Des centaines d’individus ont été interpellés à Istanbul alors qu’ils essayaient de rejoindre la place Taksim, interdite aux rassemblements, tandis que d’autres manifestations se sont tenues sous haute surveillance policière, comme à Ankara.

La police a utilisé du gaz au poivre pour disperser les personnes qui tentaient de braver l’interdiction de manifester sur la place Taksim pour célébrer le 1er Mai, à Istanbul, en Turquie. REUTERS/Kemal Aslan
Les forces de l’ordre entendaient ainsi les empêcher de rejoindre la place Taksim, haut lieu de la contestation stambouliote, fermée aux rassemblements depuis 2013 et une vague de manifestations antigouvernementales.
« Pain, Paix, Liberté »
Un responsable syndical, Basaran Aksu, a été arrêté alors qu’il venait de dénoncer ce verrouillage : « On ne peut pas fermer une place aux travailleurs de Turquie. Tout le monde utilise Taksim, pour les cérémonies officielles, les célébrations. Seuls les ouvriers, les travailleurs, les pauvres se voient fermer la place. »
Les syndicats et associations avaient appelé aux rassemblements sous le slogan « Pain, Paix, Liberté », alors que l’inflation officielle dépasse toujours les 30 % – et même 40 % à Istanbul selon la Chambre de Commerce – et que les autorités procèdent régulièrement à des vagues d’arrestations dans les rangs de l’opposition parlementaire et de la presse.
Dès le début de la semaine, plusieurs dizaines de personnes avaient été placées en garde à vue en amont du 1er Mai.
À Ankara, la centaine de mineurs d’une mine de charbon qui avaient suivi une grève de la faim neuf jours durant pour réclamer le paiement de leurs salaires ont été acclamés en se joignant au cortège, particulièrement fourni et jeune et encadré par un important déploiement policier, a constaté une journaliste de l’AFP.
Simultanément, un rassemblement autorisé sur la rive asiatique du Bosphore à Istanbul, à l’appel de confédérations syndicales, a réuni dans le calme plusieurs milliers de personnes, selon un journaliste de l’AFP et la presse.




