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Jean-François Pérouse : « Erdogan se positionne désormais comme le continuateur d’Atatürk »

Le Monde,  le 12.08.2016

Propos recueillis par Allan Kaval (Istanbul, envoyé spécial, propos recueillis)

Supporters du président Erdogan lors du grand rassemblement à Istanbul, le 10 août.

 

Jean-François Pérouse, géographe, vit depuis 1999 à Istanbul, où il dirige l’Institut français d’études anatoliennes, un établissement français d’Istanbul relevant du ministère français des affaires étrangères et du CNRS. Erdogan. Nouveau père de la Turquie ? (François Bourin, 440 p., 26 €) est son dernier ouvrage, écrit avec Nicolas Cheviron.

L’évolution qu’incarne Recep Tayyip Erdogan dans l’histoire politique turque est interprétée comme une remise en cause de l’héritage de Mustafa Kemal Atatürk. Comment peut-on définir le kémalisme, longtemps érigé en référence absolue ?

 

Le kémalisme n’est pas une doctrine politique figée dans un corpus théorique élaboré. C’est seulement un kit idéologique, une série de principes directeurs et programmatiques énoncés entre 1927 et 1934 par Mustafa Kemal ou son parti, le CHP, destinés à donner sens à l’essor de la République turque fondée en 1923. Principes réinterprétés au gré des circonstances depuis leur énonciation initiale. Les « six flèches » – laïcité, nationalisme, étatisme, républicanisme, populisme et révolution – relèvent plus de la communication politique en direction des masses que de la haute réflexion politique.

 

Ces concepts ne sont pas nouveaux. L’idéologie du progrès qui les innerve est présente à la fin du XVIIIe siècle au sein d’élites ottomanes en quête de réforme. L’Empire n’est plus. La République voit le jour sur les ruines d’une longue phase guerrière débutée en 1911 avec les aventures italiennes en Cyrénaïque puis les guerres balkaniques, qui se poursuit avec la première guerre mondiale et qui s’achève en 1922 avec la fin de la guerre d’indépendance, menée par Kemal contre les puissances alliées présentes sur l’actuel territoire turc. Une nouvelle nation doit être construite. Le califat autrefois détenu par le sultan ottoman est aboli en 1924 dans une logique de sécularisation du pouvoir. L’enseignement est unifié et placé sous le monopole de l’Etat. Les confréries religieuses sont interdites. La langue turque est réformée, le script arabo-persan est abandonné au profit de l’alphabet latin.

 

 

Que devient le kémalisme après Kemal ?

La mystique de cette entreprise de construction nationale par l’Etat et le parti unique, tous deux dirigés par Kemal, se déploie dans tous les domaines et accompagne la consolidation d’une élite républicaine, dans l’armée, les grandes institutions juridiques, l’enseignement et le monde des affaires… Devenue un establishment étatique, cette élite va s’employer à se maintenir et se reproduire, après la mort de Kemal, en  1938, puis après la fin du parti unique et le passage au pluralisme, en  1946. Elle se considérera comme le seul légitime héritier du  » père de la nation  » pour mieux s’opposer aux forces politiques issues des urnes qui contestent son emprise sur l’Etat. Le kémalisme n’est plus une doctrine, mais l’outil de légitimation de cette élite face à ses nouveaux rivaux, notamment venus de courants politiques plus conservateurs. Dès lors, c’est moins le kémalisme en soi qu’il faut scruter que les groupes d’intérêt qui prétendent en être les gardiens et qui l’instrumentalisent pour maintenir leurs positions, quitte à intervenir par des coups d’Etat militaires contre des gouvernements élus. Les putschs de 1960, 1971 et 1980, qui correspondent à des circonstances distinctes, seront tous menés au nom du kémalisme, référence constante chargée d’un contenu à chaque fois différent.

 

La carrière politique d’Erdogan, qui commence dans les années 1970 à Istanbul, s’est-elle construite en opposition au kémalisme et à ses tenants ?

Erdogan a grandi dans un milieu politique conservateur, religieux, nationaliste et antirépublicain. Le courant d’idées auquel il se rattache revendique une plus grande place du religieux dans la vie publique, le retour à des valeurs qui auraient été malmenées par l’Å“uvre de construction nationale de Kemal Atatürk et de son successeur Inönü. Il est structuré par des réseaux multiples, notamment confrériques, porteurs d’un autre projet de société. Sa première ascension politique le porte à la tête de la mairie d’Istanbul, en 1994. Son parti, le Refah, représenté à Ankara dans un gouvernement de coalition, place l’islam au centre de l’identité turque, et avec elle tout un ordre social conservateur et religieux, et s’oppose à certains éléments du socle kémaliste. En tant que maire, Erdogan se fait le porte-voix de populations modestes et conservatrices, issues de migrations des provinces vers la grande ville. Il accompagne leur essor face aux  » vieux Stambouliotes « , liés à l’élite kémaliste, et leur donne une place dans l’espace urbain sur le plan symbolique, économique et politique.

 

Comment la confrontation entre Erdogan et l’establishment kémaliste commence-t-elle ?

