INTERNATIONAL

Cinq mois après la tentative de coup d’Etat, la Turquie vit au rythme des décrets spéciaux, des attentats et dans un climat de suspicion qui pèse sur tous ceux qui, autrefois, se félicitaient de la vitalité intellectuelle d’une ville comme Istanbul.

 

Des milliers de fonctionnaires, professeurs, journalistes, soldats, députés et policiers ont été mis à pied, dans une purge sans précédent contre la secte religieuse de Fethullah Gülen, une purge qui a été étendue aux contestataires du parti au pouvoir l’AKP et à tous ceux qui ont sympathisé de près ou de loin, avec la population kurde du sud-est du pays.

 

« A ce jour, 85 000 fonctionnaires ont été licenciés », nous dit le président de l’Union des médecins de Turquie. « Chaque fonctionnaire vit cela comme un stress en se demandant s’il sera dans la prochaine liste des licenciés publiée par le Moniteur officiel turc. La personne qui est virée ne peut plus travailler dans la fonction publique. Par ailleurs, comme on lui annule son passeport, elle ne peut plus voyager à l’étranger. »

 

Chaque licenciement est brutal. Le fonctionnaire est écarté avec perte de salaire immédiate dans un pays dont l’économie tourne au ralenti et la monnaie, la lire turque, baisse progressivement. Quelque 190 fonctionnaires ont été réembauchés récemment, car ils avaient été injustement mis à pied.