Ce « méga-projet » s’inscrit dans une dimension politique et une volonté du président Erdogan de bâtir une « nouvelle Turquie ».

Des camions-bennes s’activent sur une piste pendant que des ouvriers démontent un échafaudage : à J-4 de son inauguration par le président Recep Tayyip Erdogan, le nouvel aéroport d’Istanbul a encore des allures de chantier.

Le chef d’État turc, qui a promis d’en faire le « plus grand aéroport du monde », coupera en personne le ruban de ce méga-projet situé sur la rive européenne d’Istanbul et figurant au cœur de son ambition de bâtir une « nouvelle Turquie ». 

 

Ouverture en « avant-première »

Initialement, cet aéroport devait entrer en fonction le 29 octobre, mais la construction a pris du retard et il ne sera pleinement opérationnel que deux mois plus tard. Lundi, l’inauguration, qui coïncidera avec l’anniversaire de la République, sera surtout symbolique.

« Lundi, ce sera une ouverture en avant-première. L’ouverture complète, le ‘Big Bang’, aura lieu à la fin du mois de décembre », a déclaré Kadri Samsunlu, le PDG d’IGA, le futur opérateur de l’aéroport, lors d’une visite organisée pour la presse étrangère jeudi. 

Pendant les deux mois d’intervalle, seules cinq destinations—trois en Turquie et deux à l’étranger—seront desservies, a-t-il indiqué, ajoutant que cette phase servirait à tester l’aéroport avec des passagers réels « et éventuellement identifier des points à améliorer ». 

 

 

Un design futuriste

Sauf retard supplémentaire, cet aéroport, dont le nom doit être dévoilé lundi par Recep Erdogan, aura dans un premier temps une capacité de 90 millions de passagers par an et pourra en accueillir « jusqu’à 200 millions d’ici dix ans », assure Kadri Samsunlu. 

Lorsque les quatre phases de construction seront terminées, vers 2028, cet aéroport comptera six pistes et deux terminaux répartis sur un gigantesque site de 76 km², selon l’IGA. Soit trois fois la taille de l’aéroport international Atatürk qu’il remplacera. 

Avec de nombreuses ouvertures vitrées, des lignes courbes et ses équipements ultramodernes, l’aéroport offre un visage futuriste. 

 

Conditions de travail critiquées

La construction de cet aéroport, entamée en 2015, n’aura pas été de tout repos. Le mois dernier, c’est la situation des quelque 34 000 ouvriers travaillant d’arrache-pied pour tenir les délais qui a suscité des critiques. 

Plusieurs centaines d’ouvriers ont été arrêtés après avoir manifesté pour demander l’amélioration de leurs conditions. La plupart ont été relâchés, mais une vingtaine sont encore écroués. 

D’après l’IGA, 30 ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux. Un chiffre largement sous-estimé selon des syndicats.

.