Pour les élites républicaines, Erdogan et le courant politique dont il est issu sont un objet de mépris et doivent être écartés. En 1997, les militaires décident de mettre un terme à la présence de son parti, le Refah, dans la coalition gouvernementale, qu’il est forcé de quitter. Erdogan est ensuite démis de ses fonctions de maire, interdit de vie politique sur décision de justice et incarcéré en 1999 pour un discours public parcouru de références islamistes. C’est lors de son bref passage en prison qu’il construit son projet de parti, l’AKP – Parti de la justice et du développement – , qui va le mener au poste de premier ministre en  2003.

 

 

Cette confrontation se poursuit-elle malgré l’arrivée d’Erdogan au pouvoir ?

Oui, au moins jusqu’en 2009. L’establishment républicain ne se déclare pas vaincu et une lutte serrée s’engage avec Erdogan. Les hautes juridictions tentent d’interdire l’AKP, l’état-major s’oppose à Erdogan et à son parti en 2007. Des  » meetings républicains  » s’organisent où l’on appelle l’armée à  » jouer son rôle « . A nouveau, le kémalisme est invoqué. Sa victoire aux législatives de juillet 2007 procure cependant à Erdogan la légitimité dont il a besoin pour prendre sa revanche grâce aux procès  » Ergenekon  » et  » Balyoz « , qui se traduisent par des vagues d’arrestations touchant des représentants de l’armée et des milieux républicains, accusés de fomenter une stratégie de la tension devant ouvrir la voie à un coup d’Etat militaire. C’est le temps de l’alliance avec la néoconfrérie de Fethullah Gülen, qui tire parti des circonstances pour parachever son infiltration dans l’appareil d’Etat. En s’appuyant sur la légitimité des urnes, Erdogan exalte les masses contre l’élite et triomphe. Les hautes institutions militaires passent sous le contrôle accru du gouvernement ou de ses alliés, comme les autres appareils d’Etat. Les victoires électorales de 2011 puis de novembre 2015 le confortent dans sa position d' » homme du peuple  » en symbiose avec la majorité de la nation.

 

 

Une fois ses bases renforcées face à l’élite républicaine, Erdogan peut promouvoir sa vision pour la Turquie. Quelle est-elle ?

Erdogan, qui jouit dorénavant de l’exercice réel du pouvoir après l’affaiblissement des anciennes élites, défend une vision qui veut réconcilier la Turquie avec son passé ottoman, rejeté dans sa première version par la tradition kémaliste. Erdogan s’identifie à la figure du sultan Mehmet II, le conquérant de Constantinople. Une idéologie de la conquête fait son apparition, présentant la prise de la future Istanbul comme le symbole de la supériorité de la civilisation turco-ottomane et fournissant une nouvelle énergie identitaire à une partie de la société. Il s’agit aussi de rendre à la Turquie sa géographie en inscrivant davantage la projection de son influence dans un monde musulman dont la Turquie kémaliste s’était détournée. A l’intérieur, les valeurs conservatrices et religieuses réputées trahies par l’Å“uvre républicaine sont exaltées. Un discours moral se développe autour de la famille et du rôle des femmes qu’il induit. Des continuités avec le kémalisme des premières décennies peuvent pourtant être décelées, notamment du côté de la sacralisation de l’Etat et du rôle que ce dernier doit jouer dans le développement humain et économique.

 

Le conflit avec les gülénistes, qui s’est radicalement aggravé après le 15 juillet, a-t-il modifié les relations d’Erdogan avec l’élite kémaliste ?

Après la rupture entre l’AKP et les gülénistes en  2013, l’AKP s’est retourné vers les fractions laïques. La situation post-15 juillet n’a fait qu’accélérer cette évolution. Erdogan a pu redéfinir ses alliances en cooptant des représentants de milieux militaires qu’il avait contribué à affaiblir mais qui conservent leurs compétences et leurs réseaux. Contraint, il leur a redonné une place dans la nouvelle configuration politique qu’il installe. Depuis le 15 juillet, des militaires, des magistrats, des hommes politiques évincés au moment des procès  » Ergenekon  » sont réhabilités. Le Parti républicain du peuple – CHP, opposition -, qui se prétend encore l’incarnation de la tradition kémaliste, a fait montre de sa loyauté au pouvoir élu incarné par Erdogan – au moment du putsch du 15  juillet – . Le président doit en conséquence faire une place dans ses discours aux valeurs partagées avec ses nouveaux alliés.

 

L’héritage kémaliste est-il donc incorporé aux références d’Erdogan désormais ?

Il est intéressant de noter que la lecture qui est donnée de la résistance populaire au coup d’Etat du juillet est celle d’une deuxième guerre d’indépendance. Un nouveau mythe fondateur se construit sous la houlette de Recep Tayyip Erdogan, qui se place dans le prolongement du fondateur de la République. Le rassemblement de Yenikapi, le 7 août, a montré qu’Erdogan ne se positionne pas en opposant à Atatürk mais plutôt comme son continuateur. La résistance au coup d’Etat lui a même donné la stature de chef de guerre qui lui manquait. Les récentes modifications des chaînes de commandement l’ont confirmé : il est dorénavant pleinement commandant en chef. Refondateur, il peut se considérer à présent comme l’égal du  » père de la nation « . Et, dans son sillon, des groupes sociaux inattendus peuvent s’approprier la République, l’héritage de Mustafa Kemal, leurs lieux emblématiques et leur symbolique.

♦

 

 

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