d’assouplir son contrôle alors qu’elle a des relations moins bonnes qu’à l’époque avec les Européens et les Américains », assure l’universitaire.
Si une vraie crise se déclenche, la Turquie choisira le camp occidental.
Hakan Güneş, professeur à l’université d’Istanbul
D’autant que Moscou dispose des cartes pour faire respecter ses intérêts dans cet étrange pas de deux entre coopération et confrontation. En particulier au plan économique, alors qu’une grave crise et une vague inflationniste touchent le pays. La Turquie est en effet très dépendante du tourisme et de son apport en devises, en particulier venues de Russie, qui, avec 4 millions et demi de visiteurs et visiteuses l’année dernière, est le principal pays d’origine des vacanciers et vacancières.
En avril 2021, dans un contexte de tensions diplomatiques avec Ankara, et prétextant une hausse des cas de Covid-19, la Russie avait annulé les vols pour la Turquie, entraînant 500 000 annulations de voyage et un manque à gagner important pour le pays. Depuis le mois d’octobre et la crise des drones, ce sont des dizaines de tonnes de fruits et légumes – un secteur où la Turquie est très dépendante du marché russe – qui sont régulièrement bloquées à la frontière par les autorités russes, au prétexte, cette fois, de la présence trop importante de pesticides.
Le difficile équilibre que tente de tenir Ankara entre son adhésion à l’Otan, son statut de pays candidat à l’entrée (très hypothétique) dans l’Union européenne et sa volonté de garder de bonnes relations avec Moscou afin de ne pas se trouver trop dépendante vis-à -vis des Américains comme des Européens est possible pour l’heure, mais sera plus difficile à maintenir en cas d’escalade.
« La Turquie ne veut surtout pas s’attirer les foudres de la Russie en assumant une position trop radicalement pro-ukrainienne. Mais elle est en train d’essayer d’améliorer ses relations avec les pays occidentaux, et si une vraie crise se déclenche, elle choisira le camp occidental », dit Hakan Güneş.
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